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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 12:00

L’UMP perd ses nerfs, "Libé" persiste et signe
Source : Liberation.fr  -  le 20 avril 2009


Attaqué par l'Elysée et l'UMP, "Libération" maintient intégralement son compte rendu du déjeuner qui a réuni la semaine dernière Nicolas Sarkozy et 24 parlementaires.

 

Sont-ils agaçants, ces journalistes… Déblatérez-vous devant des élus de droite et de gauche sur ces nazes de Zapatero, Merkel, Obama et Barroso qu’aussitôt vos propos - de président de la République - se retrouvent publiés dans la presse. Pénible, quand même. C’était jeudi dans Libération et depuis, l’affaire ne cesse d’enfler : hourvari de la presse étrangère, démentis élyséens en rafale mais en vain et excuses de Ségolène Royal à Zapatero. Voilà qu’une fois encore, la mayonnaise des relations entre Nicolas Sarkozy et la presse tourne à l’aigre.

Samedi, l’Elysée fait donner son porte-flingue habituel, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP. Libération est en train de "ressembler de plus en plus à un tract". Libération qui, poursuit-il, "en colportant une fausse information, contribue à abîmer l’image de notre pays".

Lèse-majesté. Laurent Joffrin, PDG du journal, a maintenu "l’intégralité des informations" parues dans Libération. "M. Lefebvre, qui occupe un poste de roquet à l’UMP, a du mal à accepter l’existence d’une presse indépendante en France, a-t-il déclaré à l’AFP. […] Il se contente d’aboyer un démenti de commande et d’insulter le principal journal d’opposition en France, ainsi que ses lecteurs."

Dans la bouche de ses collaborateurs ou dans la sienne, l’insulte envers la presse devient d’ailleurs monnaie courante chez Nicolas Sarkozy. Dans sa dernière livraison, le Canard enchaîné rapporte ses propos à l’endroit des journaux coupables de s’être interrogés sur la personnalité discutable de l’homme d’affaires qui hébergea le couple présidentiel au Mexique : "Les journalistes sont des nullards, aurait ainsi dit le Président devant des responsables de la majorité. Il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits et encore : les bandits, eux, ont une morale." De rien, Président.

Désagréables, les journalistes, et pas serviables avec ça. En mai 2008, Nicolas Sarkozy, recevant à l’Elysée les députés UMP, houspillait nommément les titres coupables de n’avoir pas fait assez de cas de la condamnation de Ségolène Royal aux prud’hommes suite à un conflit avec deux anciennes collaboratrices : et pan dans les dents de l’Express, du Parisien et de l’AFP. Il en profitait pour, au passage, sermonner le Journal du dimanche, qui n’avait pas, crime de lèse-majesté pour un quotidien détenu par son ami proche Arnaud Lagardère, fait état d’un sondage favorable à sa personne.

Quand il ne monte pas personnellement au créneau, Nicolas Sarkozy peut toujours compter sur son fidèle Frédéric Lefebvre. Qui s’en était pris violemment à l’AFP en mai 2008 pour n’avoir pas relayé un nouveau communiqué de l’UMP sur les déboires prud’homaux de Royal : "Censure", écrivait sans rire Lefebvre.

Petit chat. A en croire Sarkozy et ses sbires, le pauvre petit chat serait en permanence molesté par la presse, mais c’est oublier que les journaux sont bien souvent d’une prudence de vierge à son endroit. Pendant le voyage présidentiel au Mexique, la direction de l’AFP a ainsi retenu pendant des heures une dépêche sur les fameuses conditions d’hébergement des Sarkozy. Et on ne compte plus, dans la presse détenue par les hommes du Président, les petits arrangements avec la déontologie : bagouze de Rachida Dati effacée en une du Figaro, bourrelets sarkoziens subitement fondus sur une photo de Paris Match, quand ce n'est pas tout bonnement la censure d’un papier du JDD annonçant que Cécilia Sarkozy n’a pas voté au second tour de la présidentielle.

Confirmant à demi-mots les compliments de Nicolas Sarkozy envers les grands de ce monde, Bernard Kouchner a eu cette phrase, hier : "Oui, c’est comme ça qu’il parle, en effet. Il est vivant, il est jeune et vivant, ça fait une différence".

Voilà, "jeune et vivant", ainsi se termine notre tract du jour.

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