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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:00

 

En relançant le débat des 35 heures, le mérite de Manuel Valls, disent certains, est d'avoir posé de bonnes questions sur le temps de travail. C'est une affaire de point de vue, mais je note cependant qu'il n'a fait qu'effleurer assez cavalièrement le sujet, en occultant notamment le problème des salariés ayant moins de "chance" : les salariés à temps partiel, dont certains voudraient probablement "travailler plus pour gagner plus" !!!

(selon l'OCDE, en 2009, le salarié à temps partiel travaillait ... 19,5 heures par semaine en moyenne).

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35 heures : Manuel Valls sait-il de quoi il parle ?

Source : marianne2.fr  -  le 3 janvier 2011

 

Le député-maire d’Evry se positionne contre les 35 heures, ce qui lui donne de la visibilité médiatique. Mais quand on regarde ce qu’il propose, on est saisi par l’ignorance du fond du dossier. Décryptage d'une interview sans fond.

Vous êtes socialistes, vous voulez qu’on parle de vous ? Dites n’importe quoi, du moment que cela a l’air de remettre en cause un "tabou" du PS aux yeux des journalistes politiques. On avait vu Martine Aubry gonfler l’audience en semblant remettre en cause la retraite à 60 ans l’an dernier. La baudruche s'était dégonflée quinze jours plus tard. Les journalistes n’avaient pas compris ce qui était vrai en écoutant les propos sybilins de la Première secrétaire du PS. 
Dimanche soir, Manuel Valls s’est taillé à son tour un joli succès d’audience lors de son passage au Grand Rendez-Vous Europe1-Le Parisien. Le député et maire d’Évry remettait en cause l’autre vache sacrée du PS : les 35 heures. Formidables reprises dès le soir même au J.T et évidemment moult commentaires politiques, en général laudateurs (on adore toujours ceux qui brûlent ce qu’ils ont adoré) sur les radios le lendemains. Mais qui a vraiment écouté Manuel Valls ? Voici les quelques phrases qu’il a prononcées, retranscrites par l’AFP :

"Déverrouiller les 35 heures (…) cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d'avoir un emploi, de travailler davantage -deux heures, trois heures...- sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l'Etat». « Travailler plus et travailler mieux ». « Est-ce que vous avez vu un socialiste qui propose aujourd'hui d'étendre les 35 heures par exemple à toutes les PME qui n'ont pas été concernées par les 35 heures ? Est-ce que dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, nous pouvons nous permettre d'être sur des idées des années 70, 80 et 90 ? Non ! C'est ma marque, il faut dépasser la question des 35 heures".

Quelles conclusions peut-on tirer de tels "éléments de langage", comme on dit :

- Manuel Valls ne sait pas de quoi il parle. Les 35 heures, qui ne sont qu’une durée légale à dessus de laquelle on doit être payée en heures supplémentaires, ont été étendues aux PME depuis 2003;

- si on lit bien les propos de Manuel Valls, il propose ni plus ni moins qu’une baisse du pouvoir d’achat, et du coût de la main d’œuvre des salariés. En effet, pouvoir travailler 2 ou 3 heures de plus sans avoir recours heures supplémentaires signifie une réduction du salaire versé pour ces 2 ou 3 heures de 25% (au moins). Les 39 heures sans augmentation de salaire, ou avec de maigres gains, en somme. C’est ce qu’on fait les groupes comme Bosch, ou Continental, et autres, en renégociant les contrats de travail de leurs ouvriers;

- on s’interrogera sur les prémices idéologiques de Manuel Valls, lorsqu’il affirme que les travailleurs qui ont un emploi ont de la "chance". Est-ce à dire que leur état naturel serait d’être chômeurs ? Quant à la proposition "travailler plus pour travailler mieux", elle est de Jean-François Copé. Ce que personne sur le plateau n’a relevé. Il aurait été pourtant intéressant que les journalistes lui posent la question : à quand une proposition de loi commune ?

Il est dramatique pour le débat public que des propos aussi vagues qu’en dehors du réel fassent autant de buzz. Manuel Valls a évidemment une responsabilité. Il était porte-parole de Lionel Jospin lors de la mise en place des 35 heures, puis député. Il est donc censé connaître les lois qu’il vote (où qu’il combat). Et justement des lois, la droite en fait, qui ont complètement changé la donne. Depuis 2003, justement, les exonérations de charges (22 milliards) ne sont plus "accrochées" aux 35 heures. C’est une aide aux bas salaires jusqu’à 1,6 fois le Smic.

En 2007, la droite a favorisé les heures supplémentaires avec la loi Tepa, qui exonère de charges sociales et d’impôts les heures supplémentaires. Avec le non résultat que l’on sait : quasiment pas d’augmentation de la durée du travail en France.

Mais le député PS n’est pas seul à ne rien comprendre (ou faire semblant) : Jean-François Copé et Gérard Longuet sont dans le même cas, puisqu’ils ont tous deux fait des propositions de "sortie des 35 heures" qui ignorent totalement le travail législatif auquel ils ont contribué, l’un à l’Assemblée, l’autre au Sénat. Mais tout le monde s’en fout, puisque cela fait parler d’eux !

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