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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 08:00

le-langage-adapte-de-sarko.jpg 

Florilège du parler "clair et vrai" de Sarkozy (dixit le ministre de l'Education Nationale, Luc Chatié Chatel) :

"Casse to pôv'con !"

"J'écoute mais j'tiens pas compte"

"Si y'en a qu'ça les démange d'augmenter les impôts ..."

"On s'demande c'est à quoi ça leur a servi toutes ces années (d'études) pour avoir autant de mauvais sens"

 

 

Début décembre, le ministre de l'Education nationale a pris sa plus belle plume pour défendre le «niveau de français pratiqué par le Président de la République», dans une lettre un brin surréaliste, que publie Mediapart.

Luc Chatel avait été interrogé en février 2010, de manière tout à fait officielle, par un député PS, François Loncle, sur les «dispositions» qu'il souhaitait prendre, en tant qu'instituteur en chef, pour «remédier sans délai» aux «fautes de langage» de Nicolas Sarkozy. 

Comme le règlement de l'Assemblée nationale impose aux ministres de répondre aux questions écrites des députés, Luc Chatel ne pouvait y couper – les membres du gouvernement sont même tenus, en théorie, de publier leur prose au Journal officiel. Le ministre de l'Education, bizarrement, a opté ce coup-ci pour un courrier personnalisé, à l'intention de François Loncle – procédé a priori plus discret... 

Luc Chatel en fait ainsi des tonnes, en défense de son «patron». D'abord, Nicolas Sarkozy ne serait pas le premier à malmener le français: «D'autres responsables politiques, de tous bords, ont été avant (...) critiqués pour de prétendues entorses à l'égard de l'orthodoxie de notre grammaire», écrit-il.

Le ministre, qui peste d'habitude contre les enseignants laxistes, théorise ici le relâchement de son patron: «En ces temps de complexité et de difficulté, le Président de la République parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques qui perdent l'auditeur et le citoyen. Juger de son expression en puriste, c'est donc non seulement lui intenter un injuste procès, mais aussi ignorer son sens de la proximité.»

Voilà qui est dit : le chef de l'Etat abîme la langue sciemment, pour faire «popu» et rompre avec un prétendu élitisme. Les redresseurs de torts syntaxiques sont priés d'aller jouer ailleurs. 

En parfait pédagogue, le ministre insiste plutôt sur les points forts de Nicolas Sarkozy: «Le Président de la République montre de grandes qualités rhétoriques, telles que la force expressive, la conviction, l'à-propos, la répartie ou la puissance d'évocation.»

 

Cette lettre arrive cependant à un moment où le Président de la République semble avoir décidé de produire quelques efforts en la matière, pour appuyer sa tentative de «présidentialisation».«Lors de la dernière interview télévisée, en novembre dernier, il s'est mis à employer l'imparfait du subjonctif», a remarqué François Loncle. Ce soir-là, pour «faire» Président, l'ancien «premier flic de France» a même dégainé une citation latine («expressis verbis») et corrigé sa grammaire en direct («Pourquoi j'avais annoncé... euh... avais-je annoncé»). M'sieur Loncle peut nourrir quelque espoir.

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