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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 15:00

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    "Le retour des aboyeurs"

Source : Désirs d'Avenir Nancy  -  le 02.12.2010

 

Tout semblait apparemment clair dans le processus de la Primaire socialiste. N’importe quel candidat à la Primaire pouvait se présenter, comme l’ont fait successivement Manuel Valls, François Hollande, Arnaud Montebourg plus quelques autres.

 

Chacun pouvait faire connaître ses idées comme il l’entendait, par la publication de livre comme par la participation à des émissions de radio et de télévision. Les médias s’empressaient d’inviter ces candidats déclarés pour leur permettre de jouer leur partition particulière.

On avait compris que le terme fixé pour le dépôt des candidatures devait être juin 2011, sans qu’il y ait de date officielle d’ouverture des candidatures.

Cela fonctionnait ainsi, sans remous. Et puis patatras ! Ségolène Royal se déclare, dans les mêmes conditions et avec les mêmes droits apparents que les autres, et tout bascule. Les aboyeurs sortent de leur cage et bondissent pour clamer leur indignation.

Comment comprendre cette séquence qui nous rappelle celles de 2006-2007 ?


La levée des ambiguïtés

Une sorte de jeu et d’équilibre s’était installé, en catimini. Des choses paraissaient normales, alors qu’elles ne l’étaient pas, et la décision de Ségolène Royal a fait tomber ces ambiguïtés.

D’abord, en 2006, d’éminents socialistes comme Jospin, Allègre, Emmanuelli avaient dénoncé avec virulence la pression que les entreprises de sondages exerçaient sur les esprits pour imposer le duel Sarkozy-Royal. Ils avaient réclamé un parti où les militants ne se laisseraient pas dicter leur choix de l’extérieur.

Or, rien de tel en 2010, motus et bouche cousue, alors que les entreprises de sondages ont recommencé leur matraquage en montant en épingle la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Tous ces contempteurs ont-ils abandonné leurs réserves et se seraient-ils convertis à la parole prédictive des sondages ? Ce qui était inadmissible hier parce qu’en faveur de Ségolène Royal serait-il tout à coup parfaitement correct à présent parce que favorable à Dominique Strauss-Kahn ?

Ensuite, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ont longtemps fait admettre au PS ce curieux pacte entre eux deux, dit « pacte de Marrakech ». Ce pacte, vanté par tous leurs partisans, est présenté comme garantie de bonne méthode et volonté de ne pas se laisser imposer son agenda politique par Sarkozy. C’est évidemment cacher que tout est subordonné au bon vouloir du patron actuel du FMI, lequel ferait connaître sa décision au moment où il le souhaiterait et imposerait du même coup la décision de la Première Secrétaire. Incroyable situation qui revient à placer tout le PS sous une loi non dite, dans une situation non démocratique, que certains commentateurs qualifient à juste titre de « bonapartiste ».

Aller contre ces deux réalités, le règne des sondages et la prééminence d’une faveur accordée à un candidat, réclamait un certain courage. Celui de lancer aux entreprises de sondages : « je ne me soumets pas à vos hypothèses ». Celui de dire à ces deux candidats un jour : « abattez vos cartes et ne m’enfermez pas dans votre piège ».

Le syndicat des aboyeurs

Ils appartiennent aux partis politiques de droite et de gauche et au système médiatique. Ils se serrent les coudes et ils nous ressortent fin 2010 leurs litanies de 2006 !

Une Primaire suppose la concurrence démocratique. La droite y est hostile par nature, elle a le culte du leader charismatique ou de la personnalité qui sait tout bonnement s’imposer à tous. Elle crie alors à la division chaque fois qu’elle entend une différence ou une nuance. Au PS, tous ceux qui sont hostiles à Ségolène Royal, certains de façon viscérale, entonnent le même refrain. Comme il n’est pas question de programme politique pour l’instant, ces cris d’aboyeurs s’attaquent à la personnalité.

Le comble est atteint quand quelqu’un qui est d’habitude mesuré comme Moscovici se met à déclarer que si Ségolène Royal envisage Dominique Strauss-Kahn comme premier ministre, par contre l’inverse serait inconcevable. Belle unité socialiste ! A moins que ce ne soit de la part de Moscovici une forme de lucidité qui juge le réformisme quasi libéral de Strauss-Kahn incompatible avec la radicalité de Ségolène Royal. Mais on peut en douter.

Quant aux journalistes aboyeurs, ils ne cessent de nous étonner par l’énormité de leurs propos, parfois inqualifiables. De Canal + à Europe 1, l’hypercritique s’est déchaînée, au point qu’il est rassérénant d’entendre Catherine Nay, pourtant bien conservatrice, défendre le droit de Ségolène Royal à se présenter.

Nous assistons à nouveau à l’exercice d’une discrimination qui frappe à quelques années de distance la même femme, qui gangrène une bonne partie de ceux qui ont accès aux médias et abusent de leur pouvoir de déclarer quotidiennement ce que bon leur semble. Quant au PS, il a encore bien du chemin à faire pour mettre ses déclarations de principes et de valeurs en accord avec ses pratiques. Mais cette fois, cela passe tout de même moins bien, car des boucliers se lèvent.

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Présidentielles 2012
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