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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:00

 

ORTS---fev2009.jpg 

 

 

Sarkozy à la télévision :

bienvenue en Papouasie...

Source : L'Express.fr  -  le 26 octobre 2011

 

 

 

Passée par L'Express, une équipe de la TSR est venue nous interroger sur les conditions de l'entretien qu'accordera demain Nicolas Sarkozy à TF1 et France 2. Nos moeurs politico-audiovisuelles ont déconcerté nos confrères suisses.

Le journaliste est éberlué et éclate de rire quand je lui demande si le président de la Confédération suisse désigne lui-même les journalistes chargés de l’interviewer sur les antennes de la Télévision suisse romande! 

Bienvenue en Papouasie, devinait-on dans le regard interloqué et amusé d’un confrère que les mœurs politico-audiovisuelles de notre beau pays déconcertent pour le moins. Ces mêmes journalistes ont croisé ce matin le président de l’UMP, Jean-François Copé, à qui ils ont demandé s’il jugeait normal que ce soit une société privée, désignée par l’Elysée, qui réalise ledit entretien présidentiel et non les chaînes diffuseuses, reléguées au rang subalterne de simples observatrices. L’intéressé se serait emporté en expliquant qu’il ne comprenait pas cette question idiote, car ce choix, selon Copé, relevait simplement d’une application de la loi du marché. Un marché aux mœurs, là encore, pour le moins rudimentaires: l’Elysée choisit, l’Elysée désigne. Y compris les deux journalistes chargés d’interroger le chef de l’Etat, en l’espèce Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaut: une vieille coutume locale, là encore, qui ne froisse plus personne.

Pas même les journalistes de TF1 ou de France Télévisions. Cette même équipe de la télévision suisse a tenté de faire réagir quelques journalistes de France Télés, qui ont semblé, les uns embarrassés, les autres résignés ou peu concernés.

C’est à l’occasion de ce type de rencontres que l’on touche du doigt à quel point notre profession se satisfait d’un conformisme qui confine à la démission. Au motif que ces pratiques d’un autre temps feraient partie de notre ADN commun, chacun évite d’aborder la question et feint d’ignorer le problème. On s’offusquerait presque quand le confrère suisse ose évoquer une « république bananière» qui voit un prince disposer à sa table les ronds de serviette de journalistes méritants…

J’entends déjà ceux qui vont m’accuser de développer un tropisme fatiguant, de radoter en  enfonçant ce vieux clou dans une belle indifférence! Tant pis.

Quand viendra le jour où les journalistes politiques unanimes, et leurs représentants, fixeront eux-mêmes les règles et refuseront de n’être qu’un élément du dispositif de communication du pouvoir en place? Nous nous grandirions à franchir ce pas.

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