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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 07:00

sarko à Davos fait la morale
A Davos, Sarkozy ne capitalise pas
Source : LIBERATION.FR  -  le 27 janvier 2010

Le président français n’a pas convaincu le public de patrons et de financiers, déjà inquiets de la volonté d’Obama de réguler le système bancaire.


Qu’il soit dans la France profonde ou devant les décideurs industriels et financiers de la planète, Sarkozy fait du Sarkozy. Des blagues, des mimiques, des adresses directes au public, et un discours assez vague. Parfois ça marche. Parfois, ça tombe à plat. Hier, à Davos, pour le premier jour du forum économique mondial, dont le thème est la définition d’un nouveau capitalisme post-crise, le président français était invité à prononcer le discours d’ouverture. Devant une assemblée très partagée sur sa prestation, ce qui l’a particulièrement énervé, Sarkozy en a profité pour adresser le même message qu’il déclame depuis son discours de Toulon, à l’automne 2008 : le capitalisme a besoin de morale. Mais il a été avare en propositions concrètes. Barack Obama a annoncé la semaine dernière un plan de régulation des banques, soutenu par le patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, mais Nicolas Sarkozy a choisi de n’y faire qu’une brève allusion, se disant «d’accord avec le président Obama quand il juge nécessaire de dissuader les banques de spéculer pour elles-mêmes». Seule vraie annonce : la mise à l’agenda du G8 et du G20 de la «réforme du système monétaire international», un thème qui lui est cher. Mais ce dernier ne sera examiné qu’en 2011, quand la France présidera ces deux institutions.



Tension. Accueilli par Klaus Schwab, l’organisateur depuis quarante ans de cette manifestation, qui l’a présenté comme un chef d’Etat ayant fait preuve de «courage, de réaction et de détermination» pendant la crise, Sarkozy a droit à un accueil poli de la salle. On sent de la tension. Certes, certains sont satisfaits qu’un chef d’Etat qui, dixit Schwab, «incarne à lui seul le thème du forum de cette année [la refondation du capitalisme, ndlr]» soit invité. C’est déjà un exploit, en soi, de voir un président français à Davos. Il y a quelques années, Jacques Chirac n’avait pas pu se déplacer à cause d’une tempête de neige. Mais beaucoup craignent que la régulation les empêche de travailler. Lors de débats précédant l’ouverture, Jacob Frenkel, le président de la banque JPMorgan Chase International, avait ainsi expliqué qu’il existe un «danger de passer d’une dérégulation peut-être excessive à une régulation extrême».

Malgré ces préventions, Sarkozy y va franco. «La mondialisation a engendré un monde où tout était donné au capitalisme financier, presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur», déclare-t-il, le doigt levé. Ou encore, en regardant la salle avec un sourire menaçant : «Il y a des profits excessifs qui ne seront plus acceptés parce qu’ils sont sans commune mesure avec la capacité à créer des richesses et des emplois.» Et le Président de s’en prendre aux normes comptables, aux indicateurs de richesse qui ne prennent pas en compte «le sentiment de dureté de la vie» des citoyens…

Qu’on se rassure, le président n’est pas devenu gauchiste. Il modère son propos, en rappelant qu’il ne condamne pas tout le capitalisme, seulement celui qui a été «dénaturé». Mais la salle ne réagit pas. Et Sarkozy essaie un truc. Il sort du discours préparé pour se lancer dans une longue diatribe contre un président de banque dont il a demandé la démission car un de ses employés avait fait perdre des milliards à l’établissement. L’allusion à Daniel Bouton et à l’affaire Kerviel est claire. Elle arrache des applaudissements à deux Indiens au fond de la salle. Sarkozy saute dessus. «Merci aux deux personnes qui applaudissent», ironise-t-il. La salle rigole. L’exercice devient alors plus facile. D’autant plus que Sarkozy a une tâche plus compliquée : se demander devant des banquiers si leur métier est utile. «Quel est le métier de banquier ? Ce n’est pas un gros mot !» ironise-t-il, arrachant de nouveau des rires.

Bafouille. Malgré tout, à la fin du discours, seule une partie de la salle applaudit, et la grande majorité reste assise. Du coup, Sarkozy revient prendre la parole. Bafouille, en essayant de faire une nouvelle blague sur cette réaction en demi-teinte. Puis il se sauve jusqu’à son hélicoptère avec sa délégation. Pas sûr que sa prestation restera dans les mémoires.

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