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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 10:00

Voici un article paru dans la presse. Je trouve l'analyse remarquable : selon moi, elle met bien en parallèle,  dans l'Histoire,  le hasard des destins politiques  de ceux que l'on considère comme de grands personnages, et les choix  que les citoyens  sont amenés à faire.
Des choix bons ou mauvais ... classification variable avec le temps, et selon les individus.
Et, quand on établit des comparaisons, quelques regrets parfois ...
jean-michel bretonnier (VDN)


L'hommage du vice à la vertu
Source : La Voix du Nord  -  le 10 janvier 2010


La mort de Philippe Séguin a déclenché un vibrant hommage. On a chanté les louanges d'un homme de caractère et de convictions, chaleureux et volcanique, républicain convaincu, amoureux de la France, gaulliste social. Un élu à la biographie bien remplie qui méprisa pourtant les compromissions et les reniements. Un passionné de politique, de football, de cinéma, d'histoire.

La France presque unanime regrette le rendez-vous manqué entre cet homme et son destin. Aujourd'hui qu'il ne peut plus nuire à personne, on l'imagine à l'Élysée, régalant le peuple de ses conférences de presse gaulliennes, défendant avec panache son idée de la France contre les assauts de la mondialisation et les vulgarités de l'argent roi.

Philippe Séguin fait partie de ces hommes qu'on n'aime jamais tant que quand ils sont morts, ou retirés dans leur campagne profonde. On pleure un personnage qu'on aimait et respectait, on pleure aussi une époque révolue, un style oublié, et nos ambitions enterrées. On regrette une occasion manquée et on s'en veut de l'avoir ratée. Parce qu'enfin, si Philippe Séguin avait toutes ces qualités-là, pourquoi en a-t-on élu d'autres que lui à la fonction suprême ?

Sans doute à cause de lui et à cause de nous.

Le pouvoir, il l'a eu et il l'a goûté, mais sans le conserver longtemps et sans franchir la dernière marche. Par excès de vertu autant que par incapacité.

On pense à d'autres personnages - plus grands ou ses égaux - empêchés par eux-mêmes autant que par les autres de s'installer durablement au sommet de l'État, de conduire dans la durée les Français.

Pierre Mendès-France a gouverné efficacement, mais peu de temps. Clemenceau a gouverné de façon décisive, mais sur le tard. Le général de Gaulle a été envoyé à la retraite par les Français.

À des époques moins épiques, dans des styles très différents, avec un sens du tragique inégal, Michel Debré, Raymond Barre, Jacques Delors, Édouard Balladur, Lionel Jospin ont voulu être élus sans séduire, convaincre sans promettre. Alors que les électeurs voulaient être séduits et attendaient des promesses.

Quand ces candidats sont battus par de plus réalistes et de plus cyniques, on s'empresse de les oublier dans un premier temps, avant de les parer de toutes les vertus quand ils ont disparu ou renoncé à toute ambition. Ils n'en méritent sans doute pas tant, mais c'est notre façon de leur rendre hommage pour mieux oublier que nous avons cédé à la facilité.

C'est l'hommage du vice à la vertu, sachant que le vice et la vertu sont présents chez tout candidat et dans tout corps électoral. Ce sont les proportions qui varient !

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