Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mémoire ...

Recherche

Contact

Archives

Intro

4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 07:00

Une petite commission ? Ou une grosse ? ... là, j'ai honte !!!

La commission façon Sarkozy, une carte postale médiatique !
Source : Marianne2.fr  -  le  28 décembre 2009

Brandies comme des erzatz de débats visant à enterrer les polémiques, les commissions s'entassent dans le bilan de Sarkozy comme autant d'écrans de fumées pour masquer les vrais problèmes, des salaires à l'éducation en passant par les prisons.
Vous souvenez-vous de la commission Cotis ? Mais si, voyons, le rapport que Nicolas Sarkozy avait demandé au patron de l'Insee sur la répartition de la valeur ajoutée ? Si vous ne vous en souvenez pas, c'est qu'il a fait son oeuvre : commandé comme des dizaines d'autres pour calmer une polémique, le rapport Cotis s'en est allé remplir les étagères bien garnies des dossiers classés.gateau---les-3-tiers.jpg
Quand le président de la République l'avait commandé, la bataille faisait rage dans l'opinion autour de la répartition des bénéfices : en pleine crise, les dividendes indécents distribuées par les entreprises du Cac40 aux profits records, notamment Total, avaient créé le scandale alors que chacun craignait une vague de chômage massif... Comme pour trancher le débat, Nicolas Sarkozy avait commandé un rapport à Jean-Philippe Cotis. Remis le 13 mai, il concluait que, depuis 20 ans, la part des salaires était stable dans la valeur ajoutée (non sans quelques pirouettes mathématiques ). La polémique, depuis, était enterrée. Comme des dizaines d'autres.
Gâteau à partager ...       

Une polémique, une personnalité, des conclusions conforme au projet ... et hop, le tour est joué !
 Depuis mai 2007, pas un mois ne se passe sans qu'un nouveau cadre de l'UMP délaissé, ambitieux à calmer ou figure de l'opposition à rallier ne soit investi d'une mission d'étude par le président de la République sur les sujets les plus variés : intégration des personnes mal-voyantes (Gilbert Montagné), TVA sociale (Eric Besson), la revalorisation du métier d'enseignant (Michel Rocard), Alzheimer (professeur Joël Ménard)... Rien n'échappe à la commissionnite aigüe !

La recette est simple : prenez un débat un peu épineux sur lequel la majorité ne dispose d'aucune réponse, choisissez une personnalité symbolique dont on vante les « mérites », laissez la concocter un rapport aux conclusions conformes au projet initial du gouvernement , remerciez la bien chaleureusement lors d'une conférence de presse et tassez bien soigneusement le document au fond d'une poubelle.

Un outil pour calmer la grogne des profs, de patrons de presse ...
Parfois même, sans délicatesse, Sarkozy grille la politesse à ses propres commissionnaires : alors qu'il avait convoqué Philippe Léger pour un rapport sur la réforme de la procédure pénale, le Président annonce lui-même la suppression du juge d'instruction ! C'est dire le poids de la réflexion du magistrat. Par un heureux « hasard », les conclusions de ces travaux ne contredisaient pas l'Elysée.
Brutale avec les diverses couches de la société, Sarkozy utilise également les rapports comme des cautères sociaux : sous couvert d'une réflexion sur la presse « face au défi du numérique », l'adjointe au maire du XVIè Danièle Giazzi est venue réconforter les pauvres petits patrons de presse en proie aux méchancetés d'Internet. La méthode marche si bien que le Président commande parfois des rapports dont il dispose déjà, quelques mois après : l'intitulé du rapport Giazzi était ainsi exactement le même que celui du rapport de Marc Tessier (ancien président de France télévision) rendu en février 2007... soit moins d'un an et demi avant !

Plus récemment, histoire de calmer le jeu sur le débat sur l'identité nationale, Nicolas Sarkozy a imaginé une mission« contre le communautarisme » confiée... au président du Cran ! Un petit signe pour les noirs de France qui n'aura, bien entendu, pas plus de conséquence que la nomination comme commissaire à l'Egalité des chances de Yazid Sabeg.

Des écrans de fumée au service de la com élyséenne
Car, si les commissions donnaient lieu à des réflexions pouvant infléchir une politique mal engagées, elles serviraient au moins à quelque chose... mais non : elles ne sont que des écrans de fumées, même quand elles portent sur des sujets graves ! Le rapport Pochard sur l'enseignement ? Pas une ligne sur le savoir, que du management des profs ! Le travail de la commission Albrand sur les prisons ? Disparu, corps et bien, dans un tiroir ministériel. Et que penser des travaux de la très médiatique commission Rocard-Juppé sur le grand emprunt ayant conclu... aux instructions données par le président de la République au préalable !

Certaines, par l'acharnement de leurs auteurs ou l'attente du public, survivent tant bien que mal. Si le rapport Attali a fait quelque peu parler de lui, c'est uniquement parce que l'ex-Mitterrandien sait faire le marketing de ses livres et de ses idées. Quant aux commissions Tessier sur la numérisation du livre ou à la commission Zelnik sur les défis de la culture à l'ère du numérique, leur actualité n'est relayée que par les internautes soucieux de connaître les suites données par le gouvernement à la Hadopi... Même le très hargneux Jean-François Copé a vu sa commission sur l'audiovisuel public lentement digérée... Pour tous les autres sujets, de la mesure de la croissance au commerce low cost en passant par l'exonération de charge social pour les TPE, les rapports auront joué leur rôle de carte postale médiatique, offrant l'illusion d'un débat, juste le temps d'enterrer la polémique pour laisser la place à de nouvelles annonces.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Articles Récents

Européennes 2009


...

Ma sélection musicale

Musique à la demande