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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:00
climate - shame
Copenhague a accouché d’une souris
et elle n’est même pas verte

par Jean-Louis BIANCO  -  19 décembre 2009

Après 12 jours de sommet, le bilan de la conférence mondiale sur le changement est peu reluisant pour ne pas dire extrêmement décevant et inquiétant.


Le résultat ne va pas plus loin qu’un accord qui n’est pas signé par l’ensemble des États présents, qui n’a aucune force contraignante, qui est très en deçà des volontés affichés, qui n’a été obtenu que par des négociations de couloirs et avec en toile de fond du sommet la répression à l’égard de la société civile et des associations écologistes. 

S’il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible".

Ce sont la Chine et les États-Unis qui ont fait la négociation, sans que les Européens, incapables de réellement s’unir et de s’assumer comme entité politique forte (alors que cela se passait sur notre sol), ou les pays en développement aient vraiment leur mot à dire. Les tensions entre les Chinois et les Américains ont été très vives, mais, comme le rappelle Le Monde, leurs intérêts contradictoires ont conduit à une alliance objective pour préserver leur souveraineté. Les deux pays échappent ainsi à tout objectif contraignant. La Chine s’est notamment opposée à la mise en place de mesures de vérification de l’application de l’accord. 

La société civile a quant a elle été totalement exclue des négociations, parfois de façon violente. Ces derniers jours, plus aucune personne représentative de la société civile n’était présente pour faire pression sur les négociateurs. Le Bella Center était devenu une sorte de bulle aseptisée, avec des conseillers et des gardes du corps : une sorte de monde éthéré en dehors de la vraie vie. 

Enfin, le cadre très flou des négociations est à mettre en cause. Barack Obama et Nicolas Sarkozy annonçaient un accord dès vendredi soir alors même que de nombreux pays affirmaient ne pas avoir été tenus au courant. Une séance plénière s’est tenue toute la nuit dans une incroyable pagaille animée par un premier ministre danois totalement dépassé et alors que les chefs d’État (notamment le président français) étaient déjà repartis, fuyant sans doute la honte au front. 

L’absence de courage politique des chefs d’États et de gouvernements européens et américain fut manifeste. Ils ont ainsi regagné leur pays sans venir défendre l’accord conclu à 26 devant les délégués des 166 autres pays.

Le représentant de l’archipel de Tuvalu concluait ainsi : "Cet accord est une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir. Nous n’avons nulle part où aller, nous aurons juste à subir quand les énormes cyclones nous frapperont. Nous n’avons aucune montagne sur laquelle nous réfugier". 

Cet échec ne peut qu’éroder profondément la confiance des peuples dans leurs représentants. 

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