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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:00

Juliette Méadel

 

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la Première Secrétaire,

Mes chers camarades,

 

C’est la première fois que je m’exprime devant vous et si je le fais, c’est parce que nous pensons, avec Gaétan Gorce, Jean-Louis Bianco et toute l’équipe de Question de Principes, que la situation politique exige un sursaut. Oui, j’ai bien dit politique.

Nous connaissons la situation économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons, je ne veux pas m’étendre : 0,8 % de croissance en 2013, plus de 3 millions de chômeurs, une baisse inquiétante de notre commerce extérieur et de notre compétitivité. Le gouvernement y travaille avec acharnement, aidons le au mieux et de toutes nos forces en responsabilité et en loyauté.

Ce dont je veux vous parler, et que nous n’avons pas assez évoqué jusqu’à présent, c’est de l’état de notre système institutionnel et politique, en un mot : de la crise de confiance de nos concitoyens dans la politique.

En 2011, plus de quatre Français sur cinq estiment que les hommes politiques ne se préoccupent pas assez des sujets qui les concernent. L’abstention aux élections législatives est en augmentation constante depuis 1993, plus de 40% des Français se sont abstenus aux dernières élections législatives et près d’un tiers des Français  ont voté pour les extrêmes au premier tour de l’élection présidentielle.

Que nous disent les Français ? Ils ont dit le manque de confiance, ils ont dit le souhait d’un nouveau discours politique. Plus simple, plus franc et plus direct. Ils ont dit leur sentiment que la parole publique était souvent entachée de l’ombre d’un doute.

Pourquoi l’ont-ils dit alors que des milliers d’élus locaux, dans les villages de France comme dans les quartiers, se battent, chaque jour pour préserver ce lien social dont nous avons besoin pour que les plus faibles, les plus isolés ne restent pas au bord de la route ? Pourquoi, pour la première fois de notre histoire (au moins celle des sondages) la confiance envers les maires régresse-t-elle ?

Pourquoi, pourtant, tant de nos concitoyens engagés dans des associations, des collectifs, des mouvements pour l’environnement, pour la santé, pour la vie locale, pour l’école ou la protection de l’enfance, se méfient-ils de plus en plus du monde politique ? Nous savons tous, pourtant aujourd'hui, à quel point l'exercice politique est risqué, difficile, peu rémunérateur et envahissant. Pourquoi ce décalage entre deux mondes : le monde politique et la société civile ?

Nous sommes en train de glisser dans une politisation négative, c'est-à-dire une défiance à l'égard des politiques et un espace ouvert pour le populisme. C'est à la réconciliation de ces deux mondes là que nous devons nous atteler. Et c’est cela que notre motion « Questions de principe » veut porter.

Voici notre trois objectifs : démocratiser la démocratie, miser sur la parité partout et réinventer le Parti Socialiste.

 

I - Notre premier objectif est de démocratiser la démocratie

Qu’est ce que ça veut dire ? ça veut dire à la fois mettre le débat démocratique au centre de la vie politique et non plus à ses marges et régénérer le monde politique.

Le débat démocratique, je l’ai dit, a lieu partout, oui, il a lieu partout sauf dans les partis politiques. Même le nôtre qui a su être exemplaire au moment des primaires bute devant la désignation de son principal représentant. Le débat politique a lieu partout dans les mouvements civils, civiques et associatifs dans lesquels, depuis vingt ans, bat le cœur de notre démocratie. Et bien, ce débat démocratique, allons le chercher ! Aidons-le non pas à vivre (il a montré qu’il n’avait pas besoin de nous pour cela), mais à se réconcilier avec le politique. Nous devons travailler avec ces collectifs pour changer la manière dont sont prises les décisions.

C’est pour cela que nous appelons à ce que j’appelle l’acte III de la décentralisation, non plus celle des territoires car les nouvelles technologies redéfinissent la notion de local et de global, mais la décentralisation des pouvoirs.

Mais pour instaurer cette confiance citoyenne qui nous fuit, il nous faut adopter une nouvelle éthique politique. Cela veut dire qu’il faut que nous réfléchissions à nos principes, que nous en décidions collectivement et que nous les affichions très clairement. Nous en appelons à une nouvelle déontologie socialiste. Nous ne pouvons pas nous en remettre à la justice. Posons nos principes, soyons transparents et rendons compte devant les citoyens de leur application. Notre motion, elle aussi, s’engage pour le non-cumul des mandats maintenant. Mais cela ne suffira pas à définir cette nouvelle déontologie. Il faudra par exemple aussi penser un statut de l’élu qui permette à tout salarié de faire de la politique tout en gardant son emploi.

