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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 09:00

sarko déroule le tapis rouge pour Hu Jintao

Les droits de l'homme d'affaires

Source : La Voix du Nord  -  le 5 novembre 2010

 

Tapis rouge, gardes républicains à cheval, avenues bouclées, manifestants tenus à bonne distance : la France reçoit depuis hier le numéro un chinois Hu Jintao et rien ne doit venir gâcher le séjour de l'illustre visiteur avant son départ samedi. Pas question, par exemple, de demander la libération du récent prix Nobel de la paix, Liu Xiabo, comme l'ont fait d'autres dirigeants occidentaux beaucoup moins respectueux des bons usages diplomatiques ! 

"Ce n'est pas en reprochant aux gens des choses que l'on fait avancer les dossiers, c'est en essayant de les comprendre", s'est justifié par avance Nicolas Sarkozy avant, suprême attention, d'aller accueillir lui-même à Orly, au pied de la passerelle de l'avion, Hu Jintao et son épouse. Visite d'État rime avec raison d'État car le leader chinois n'arrive pas les mains vides. Le président français veut faire oublier à son hôte les manifestations qui avaient accompagné la traversée de Paris de la flamme olympique en 2008 et sa rencontre la même année avec le dalaï Lama. Deux gifles retentissantes qui ont valu à la France deux années de quasi-bannissement du marché chinois.

Le mois dernier, le silence radio total de l'Élysée à l'annonce du prix Nobel de la paix a montré à la Chine que la France avait tiré les leçons de la crise de 2008 et renoncé à son droit d'ingérence. Après la séquence droits de l'homme de 2008, l'homme d'affaires a repris ses droits ! Hier soir à l'Élysée, ce devait être la fête pour Airbus, Areva et Total, grands bénéficiaires annoncés des contrats apportés dans sa valise par M. Hu qui n'est pas un ingrat.

Pour les géants français de l'aéronautique, du nucléaire et de l'énergie, ce retour en grâce sur le marché chinois est indispensable pour pouvoir continuer à jouer dans la cour des grands face à leurs concurrents américains ou allemands.

Nicolas Sarkozy a une autre bonne raison de soigner son hôte chinois. À quelques jours de prendre la présidence du G20 au sommet de Séoul, il veut convaincre la Chine de le suivre dans ses objectifs de refonte de la gouvernance économique mondiale et de réforme du système monétaire. Ce n'est pas gagné car les dirigeants chinois détestent au moins autant les appels à réévaluer leur monnaie que les appels à libérer leurs prisonniers politiques ! Lors de sa première visite en Chine fin 2007, Nicolas Sarkozy avait déjà mis le sujet sur la table dans un langage très direct, avec le succès que l'on sait... Pas plus que les États-Unis, la Chine n'est prête à renoncer à l'arme de la dévaluation pour doper ses exportations et inonder le marché européen.

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