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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 14:00

 

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Karachi : plainte contre Villepin et Chirac

pour homicide involontaire

Source : NOUVELOBS.COM  -  le 19.11.2010

 

Le témoignage de Michel Mazens, ancien PDG de Sofresa, montre que l'Elysée était informé des risques que représentait l'arrêt du versement des rétrocommissions. Les familles de victimes vont porter plainte.

Le juge Renaud Van Ruynbeke a auditionné jeudi 18 novembre, à 13h30, Michel Mazens, qui a été PDG de Sofresa entre décembre 1995 et janvier 2006. Il était entendu comme témoin. Selon le procès verbal, que Le Nouvel Observateur s'est procuré, Michel Mazens a expliqué au juge la façon dont a été décidée la cessation du versement des rétrocommissions liées au contrat Sawari II, portant sur la vente à l'Arabie saoudite de trois frégates.

 

Michel Mazens a déclaré au juge que c'était Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, "qui pilotait l'opération". Il a ajouté que "la même procédure" a été appliquée pour le Pakistan. Or, affirme-t-il, Dominique Castellan, alors président de la DCNI, "a réagi en me disant que pour lui c'était compliqué car c'était faire courir des risques à ses personnels."

Par ses déclarations au juge, Michel Mazens met ainsi directement en cause Dominique de Villepin et Jacques Chirac, qui étaient selon lui informés des risques que représentait, pour le personnel de la DCNI sur place, un arrêt du versement des rétrocommissions. C'est ainsi la première fois que l'un des principaux témoins fait un lien direct entre l'arrêt du versement des commissions et l'attentat de mai 2002, qui a coûté la vie à quatorze personnes, dont onze employés français de la DCN.

Le témoignage de Michel Mazens a bouleversé Sandrine Leclerc et Magali Drouet, filles de victimes de l'attentat de Karachi. Contacté vendredi par NouvelObs.com, Me Olivier Morice, avocat des parties civiles, indique que ses clientes sont "bouleversées et scandalisées par ce qu'elles viennent d'apprendre". Il précise que le juge Trévidic sera saisi en début de semaine prochaine pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui.

La mise en cause de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac intervient alors qu'un témoignage de Charles Millon, révélé mercredi par Le Nouvel Observateur, atteste la thèse de rétrocommissions en marge d'un contrat de ventes de sous-marins au Pakistan. La justice s'interroge sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, dont le directeur de campagne était Nicolas Sarkozy. Me Olivier Morice a demandé l'examen des comptes d'Edouard Balladur et la levée du secret-défense pour l'ensemble du dossier.

 

NouvelObs.com publie ci-dessous de larges extraits du procès verbal de l'audition de Michel Mazens :

"Trois mois après mon arrivée à la tête de la Sofresa [donc en mars 2006], M. Millon m'a fait part d'un ordre du président de la République d'arrêter immédiatement les paiements et de détruire si possible les documents relatifs au réseau K du contrat Sawari II.

J'entends par réseau K -King- un réseau mis en place par M. Douffiagues pour aider au succès du contrat Sawari II et divers autres contrats de moindre importance en Arabie saoudite.

Je me suis engagé à arrêter les paiements aux intermédiaires du réseau K, à savoir essentiellement M. Takkieddine qui était en première ligne -j'ai découvert par la suite M. El Assir- et à détruire les documents qui pouvaient lier l'Etat français à ce réseau.

(…)

J'ai eu une fois affaire au président de la République. J'avais pour interlocuteurs, le ministre de la Défense, M. Million, son directeur de cabinet, M. Chaussendre, M. de Villepin qui pilotait l'opération. Quand on est entré dans le vif du sujet, je n'ai eu affaire, pour ainsi dire, qu'à M. de Villepin. Le président de la république a tenu lui-même à me faire part de sa volonté d'arrêter, de stopper ce réseau. Il m'a dit que ce réseau n'aidait en rien la conclusion des contrats. Pour moi, il n'était question que de Sawari II.

Le réseau K représentait environ 200 millions d'euros.

(…)

J'informais M. de Villepin en temps réel de l'évolution de ce dossier. Entre temps, il m'a demandé d'aller voir M. Castellan et de lui dire d'appliquer la même procédure pour le Pakistan. Je n'étais pas au courant de ce dossier. Je n'ai fait que transmettre cette directive à Dominique Castellan qui était à l'époque le patron de DCNI.

Un soir, je suis allé voir M. Castellan dans son bureau pour lui faire part de la directive de M. de Villepin. Il a réagi en me disant que pour lui c'était compliqué car c'était faire courir des risques à ses personnels."

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