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Vendredi 10 juillet 2009

Ségolène Royal creuse son sillon en dehors des courants du PS,
de l'appareil et loin des médias...
Source : LePost.fr  -  le 5 juillet 2009


Mais que mijote donc Ségolène Royal alors que le PS vivrait une hémorragie sans précédent de ses militants et des suffrages en sa faveur? C'est la question que doivent se poser nombre de caciques socialistes ou tout simplement les militants.

"6,7 millions de voix ont été perdues depuis le premier tour de l'élection présidentielle" - la "sienne" - a-t-elle sobrement mais implacablement constaté après la déroute socialiste aux dernières européennes... 

Absente des médias, la "reine des polémiques" et l'opposante en chef à Nicolas Sarkozy depuis 2 ans se fait très discrète en ce moment.

Loyale envers un parti qu'elle n'a pas réussi à remporter et donc à transformer, l'ex-candidate à la présidentielle semble bien creuser son sillon loin du feuilleton quotidien des bisbilles internes à un PS en perdition...

Le tout en réaffirmant sa doctrine et en préparant l'avenir, dont elle a, qui en douterait, encore le désir.

 

Le refus constant des courants et de l'appareil parisien

Sud-Ouest nous rapporte des propos de Ségolène Royal résumant quelle est et quelle a été sa vision du PS.

Alors que Martine Aubry a paru gagner le poste de 1er secrétaire du PS grâce à l'union conjoncturelle des courants internes : strauss-khanien, fabiusien, emmanuelliste, "jospinien" - on notera qu'ils se rattachent tous au patronyme d'un cacique du PS -

Ségolène Royal rappelle notamment qu'elle a réuni sur son seul nom la moitié des militants, sans appartenir à aucun courant et sans aucune alliance tacticienne de second tour... Seule contre tout le "vieux PS" revanchard.

En 1994, le journaliste Henri de Virieu, lors de L'heure de vérité, rappelait qu'elle avait déjà réussi la prouesse d'être élue 1ère secrétaire fédérale sans l'appui d'"aucun courant interne, c'est-à-dire sans devoir [son] fauteuil à des jeux d'appareil parisien, c'est un cas unique en France". Le tout dans une volonté de "réconcilier les Français et la politique en changeant les règles et le langage de celle-ci".


"Appareil", "courants"... Tout ce qui hante encore le PS était déjà dénoncé par Ségolène Royal en des termes assez rudes : 

"Je pense que le Parti Socialiste a 2 chantiers devant lui : il faut pacifier l'intérieur du parti socialiste et il faut remettre en mouvement le parti socialiste", disait-elle après les deux défaites du PS aux législatives de 1993 et aux européennes de 1994, conduisant à la démission du patron du PS d'alors : Michel Rocard.

"Des espérances très fortes ont été déçues au moment du congrès qui a reconduit les courants de Rennes", dont Michel Rocard avait été victime après les avoir encouragés, analysait-elle.

"Le parti socialiste s'est enrichi grâce aux courants d'idées, aux courants de pensée, à la différenciation idéologique [...] mais ensuite lorsqu'il n'y a plus eu de débats d'idées au sein du parti socialiste, ces courants sont simplement devenus des clans", poursuivait-elle.

Après la dénonciation des "clans", Royal en appelait à "l'ouverture" des "cénacles parisiens", notamment dans la constitution des listes", comme à la constitution d'un "parti de masse", en passant "d'un système clanique à un système clair, avec une majorité et une opposition".

Ségolène Royal - 1994 - L'Heure de Vérité partie 1


L'heure de vérité A2 - 26/06/1994 - Invité de : "l'heure de vérité" au lendemain de la démission de Michel ROCARD de son poste de premier secrétaire du PS, Ségolène ROYAL sera longuement interrogée par Olivier MAZEROLLES sur les circonstances du départ du dirigeant socialiste, sur les courants et les clans qui minent le fonctionnement interne du parti, sur l'avenir du socialisme en France dans l'après MITTERRAND et sur le nouveau projet de la gauche démocratique. A tout cela l'ancien ministre de l'environnement répond avec calme et sérénité. "Tout s'est passé dignement" déclare-t-elle et maintenant il faut pacifier le PS et le remettre en mouvement. Le choix d'henri EMMANUELLI est bon car c'est un homme qui fonce, mais il faut reformer les structures du PS pour pouvoir élire ses chefs démocratiquement.

Par CORDIEZ Daniel - Publié dans : Refondation du PS - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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