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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 19:00

La réaction des salariés (et pas uniquement des organisations syndicales) n'est pas véritablement surprenante.

En effet, depuis des semaines que durent l'occupation du site et la grève, j'ai bien perçu une certaine défiance vis-à-vis des acteurs politiques et économiques du territoire.

total - la manif place jean bart

Appréciations injustes peut-être, mais je suis persuadé que les salariés attendaient davantage de réactivité et de fermeté.

Mardi encore (journée de manifestations nationales), lors du défilé dans la ville de Dunkerque il m'est arrivé de discuter avec quelques salariés de TOTAL, et c'est cette impression de relatif abandon qui prédominait.

Sur la résolution proprement dite, et sans me lancer dans une longue analyse syntaxique : les mots ont leur importance, surtout dans un contexte social aussi tendu.
Or, la rédaction est plutôt maladroite sur la partie du texte qui concerne la poursuite de l'activité de raffinage, sujet principal et très sensible du côté des salariés.
Présentée comme une des "options" qui doivent être abordées, le caractère optionnel indiqué dans le texte suffisait à lui-même pour rendre compte de l'incertitude pour l'avenir.
Maladresse donc que d'y ajouter le qualificatif "éventuel" : "une éventuelle poursuite de l'activité".

Je comprends pour ma part la très grande insatisfaction sur une résolution que les salariés jugent particulièrement timorée, et qui les font douter de la solidarité à leur égard.


L'intersyndicale de Total résolument opposée à la résolution
Source : La Voix du Nord.fr  -  le 27 mars 2010

Une semaine après avoir, lors d'un conseil communautaire exceptionnel, entendu l'intersyndicale des salariés de Total ainsi que les partenaires économiques et sociaux sur l'avenir de la Raffinerie des Flandres, les élus communautaires ont adopté, jeudi, une résolution concernant l'avenir des salariés, du site et du territoire.


Le texte, qui avait fait plusieurs allers et retours entre la CUD et l'intersyndicale avant d'être présenté dans sa version définitive, jeudi, a été adopté à la majorité après quelques échanges houleux et un sentiment d'incompréhension vertement exprimé par les représentants des salariés.

Campant sur leur position et leur illusoire désir de voir redémarrer l'activité, ils ont sévèrement reproché au texte de ne pas pleinement prendre en compte leur revendication première : le maintien du raffinage.

"Toutes les options doivent être abordées, en premier lieu les conditions d'une éventuelle poursuite de l'activité de raffinage dans l'attente ou en parallèle de solutions assurant l'emploi des salariés du site", demande la résolution. "À ce sujet, la table ronde nationale du 15 avril, après avoir clarifié les besoins de raffinage en France, devra aborder ce point et détailler précisément les conditions de reprise d'une activité de raffinage. Ils soutiennent dans cette perspective la revendication de mise en oeuvre du grand arrêt et demandent que des échéances précises soient données en matière de reprise de l'activité."

Reprochant au texte un manque de fermeté, les élus communistes, par la voix de Danièle Jonvel, ont demandé une suspension de séance afin que soit étudiée une contre proposition de résolution présentée par son groupe. Philippe Eymery (droite nationale) s'est associé à la demande des représentants communistes afin de présenter lui aussi un texte alternatif et de donner la parole aux représentants des salariés présents en nombre dans le public.

Des demandes acceptées par le président Delebarre qui, après avoir interrompu la séance, a pu donner la parole à Patrice Leclaire qui, au nom de l'intersyndicale, s'est dit "surpris et choqué par la teneur de cette résolution qui ne parle que de compensations alors que ce que nous voulons, c'est redémarrer. L'intersyndicale vous interpelle sur votre responsabilité dans cette résolution qui ne correspond pas à nos souhaits."


Colère des salariés

Avant de soumettre le texte au vote, Michel Delebarre a proposé aux représentants syndicaux de joindre leur texte à la résolution. "De cette façon, les destinataires auront les deux textes en leur possession." Une proposition qui n'a pas éteint la colère des salariés qui, au moment de quitter la salle du conseil, se sont montrés extrêmement véhéments envers les élus ayant voté la résolution. "Honte à vous", "Vous faites comme pour les Chantiers de France", "On pensera à vous aux prochaines élections".

Une sortie spectaculaire qui témoigne de l'exaspération et de la fatigue de salariés, parfois opportunément attisées. "Je comprends la position de l'intersyndicale, focalisée sur la reprise de l'activité, mais nous avons des responsabilités différentes", a souligné Michel Delebarre, préoccupé voire agacé par cette incompréhension. "Nous, élus devons prendre en compte l'ensemble des préoccupations du territoire."

(1) Les six représentants du parti communiste et Philippe Eymery ont voté contre, Marie-Christine Duval (PS), élue gravelinoise, s'est abstenue.


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