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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 15:00

 

Francois-Mitterrand---photo-officielle.jpg

par l'équipe de Ségolène ROYAL  -  le 7 janvier 2011 

 

Les discours et les mots de François Mitterrand sont d'une brulante actualité. Ainsi alors que le gouvernement a porté une très grave atteinte aux retraites et à la sécurité sociale, nous vous invitons à lire ou relire cet extrait de la Lettre aux Français que le président François Mitterrand a envoyée en 1988 aux citoyennes et aux citoyens de notre pays :

 

Lettre à Tous les Français  - La Sécurité sociale

 

La Sécurité sociale a été conquise par les millions de femmes et d'hommes qui avaient à se protéger de l'univers impitoyable des débuts de l'âge industriel. Ils souffraient d'exclusion, d'insécurité, de misère. Chacun de leurs droits faisait l'objet de dures batailles, parfois sanglantes, droit au salaire, droit au repos, droit à l'arbitrage, droit à l'instruction, droit de la femme, droit de l'enfant... Le récit de ces luttes jalonne l'histoire du siècle dernier et du nôtre. Il fallut longtemps pour que fût reconnu le droit à la sécurité. Les salariés obtinrent leur première victoire en 1930 avec les assurances sociales obligatoires.

La législation actuelle, due en 1945 au gouvernement du Général de Gaulle où siégeaient l'ensemble des courants politiques de l'époque, en est directement l'héritière. Ainsi naquit la Sécurité sociale. Ceux qui l'ont conçue, inspirés par les enseignements de la mutualité, toujours vivante chez nous, voulaient en faire un instrument de liberté et la soustraire, pour cela, à la loi de l'argent. Chacun devait cotiser en fonction de ses ressources et recevoir en fonction de ses besoins. Ce principe qui a, certes, subi des entorses en plus de quarante ans, a tracé une direction qui dure encore.

La France a pu de la sorte éviter la déviation d'une Sécurité sociale à deux vitesses, l'une pour les riches, l'autre pour les pauvres, et s'honorer d'un système de santé sans égal dans le monde.

Mais la crise est là. Les recettes diminuent, les dépenses augmentent. Le chômage, l'allongement de la vie, le progrès médical conjuguent leurs effets néfastes ou bénéfiques et creusent les déficits. Alors on s'interroge. Et s'ouvre le débat que l'élection présidentielle aidera à trancher. La santé, qu'on me pardonne de l'écrire, n'est pas donnée à tout le monde. La maladie et l'accident surgissent à l'heure imprévisible.

Peuvent-ils être traités par la loi du marché ? Le malade recevra-t-il des soins proportionnés à sa prime d'assurance, laquelle dépend de son revenu ? Médecine pour les riches, médecine pour les pauvres ?

Ce n'est pas la première fois que la Sécurité sociale connaît des difficultés. Le gouvernement de Pierre Mauroy, à peine formé, s'est trouvé, en mai 1981, devant un déficit des régimes sociaux tandis que le pouvoir d'achat des allocations familiales et du minimum vieillesse accusait un retard considérable.

Deux ans plus tard les comptes étaient redressés : 11 milliards d'excédent en 1983, 16 milliards en 1984, 13 milliards en 1985. A l'arrivée de la nouvelle majorité, la Sécurité sociale possédait de 20 à 30 milliards en trésorerie. C'était le fruit d'une sage gestion. Or, malgré trois plans de redressement depuis mars 1986, c'est un déficit de 19 milliards qui s'annonce pour 1988. Je sais qu'il n'est pas commode d'équilibrer la Sécurité sociale. Mais que veulent les dirigeants politiques ?

Les assurances privées sont à l'affût. Elles rôdent autour de la proie. Un signe, et elles s'en saisiront. Une psychose de faillite s'est répandue. Peut-être espérait-on, en dénonçant à tous les vents le fameux " trou de la Sécu ", que l'opinion finirait par admettre le recours massif aux formules individuelles d'assurances privées ou de prévoyance. De même, il n'était bruit que du coût du régime de la retraite, de l'impossibilité où l'on serait bientôt de payer. Affolement prématuré.

Les retraites auront probablement besoin de ressources nouvelles dans les prochaines années, mais elles ne sont pas à bout de souffle.

Peut-être espérait-on précipiter par ce discours la remise en cause de la retraite à soixante ans.

L'explication du déficit enregistré à la fin 86 par la branche maladie se trouve, je crois, dans des défaillances de gestion. L'erreur initiale du nouveau gouvernement a été de laisser filer en 1986 les dépenses de santé, pour les freiner ensuite de façon aveugle. Certaines mesures injustes pénalisant les grands malades et les personnes âgées, et sur lesquelles j'attends que l'on revienne, auraient pu être évitées. Des économies restent possibles, par exemple par l'évaluation des techniques médicales, par les soins à domicile, par la formation du corps médical à l'économie de la santé et par la prévention à laquelle les médecins généralistes devraient être largement associés. Le prochain gouvernement appréciera l'état réel des comptes. Le rapport des Sages et celui du Conseil économique et social l'y aideront.

Mais puisque l'élection présidentielle vous donne l'occasion de choisir, au-delà des personnes en présence, un type de société, vous avez à vous prononcer sur cette simple option : voulez-vous que, de proche en proche, la couverture sociale assurée par les régimes obligatoires se réduise, tandis qu'une part de plus en plus grande des prestations ne sera accessible qu'aux plus aisés ? Ou bien voulez-vous maintenir sans ambiguïté ce formidable acquis qu'est la Sécurité sociale ?

Vous connaissez mon choix : quoi de plus nécessaire que la solidarité des Français face à la maladie et à la vieillesse, telle qu'elle est assurée, suivant le principe de répartition, par notre régime général et nos régimes de retraite complémentaire ?

Le repli sur les assurances individuelles laisserait des millions de gens sur le bord de la route, rejetant les plus exposés et les plus démunis vers l'assistance pure et simple, tandis que le système d'assurance individuelle sélectionnerait les "bons risques" et laisserait à la collectivité la charge des "mauvais". Les salariés, cadres et non cadres, sont, comme moi, attachés à ce régime de répartition.

L'un dit " chacun pour soi ", l'autre dit " un pour tous et tous pour un ". Je respecte l'individualisme, mais, en pareil domaine, je préfère la solidarité.

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