Mercredi 16 décembre 2009
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La journée des Régions du Monde
dans le contexte global du Sommet de Copenhague
par Ségolène ROYAL - le 16 décembre 2009
Chers amis, chères amies,
Je souhaite tout d'abord restituer la journée des Régions du Monde dans le contexte global du Sommet
de Copenhague.
La première semaine s'est déroulée essentiellement avec les ONG et les ministres de l'environnement,
pour commencer à élaborer un projet d'accord.
Le G77 qui regroupe les pays en voie de développement a fait connaître sa volonté d'obtenir un
accord final dans lequel la lutte contre le réchauffement climatique soit accompagnée d'une aide aux pays pauvres ou vulnérables pour entrer dans l'ère du développement durable.
La journée des 150 régions du monde à laquelle je participais a été marquée par la signature d'un
Appel, afin que les Chefs d'Etat prennent leurs responsabilités.
La phase cruciale du Sommet de Copenhague commence avec la réunion des chefs d'Etats, demain et
vendredi pour parvenir à un accord sur la réduction de gaz à effet de serre et sur l'aide aux pays en voie de développement. Elle est cruciale aussi en raison de la venue de Barack Obama, car -
c'est historique - pour la première fois les Etats-Unis s'engagent sur des objectifs concrets. Il faut une nouvelle fois saluer ce courage.
Nous savons tous que nous n'avons plus le choix et personne ne peut imaginer que la centaine de dirigeants qui
font le déplacement dans la capitale danoise n'aboutira pas à un accord à la hauteur du défi climatique qui est posé à nous. Une phase cruciale sous le regard des citoyens du monde entier. Et
avec l'appui des régions du monde !
Dans cet Appel, nous avons rappelé que 50 à 80% des actions concrètes de lutte contre le réchauffement
climatique sont prises à un niveau régional et local.
Nous avons également démontré que bien des régions sont en avance sur leurs Etats et que, pour
accentuer cette avance, il faut impérativement des objectifs ambitieux à l'issue du Sommet de Copenhague, accompagnés de politiques nationales concrètes. Car personne ne se contentera de discours
sans exiger des actes et la publication des résultats des politiques conduites .
Par ailleurs, après les dialogues auxquels j'ai participé, avec la délégation des élus, en tant que
Présidente d'une région à l'avant garde dans l'excellence environnementale , nous avons ressenti à quel point la conscience citoyenne, alliée à la force politique régionale, représentent une clé
pour le changement climatique et le rééquilibrage des rapports entre pays riches et pays pauvres ou vulnérables.
Et comment ne pas évoquer la présence de l'industrie française par l'intermédiaire de la présence des
voitures électriques à bas coûts de l’entreprise Heuliez.
Depuis des mois, nous nous battons, aux côtés des salariés, pour assurer le développement de cette
entreprise et c'est une vraie satisfaction d'avoir pu la faire participer à la parade des voitures électriques organisée dans les rues de Copenhague.
L'esprit combatif de cette entreprise est un symbole parmi d'autres du sommet de Copenhague : la
mutation économique pour instaurer un nouveau modèle environnemental, social et géopolitique .
Voilà un exemple reconnu du passage des discours aux actes.
L'accord pour réduire les gaz à effet de serre et stopper le réchauffement climatique doit impérativement
s'accompagner d’un nouvel ordre juste Sud-Nord, et notamment la taxation des transactions financières pour mettre en place un fonds vert réclamé par le G77.
Comment, au delà de l’aide écologique, impulser un autre modèle de production et de
consommation?
Comme je vous l'ai déjà dit, chers amis, si les pays en voie de développement se mettaient à consommer
comme le font les pays riches, il faudrait 5 planètes pour assouvir tous les besoins.
Comment garantir l'accès à l'eau potable qui sera l'un des facteurs majeurs de discorde, voire de
guerres, dans les années à venir si nous n'agissons pas maintenant.
Toutes ces questions sont posées aux dirigeants présents à Copenhague à partir de
demain.
Je ne peux pas imaginer qu'ils n'y répondent pas avec un sens de la responsabilité à la hauteur de
l'urgence de la situation, poussés par la force des citoyens et des régions du monde.
Très amicalement
Ségolène Royal
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