 

II - Notre deuxième objectif est de miser sur la parité partout

La première condition de cette exemplarité à laquelle nous appelons, c’est le respect de la parité. Bien sûr notre gouvernement a donné l’exemple. Mais nous sommes encore loin du compte. Comme le signalait un quotidien, avec le départ de Martine A, les sept principaux personnages du monde politique sont des hommes -ou vont l’être ;)

Nous regrettons, je regrette tout particulièrement, que la bonne formule du ticket (nous avons nous mêmes, avec Gaétan Gorce, innové avec cette formule du tandem) se soit traduite ici par une couple (mon féminin souligne, vous l’aurez compris, son caractère exclusivement masculin ;-) Une femme qui cède la place à deux hommes ; un tel ticket, c’est zéro pour cent pour la parité. Je sais bien qu’il faut au moins deux hommes pour remplacer une femme… Et quelle femme !

Cette meilleure représentativité est juste, elle est indispensable, mais elle n’est pas seule à motiver la nécessité de la parité. La parité a aussi des conséquences importantes, cruciales pour l’économie générale du pays. Comme l’a montré par exemple Esther Duflot, les décisions prises par les femmes en situation de gestion de projet privilégient le long terme. et l’avenir n’attend pas. L’équilibre de nos politiques publiques et la restauration du lien perdu entre le citoyen et la politique passent aussi par le respect de la parité.

 

III - La rénovation du PS

Enfin, il nous faut réinventer le PS, définir son rôle nouveau dans une situation inédite pour la gauche et une crise incomparable.

Il n’y a pas de désengagement citoyen dans la chose publique. Bien au contraire, je vous le dis. Mais il y a une crise du politique. Le PS doit être à l’avant-garde des mouvements citoyens et donc renouveler son mode de fonctionnement.

Passons sur le processus de désignation qui a été adopté pour le Congrès de Toulouse. Cela fait aujourd’hui, à l’heure du dépôt des motions, parti du passé. Ce qui compte maintenant, c’est de porter la rénovation démocratique du parti socialiste afin de rester le plus grand parti démocratique français.

Ce renouvellement démocratique ne pourra se faire que par et dans le respect de trois principes, qui doivent être inscrits dans les statuts :

1er principe, la transparence : en pratiquant sans état d’âme le respect du non cumul des mandats ; en valorisant et en cultivant les idées et les capacités personnelles de chacun des membres du parti, quelles que soient leurs responsabilités ; en faisant de l’éthique la première de nos valeurs ; en construisant un parti encore plus à l’image de nos valeurs de simplicité, de responsabilité et d’humanité ;

2e principe : la représentation de tous, quelle soient leur sexe et leur origine, mais aussi la représentation des collectifs, des personnes engagées, de ceux qui se mobilisent à l’avant garde de la participation ;

3e principe, la démocratie participative ; la rénovation du PS passe aussi par la valorisation des outils les plus modernes et les plus directs d’échange et de communication. Nous voulons un parti ouvert, où les sympathisants sont les bienvenus (il faudra mener une réflexion sur ce statut et permettre des modes d’adhésion plus souples, plus libres, plus diverses) ; nous voulons un parti décentralisé, qui met ses adhérents au cœur de son fonctionnement et rapproche de ses membres le pouvoir de décider ; nous voulons un parti qui travaille avec syndicats, associations et mouvements associatifs et qui soit capable, ainsi de mener les réformes stratégiques pour l’avenir comme la transition écologique.

Chers camarades, l’enjeu est de taille : qu’il ne soit pas dit que le parti des primaires ouvertes n’a pas été capable de se moderniser. Le rôle du PS est de retisser le lien distendu entre le monde politique et les citoyens.

C’est cela notre premier objectif. C’est cette mission que nous souhaitons que le congrès de Toulouse assigne à la nouvelle équipe dirigeante et c’est pour que cet objectif soit pris en compte que nous présentons une motion. Engageons-nous maintenant dans la voie du changement.

Si la rénovation du parti socialiste est adoptée, c’est au renouvellement de la démocratie française tout entière que nous contribuerons. L’avenir de notre démocratie est entre nos mains. Nous aurons une responsabilité historique si, en 2017, l’abstention et les partis extrêmes progressent. L’avenir de notre démocratie, c’est l’avenir de nos enfants. L’avenir n’attend pas, alors engagez vous avec nous pour faire de ce congrès un congrès pour changer.

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Congrès PS 2012
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