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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 17:00

homme à la mer 

Un homme à la mer !

par Jacques Julliard  - Nouvelobs.com-  le 7 avril 2010

 

Réformes à la dérive, popularité homéopathique, prestige en berne : l’horizon est noir pour Sarkozy.

Il a suffi de quelques jours pour tout changer. Certes, la raclée aux régionales était prévue mais non l’onde de choc qu’elle a provoquée dans une droite qui n’a plus de majorité que le nom. D’un seul coup, tout s’est désagrégé, à commencer par la réputation de grand stratège électoral de Nicolas Sarkozy. On l’a vu depuis six mois changer d’avis sans arrêt : je m’engage, je me désengage ; les régionales sont un scrutin local, non, national, non, local, etc. Vingt ministres ont été envoyés au casse-pipe, comme à Reichshoffen.

Surtout, ce sont toutes les opérations politiciennes du président qui se sont effondrées. Il avait fait le Grenelle de l’Environnement pour aspirer les voix écologistes ? Les écolos ont voté à gauche comme un seul homme. L’ouverture à gauche pour capter des voix socialistes ? Le PS obtient un triomphe historique. Le débat sur l’identité nationale pour siphonner un Front national mal en point ? Celui-ci se redresse spectaculairement. Bravo pour le grand sorcier !

Du coup, c’est tout son programme de réformes qui est ébranlé. La taxe carbone est envoyée à la casse (bon débarras !). Le bouclier fiscal branle dans le manche et ne passera pas l’année (enfin !). La réforme de l’instruction judiciaire fond comme neige au soleil (ouf !). La réforme des collectivités locales, version Sarkozy, fait l’unanimité contre elle (quel gâchis !). Quant à celle des retraites, la grande idée du règne, elle est désormais mal partie. Déjà, celle des régimes spéciaux n’avait été qu’un tour de passe-passe et avait coûté plus cher que le statu quo. Mais la réforme du régime général, si nécessaire et si douloureuse, supposait un président au zénith de sa popularité. Or il ne peut plus compter, comme Raffarin en 2003, sur une CFDT sacrifiant 50 000 adhérents sur l’autel de l’intérêt général. En un mot, le risque d’une grande tornade sociale est désormais réel. Nicolas Sarkozy peut certes escompter un resserrement de sa majorité, contrainte de marcher au canon. Mais il peut aussi en craindre la ruine de sa re-candidature pour 2012, à l’instar de Dominique de Villepin en 2006 dans l’affaire du CPE.

Piètre tacticien, réformateur aux abois. Popularité homéopathique et prestige en berne. Il y a un effet de serre dans la majorité, qui renvoie le rayonnement présidentiel et installe la canicule. La justice invite pourtant à dire que le bilan en politique étrangère est nettement meilleur. Obama, après avoir infligé à Sarkozy une longue pénitence pour s’être naguère jeté à contretemps au cou d’un George Bush déconsidéré, a fini par lui accorder son pardon. Dans la gestion des crises, Georgie ou automne noir 2008, il a su réagir avec sang-froid et détermination. Désormais, son discours sur la crise et ses responsables, sur la nécessité d’une intervention active de l’Etat, est celui d’un homme de gauche. Il y gagne en crédibilité mais y perd en originalité. Le flamboyant Sarkozy libéral de 2007 est cramé, il a fait place à un social démocrate en peau de lapin.

Son principal échec, en définitive, c’est son incapacité à remobiliser les Français. Le pays baigne aujourd’hui dans une déprime effrayante, quasi-pathologique. On avait besoin d’un entraîneur d’hommes, non d’un one man show.

Il était de bon ton naguère de dauber sur la cacophonie socialiste et l’aiguisement des ambitions personnelles. Voyez aujourd’hui, les hommes étant ce qu’ils sont, ce qui se passe à droite. Les députés s’émancipent, pétitionnent, intriguent. Les candidatures présidentielles champignonnent : Juppé en revanche, Fillon en sourdine, Coppé en prévision. Sans parler de Villepin, en retour. Pour Nicolas Sarkozy, ce n’est pas, comme on l’a dit, une crise de mi-mandat. C’est désormais une crise de mi-carrière.

Pourtant, il lui reste deux choses : deux années - c’est peu - et le pouvoir - c’est beaucoup.

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commentaires

PLOQUIN Vincent 10/04/2010 09:44



Qui a été "roulé dans la farine", sans doute ni ses partisans encore aujourd'hui qui devraient consulté un ophtalmo, ni ses opposants farouches dont je suis, beaucoup lucides et depuis longtemps
avant même qu'il ne soit candidat. Alors qui sont-ils ? Ce sont les naïfs. ils tombent des nus malgré quelques fois des certitudes déconcertantes qu'ils ont pu exprimer au moment de choisir !!!



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