Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mémoire ...

Recherche

Contact

Archives

Intro

7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 12:00

gaetan gorce - son blog 

Comme très souvent, Gaëtan GORCE nous présente une analyse claire, profondément argumentée, et nous invite à nous pencher (et cela s'adresse aussi à certains politiques parlant sans vraiment savoir !) sur les véritables problèmes que soulève le Travail dans notre pays..

 

Sur le blog de Gaëtan GORCE  -  le 4 janvier 2011

Cela commence bien ...

 

S'il est un exemple de la vanité et de la vacuité de notre débat politique, c'est bien celui qui s'ouvre régulièrement sur la question des 35 heures. Pour la bonne raison que celle-ci ne se pose plus.

Voilà en effet près de dix ans qu'a été fixée à ce niveau la durée légale du travail, que toutes les entreprises s'y conforment certes plus ou moins bien, mais le plus souvent dans un cadre conventionnel ; que le coût des 35 heures (que l'on peut évaluer en net à environ 6/7 milliards d'euros) a été dilué dans la grande masse des allègements de cotisations sociales, et qu'enfin, nombre de branches, en particulier dans l'industrie, seraient bien en peine de réviser des accords qui leur ont permis, notamment dans l'automobile, une meilleure flexibilité et donc une plus grande compétitivité. Si j'ajoute à cela le fait qu'un salarié français travaille en moyenne plus qu'un salarié allemand, je crois avoir fait le tour du problème !


Faut-il préciser que loin d'être un carcan, les 35 heures, au fil des « aménagements » que lui a infligé la droite depuis 2002 ne sont plus en réalité qu'une référence : l'augmentation des contingents d'heures supplémentaires, la réduction de leur taux de rémunération,  la liberté laissée aux salariés de dépasser ces contingents en accord avec leurs chefs d'entreprises ; l'extension des dispositifs de forfaits jours à de très nombreuses catégories de salariés, tout cela conduit naturellement à conclure qu'il n'existe aujourd'hui aucun frein qui empêche les entreprises de travailler au-delà de 35 heures si elles le souhaitent. Et si elles ne le font pas, n'est-ce pas plutôt la conjoncture qu'il conviendrait d'interroger plutôt que la loi?

Remettre les 35 heures en débat, constitue donc un petit jeu ouvert par M. Copé, qui consiste à brandir au bout d'une pique un symbole, mais certainement pas à réfléchir aux conditions qui permettraient réellement à notre économie de développer ses capacités productives. À cet égard, chacun sait que le problème réside d'abord, au-delà du chômage persistant qui affecte certaines catégories de la population, dans une augmentation significative des taux d'activité avant 25 et après 50 ans. Il est dommageable que ces problèmes ne soient jamais abordés sereinement, et que la droite, pourtant « sacrée » par ses soins « championne de l'entreprise », ait toujours préféré la caricature facile que lui offrent les 35 heures.

J'ai dans un petit recueil publié par la Fondation Jean Jaurès écrit voici longtemps, qu'il serait temps de « dépasser » cette question pour se pencher sur les véritables problèmes que soulève le Travail dans notre pays. Force est de constater que ces vrais débats n'intéressent guère les « responsables » et que ceux-ci préfèrent se réfugier dans les polémiques faciles. À cet égard, il est sans doute regrettable qu'un des nôtres, et parmi les meilleurs, s'y soit aventuré, même si en lisant bien ses déclarations, on ne trouve pas trace de ce qui pourrait justifier une excommunication. Pour autant, mieux vaut dans ces domaines éviter de se fourvoyer et aborder les sujets tels qu'ils se posent. S'agissant de la RTT, deux problèmes en effet demeurent :

  • Le premier concerne l'absurdité des mécanismes d'allègements de cotisations sur les heures supplémentaires. Celles- ci sont en effet payées deux fois, non au salarié, mais à l'entreprise et par l'État : une première fois depuis 2001 au titre des réductions de charges liées au passage à la nouvelle durée légale (ce sont les 6 milliards nets évoqués précédemment, mais qui représentent 10 à 11 milliards bruts); une seconde fois au titre des heures supplémentaires, qui bénéficient de l'allègement voté dans le cadre de la loi TEPA et qui porte très exactement sur la même tranche horaire (de 35 à 39 heures hebdomadaires). En sorte que les entreprises ont été subventionnées pour passer de 39 à 35 heures et le sont à nouveau si leurs salariés travaillent depuis 2007 de 35 à 39 heures. Remarquable gaspillage d'argent public que l'on se garde bien de dénoncer.
  • Le second porte sur la place des partenaires sociaux. Ne serait-il pas normal, dès lors que s'imposerait partout le principe de l'accord majoritaire, de leur laisser la libre détermination et des contingents et des rémunérations des heures supplémentaires, en fonction des besoins ressentis par les différents secteurs professionnels. En effet, s'il faut conserver pour des raisons d'égalité et pour l'emploi, une durée légale de 35 heures, cela ne constituerait-il pas un véritable progrès du dialogue social que de laisser aux organisation syndicales et patronales, le soin d'en moduler l'application? Il va de soi qu'une telle question ne se poserait qu'en période de reprise : on est aujourd'hui loin du compte.

Aussi terminerai-je par un voeu, puisque le début de l'année nous y invite, même si je sais qu'il a peu de chances d'être exaucé : que l'on parle à l'avenir de ces questions avec expertise, compétence et sérieux, puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'avenir de notre économie. Évitions ainsi d'entraîner l'opinion sur de fausses pistes et mettons la face au problème central qui est celui du déclin de notre compétitivité *. 

*qu'il serait naturellement absurde d'attribuer aux 35 heures, qui se sont au contraire accompagnées d'un significatif gain de productivité.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents

Européennes 2009


...

Ma sélection musicale

Musique à la demande