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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 08:00

En février 2009, à la suite du sommet social, Sarkozy avait annoncé que  les personnes dépendantes recevraient un "bon d’achat de services à la personne". Le montant de ce bon, proche du CESU préfinancé dont bénéficient certains salariés : 200 euros par foyer.

Cette mesure concernait :

- les 660 000 bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie vivant à leur domicile (plus de 60 ans, sans condition de revenus mais dépendantes),

- les 140 000 familles avec un enfant handicapé,

- les 470 000 familles gagnant moins de 43 000 euros et bénéficiant du complément de libre choix de mode de garde (c’est-à-dire embauchant une "nounou" à la maison ou une assistante maternelle)

Les chômeurs qui retrouvent du travail et ont besoin de solutions temporaires pour faire garder leurs enfants pourraient en outre être concernés.

 

Un artisan indépendant met en garde les bénéficiaires : "Tout sauf un cadeau ..."

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Un cadeau qui coûte cher
Source : sudouest.com  -  le 20 janvier 2010


Vous aviez lu «Pour vous, 200 euros» ? Lagarde, Wauquiez, Devedjian et Hortefeux avaient sûrement oublié d'indiquer la suite, induite : «Pour nous, au moins 91,65 euros (de charges et cotisations) ... La précision aurait pourtant évité des lendemains qui déchantent à de nombreux - heureux ? - récipiendaires de ces «versements de 200 euros sous forme de bons d'achat de service à la personne.»

C'est en tout cas l'avis de Bruno Bruneteau, artisan du côté de Saint-Même-les-Carrières. Pour lui, l'utilisation des «chèques cadeaux» adressés cet été à 1,5 million de foyers, «c'est terminé !». « Les personnes âgées tombent à la renverse lorsqu'elles apprennent ce qu'elles doivent payer une fois qu'elles les ont utilisés», s'offusque depuis des mois l'ancien homme de main de chez Martell.

Sans compter les charges

«Une mesure juste», «un chéquier bon pour le pouvoir d'achat, bon pour l'emploi», voilà ce que vend pourtant le joli coffret cadeau. Celui-ci dévoile un chéquier d'une valeur de 200 euros sous forme de chèques emploi service, deux belles lettres paraphées par les représentants de l'État, et une notice. Le livret de 25 pages est clair, aéré. Mais «bien trop complexe pour les destinataires, des personnes âgées, certaines illettrées», dénonce le Charentais.

Pour Bruno Bruneteau, le dispositif financé par le Plan de relance porté par Patrick Devedjian profite non pas aux récipiendaires, mais aux artisans et à l'État. Ainsi, pour 20 heures de services (ménage, repassage, entretien du jardin, menus travaux etc.) facturées 10 euros de l'heure, l'utilisateur devra reverser au moins 91,65 euros en charges et cotisations - et même 125,63 pour les moins de 70 ans qui ne bénéficient pas de l'Allocation personnalisée d'autonomie ! Ou comment faire peser le «plan de relance» sur les foyers les plus fragiles...

Pour inciter les destinataires à profiter de cette offre valable jusqu'au 31 janvier, un communiqué de presse avait également été adressé aux rédactions au début du mois de décembre. Plusieurs « packs » spécifiques (vitres, grand nettoyage etc.) avaient ainsi été élaborés pour mieux en bénéficier. Mais là encore, il n'est jamais fait mention des frais exacts dont devront s'acquitter les utilisateurs.

Une complexité hallucinante

«C'est tout sauf ce que j'appelle un cadeau, ne désarme pas Bruno Bruneteau. Pour m'en être servi, je peux vous assurer que c'est d'une complexité hallucinante. Déjà c'est incompréhensible pour nous, les artisans. Alors je vous laisse imaginer pour les utilisateurs. Ils se font berner. Neuf personnes sur dix qui m'ont sollicité ne savaient absolument pas qu'il y avait des charges à payer...»

Bruno Bruneteau se charge alors de l'explication de texte : «Si l'État voulait vous faire un véritable cadeau, il vous aurait versé un chèque nominatif de 100 euros. » Et de pousser cette logique à l'extrême : « Pour que tout le monde soit gagnant, il faudrait que je prenne les 200 euros, que je les retire à la banque, que je vous reverse 75 euros en liquide et que j'effectue chez vous des travaux à hauteur de 125 euros. Et encore, je volerais l'État puisque je cotiserais pour du travail que je n'aurais pas fait...»

Des utilisateurs mécontents

«Si vous choisissez d'employer directement un salarié [...], vous devrez par ailleurs acquitter les cotisations sociales auprès de l'Urssaf », indique certes l'un des documents joints. Mais au standard de la Fédération des particuliers employeurs, une structure spécialisée dans l'utilisation des chèques emploi service dont les coordonnées figurent sur le coffret, on avoue recenser « beaucoup d'appels d'utilisateurs mécontents».

Au début du mois, pas moins de huit coups de fil sur quatre lignes différentes - dont certaines sont payantes ! - ont été nécessaires avant d'obtenir une simulation. La somme due a alors été dévoilée. Avec cette réponse : «En fait, les chèques cadeaux, ça fonctionne exactement comme les chèques emplois services universels.» Voilà qui est tout à fait clair...

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