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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 20:00

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Législatives : pourquoi la gauche

doit sauver Ségolène Royal

Source : NouvelObs.com  -  le 11 juin 2012

 

Il serait juste et "normal" que l’ex-candidate à l’Elysée l’emporte à La Rochelle. Pour services rendus à la gauche, au pays… et à la victoire de Hollande.

Il y a quelque chose de profondément injuste dans l’animosité dont Ségolène Royal est aujourd’hui la cible. Les mines réjouies des caciques de l’UMP, mais aussi les sourires en coin de certains élus socialistes, voire de quelques observateurs parisiens qui n’ont jamais souffert l’impie du Poitou, ont quelque chose de malsain. L’ancienne candidate de la gauche à la présidentielle de 2007 se retrouve aujourd’hui piégée, prise en tenailles par une coalition d’intérêts médiocres.

Car enfin, quel est le crime de Ségolène Royal ? Qu’est ce qui lui vaut de voir son destin de parlementaire menacé de partir en fumée sur le bûcher de la sainte Inquisition des authentiques "charentais" pure souche ? 

Faire barrage à "l'intruse"

Candidate à La Rochelle, elle ne s’est pas soumise au vote des militants PS pour faire valider sa candidature. C’est une faute. Soit. Mais les mêmes qui mettent en doute la validité du vote des adhérents socialistes dans de nombreuses fédérations du pays où flotte un parfum de fausses cartes en font, dans ce cas précis, un mode de sélection parfait, symbole d’une démocratie interne irréprochable. On comprend qu’Olivier Falorni, ex-premier secrétaire de la fédération PS de Charente-Maritime, ait fondé l’espoir que cette procédure récompense son pedigree d’apparatchik. Il oublie toutefois un détail : la rue de Solférino ayant réservé cette circonscription pour une candidature féminine, il n’aurait pas pu concourir… Là aussi, on se félicite que la direction du PS torde le bras de quelques caciques socialistes pour offrir un siège aux femmes… sauf lorsqu’il s’agit de faire une place à Ségolène Royal. Etrange.

Quant à l’argument avancé par l’ancien ministre UMP Dominique Bussereau pour voler au secours du dissident, il pourrait prêter à sourire s’il n’exhalait des relents d’apologie du terroir un tantinet malodorants. Bussereau appelle les électeurs de droite à faire barrage à "l’intruse" Ségolène Royal qui n’est même pas de… Charente-Maritime ! Faut-il lui rappeler qu’elle préside aux destinées de la région Poitou-Charentes depuis 2004 et qu’elle a sans doute fait davantage que lui pour la gloire de cet étendard régional ? 

Aigreurs de concurrents

Dominique Bussereau, que l’on connut mieux inspiré, exhorte même les troupes UMP à soutenir Olivier Falorni parce qu’il s’agit d’un "candidat de terrain". Et le "candidat de terrain", lui, ne ment pas, c’est bien ça ? Là aussi, Ségolène Royal est perdante à tous les coups : soit ses adversaires la caricaturent en grande prêtresse du Poitou prête à toutes les excentricités pour défendre le Chabichou ou pour sauver Heuliez, soit ils la repeignent en "intruse" parisienne venue d’ailleurs... Triste sort que d’être ainsi l’objet des aigreurs de ses concurrents. D’autant que Falorni, Bussereau et tous ceux qui à travers la France ont lancé à l’occasion de ces législatives une chasse aux parachutés assez nauséabonde devraient se souvenir que les législatives ne sont pas des élections locales mais nationales.

En l’occurrence, ce scrutin vise à élire des députés de la Nation qui ont mission de faire la loi au Palais-Bourbon, et non pas à désigner des défenseurs d’intérêts locaux, géographiques et catégoriels. Sous la III ème République, Clémenceau, Gambetta, Ferry et tous ceux qui ont conforté cette démocratie parlementaire qui nous est chère changeaient souvent de département et concouraient un peu partout en France, parfois même dans plusieurs circonscriptions à la fois. C’était l’époque où ces pionniers posaient les fondements d’une République authentiquement une et indivisible. 

Attaques sexistes

En fait, Ségolène Royal n’est pas seulement victime de l’appétit d’un irascible ambitieux local qui, devancé au premier tour, aurait dû se conforter au réflexe dit de "discipline républicaine" qui régit, d’ordinaire, les relations entre candidats de gauche. Elle n’est pas davantage menacée par un micro-climat charentais qui condamnerait l’électeur rochelais à opter forcément pour une forme de consanguinité électorale. Non, Ségolène Royal paye sans doute ses erreurs, et d’abord ce caractère bien trempé qui lui a causé tant d’ennemis. Mais elle est surtout victime de ce cénacle politico-médiatique qui n’a jamais vraiment accepté, au fond, cette drôle de personnalité.

Elle n’est pas du sérail et n’est pas parvenue à s’en faire accepter. L’a-t-elle d’ailleurs vraiment cherché? "Madame sans-gêne" du PS, Ségolène Royal ne s’est pas laissé intimider par tous ces éléphants du PS qui n’ont jamais voulu lui céder la place. Elle n’a pas davantage baissé pavillon devant la violence des attaques d’une droite qui l’a si souvent moquée. Elle a enduré sans faiblir nombre d’attaques sexistes, venues de droite comme de gauche. Enfin, elle a contribué à dessiller les yeux de son camp sur nombre de questions sociétales en impulsant l’aggiornamento sur des thèmes comme l’école, la sécurité ou l’environnement, et des valeurs telles le respect, l’autorité ou "l’ordre juste". 

Un chemin de croix parmi les siens

Au final, qu’un de ses ex-camarades tente de l’éliminer avec le concours actif de la droite n’est pas si surprenant pour celle qui eut à subir, en 2007, un traitement d’une violence inédite avec le passage à l’ennemi sarkozyste d‘un des piliers de sa campagne en plein sprint élyséen. Car si Ségolène Royal commit bien des erreurs et maladresses, c’est vrai, son parcours s’apparenta aussi, parfois, à un chemin de croix parmi les siens. Il y eut, en 2007, les crocs-en jambe des multiples des hiérarques socialistes qui voulaient sa perte, la trahison de Judas-Besson en point d’orgue, ou encore les manigances d’Aubry et compagnie pour l’empêcher de s’emparer du PS au congrès de Reims de novembre 2008. Le second tour de l’élection législative de La Rochelle sera-t-elle son ultime station dimanche prochain ?

A se souvenir des services qu’elle a su rendre à la gauche tant en 2007 qu’en se consacrant sans état d’âme à faire triompher son ex-compagnon cinq ans plus tard, et à observer la délectation avec laquelle Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé et tout l’état-major de l’UMP se pourlèche les babines en espérant la chute de l’ex-icône repeinte en sorcière, les électeurs de gauche de la 1ère circonscription de Charente-Maritime doivent comprendre qu’il est de leur devoir de sauver la mise de Ségolène Royal. Ce ne serait que justice.

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Législatives 2012
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