Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mémoire ...

Recherche

Contact

Archives

Intro

24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 10:00
ORTS---fev2009.jpg
Un président en panne sèche à mi-mandat
Source : LIBERATION.FR  -  le 23 janvier 2010

Epad, Copenhague, taxe carbone, identité nationale, Proglio : plus rien ne réussit à Sarkozy. Lundi soir sur TF1, il cherchera un nouveau souffle.


Ce n’est pas la faute à l’opposition, qui peine toujours autant à incarner un contre-projet crédible. Difficile d’accuser les syndicats, qui n’ont jamais entretenu avec le pouvoir d’aussi bonnes relations. Quant aux Français, ils ont subi avec stoïcisme crise et licenciements sans descendre dans la rue. Non, le problème c’est bien lui: Nicolas Sarkozy

Le président a beau répéter à tout le monde qu’il est le meilleur pour occuper la fonction, comparé au «roi fainéant»«pas fait mieux», il va bien lui falloir se rendre à l’évidence. Chirac ou à Ségolène Royal qui n’aurait Depuis l’automne 2009, il enchaîne les semi-échecs, les ratages complets et les reculades : nomination avortée de son fils à l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad), annulation de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, échec du sommet de Copenhague et de la vente de centrales nucléaires à Abou Dhabi, débat sur l’identité nationale qui s’enlise et, dernièrement, «affaire Proglio». Plus qu’un problème de deuxième souffle, propre à tout mi-mandat, la question se pose d’un vrai trou d’air dans le sarkozysme. Le Président s’adressera lundi soir aux Français lors d’une émission spéciale sur TF1 qui portera sur leurs «préoccupations concrètes». Mais pas certain qu’il réussisse à sortir de cette mauvaise passe.

 

Refoulé. Dernière en date, l’affaire Proglio montre à quel point le chef de l’Etat est redevenu inconstant. Alors que depuis le début de la crise financière, il passe son temps à taper sur les patrons et les traders qui gagnent trop d’argent, le voilà qui accepte qu’un membre éminent du CAC40 puisse occuper la présidence simultanée de deux entreprises, l’une publique, l’autre privée, tout en touchant un salaire cumulé de 2 millions d’euros. En plus, il ne s’agit pas de n’importe quel patron. Henri Proglio était l’un des invités de la fameuse soirée du Fouquet’s qui avait suivi la victoire de 2007. Episode que Sarkozy, à l’été dernier, n’assumait plus, rejetant la faute sur son ex-femme Cécilia. «Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile», avait-il lâché au Nouvel Observateur. Mais le refoulé bling-bling n’est jamais très loin de refaire surface…

Cette incohérence est d’autant plus gênante qu’elle a un goût de déjà-vu. Lors de sa tentative avortée de népotisme à l’Epad, il expliquait à des lycéens que, «désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur». Déjà, à l’époque, les ministres avaient défendu les choix incohérents de leur chef. En pure perte, puisque les réactions outragées de sa propre base électorale l’avaient fait reculer. De même, pour Proglio, la peur d’une émission de TF1, au cours de laquelle des «Français moyens» poseront des questions, qui serait parasitée par cette affaire de gros sous, a entraîné ce tête-à-queue. «Même si la rémunération de Proglio n’était pas en soi scandaleuse, il faut bien reconnaître que les questions de salaire des grands patrons, cela ne passe pas auprès des Français», justifie ainsi le député (UMP) Jérôme Chartier.

Pour Stéphane Rozès, politologue et fondateur de la société de conseil CAP, ce manque de cohérence est devenu le signe du sarkozysme. «La question que le Président n’a jamais résolue, c’est le déphasage complet entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, explique-t-il. De ses promesses de campagne sur le pouvoir d’achat, enterrées après quelques mois de mandat, à ses déclarations pendant la crise sur le besoin d’un Etat fort alors qu’au même moment, le gouvernement se donne pour objectif de diviser par deux le nombre de fonctionnaires. Pour les Français, son action politique est illisible.»


Fourre-tout. Mais Sarkozy n’a pas l’air de s’en rendre compte. En fin de semaine, son entourage refusait même d’admettre qu’il avait changé d’avis sur Proglio, comme il l’avait fait sur l’Epad. «Le gouvernement a dit des choses, mais vous avez entendu le Président s’exprimer publiquement sur ce dossier?» lâchait jeudi soir un conseiller sous le coup de la déception, pas vraiment adepte de la solidarité gouvernementale. «A ce point-là, le problème est d’ordre psychologique, analyse un bon connaisseur de la vie à l’Elysée. Et les conseils bien intentionnés n’y changent rien. Sarkozy veut rester libre de faire tout ce qui lui passe par la tête. Même n’importe quoi.»

trop-de-dossiers-ouverts---la-fois.jpg

Théorisée par l’Elysée, cette impression de mesures fourre-tout a un nom : la «réforme permanente». Pendant deux ans et demi, il fallait bombarder le pays de textes pour prendre de court les conservateurs de tout poil. Et au regard du nombre de lois votées (université, lycée, recherche, justice, hôpital, formation, etc.), cela a fonctionné. Mais depuis le début de l’année, un vide s’est substitué à ce trop plein. Lors des multiples cérémonies de vœux, Sarkozy n’a fait aucune annonce. Contrairement à janvier 2009, marqué par ses tirades anti-bonus des banquiers, ou janvier 2008, quand il avait surpris son monde en promettant la fin de la publicité sur France Télévisions. Et les mois à venir ne devraient pas voir de changement. «Difficile de donner un nouveau souffle alors que les régionales sont dans deux mois», admet un député UMP.

Mais là encore, l’Elysée n’est pas à cours d’arguments. «Le temps est à la consolidation et à la pédagogie, énonce un conseiller de Sarkozy. Le Président doit maintenant ne pas hésiter à répéter aux Français ce qui a été fait.»«Si vous jetez un regard en arrière, beaucoup a été décidé et mis en œuvre, déclarait Claude Guéant sur Europe 1 dimanche. L’objectif, ce n’est pas toujours de faire du nouveau.» Pour Sarkozy, «la France a rattrapé son retard» et, grâce à lui, tout a été mis en place pour «libérer les initiatives».

Mais, alors que la crise est loin d’être finie et que le chômage n’arrête pas de grimper, cette autosatisfaction permanente produit une impression : la lassitude.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Articles Récents

Européennes 2009


...

Ma sélection musicale

Musique à la demande