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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 16:07





                  Aurélie FILIPPETTI (député PS de Moselle) :

          
ArcelorMittal, une décision infâme




C'est ainsi, samedi matin les salariés de Gandrange ont reçu par courrier la convocation au Comité d'entreprise du 4 avril.
Jusqu'ici rien de nouveau, c'était prévu dans la procédure.

Le scandale est ailleurs : mardi dernier, en préfecture de Lorraine, devant les représentants des salariés dûment mandatés, devant le Préfet et les représentants de l'Etat, le Président de la Région Jean-Pierre Masseret, les parlementaires, les élus locaux, le directeur-général d'ArcelorMittal France, M. Soury-Lavergne, nous avait annoncé que "le 4 avril aucune décision ne serait prise concernant la fermeture de Gandrange".

Les experts du cabinet Syndex, mandatés par les syndicats pour étudier les comptes et la situation économique de l'entreprise, venaient de présenter les conclusions de leur rapport.
Ce rapport est remarquable et édifiant : il montre les erreurs de gestion de Mittal dans la gestion erratique des ressources humaines dans l'entreprise, l'absence de gestion prévisionnelle des nombreux départs en retraite, l'absence de formation des salariés, la perte de savoir-faire consécutive aux départs liés au dispositif de la loi Fillon 2003 (aucun processus de transmission de savoir-faire entre ceux qui partent et les nouveaux arrivants n'étant prévu en interne).
 
Il pointe aussi l'absence cruelle d'investissements dans l'outil de production, qui a été tout juste entretenu pendant des années et qui nécessite maintenant 30 à 40 millions d'euros d'investissements.

Face à ce rapport accablant, tout le monde s'accordait à dire qu'il fallait 45 millions pour remettre l'entreprise à flots dès 2009.
Ce chiffre est à mettre en regard des 55 millions que coutera à Mittal la fermeture du site, mais aussi au 7.5 milliards de bénéfices réalisés par la multinationale en 2007.
Alors, quel mépris d'annoncer ainsi, par courrier, sans prévenir, que la direction s'assoit sur les conclusions de ce rapport, et n'en tiendra aucun compte !
 
Quel mépris des salariés, des populations et des élus, quel cynisme !

Alors que l'acier est l'industrie la plus rentable au monde aujourd'hui, que jamais ses prix et la demande n'ont été aussi élevés, ArcelorMittal reproduit les comportements les plus aberrants et les plus ignominieux des anciens maîtres des forges des années 70, lorsque la sidérurgie était en crise.

Comment lui faire confiance à l'avenir sur le maintien de ses autres activités en Lorraine, mais aussi en France, lorsque tant d'errements et de changements de stratégies caractérisent son attitude depuis deux ans?

On ne gère pas une entreprise industrielle comme un portefeuille boursier, par à-coups et par brusques changements de cap : aujourd'hui Gandrange, et demain ?
Visiblement, la stratégie de Mittal, c'est aujourd'hui la rapine, le mercenariat : mettre les pays européens en concourrence les uns avec les autres, et mettre les usines du groupe en concurrence, au lieu de chercher, par l'innovation et la formation, à améliorer la qualité et la plus-value des produits.

Il faut que cela change. Les Etats ne peuvent pas rester les otages des grandes multinationales. L'Union européenne a des moyens de faire pression sur les multinationales, pour les obliger à respecter ses engagements : en refusant de lui allouer de nouveaux quotas de CO2 si elle poursuit sa politique de licenciements, en l'obligeant à rembourser les investissements faits par les différentes régions européennes (en France, en Allemagne, au Luxembourg, en Pologne).
Si l'Union européenne est unie, elle sera assez forte pour faire reculer Mittal, qui a besoin de maintenir des sites de production en Europe.

Dès demain, je vais saisir Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois (le siège d'ArcelorMittal est à Luxembourg) et lui-même fils de sidérurgiste, pour lui demander son appui dans ce dossier.

Car il y a fort à craindre que les belles paroles du Président de la République ne soient de nouveau que des effets d'annonce destinées avant tout à se mettre lui-même en scène, et qu'il se contente d'une intervention à minima pour participer à la mise en place du plan social.

Ce n'est pas à lui que nous ferons confiance. Car depuis le 4 février, il n'a strictement rien fait, alors qu'il s'était engagé à obliger Mittal à examiner avec attention et respect le rapport des syndicats.

A tous, je vous invite à participer massivement à la manifestation de jeudi 15h devant la préfecture de METZ.

Aurélie Filippetti

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