Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mémoire ...

Recherche

Contact

Archives

Intro

5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 10:00

la girouette politique 

Or donc, les ministres sarkozystes n'en sont plus à un retournement de veste près. Il y a une semaine, le ministre des Transport Thierry Mariani, reprochait à la CFDT de SEAFRANCE (880 emplois en jeu !) :

- de s'arquebouter sur son projet de SCOP : "On est dans le jusqu'au-boutisme, je dirais même du fanatisme qui nous mène au suicide collectif"

- de refuser d'examiner une autre offre ... qui n'est pas venue, Monsieur le ministre, puisque devant le Tribunal de Commerce le SEUL PROJET déposé fût celui de la SCOP 

Puis, son Altesse a parlé : je vais sauver SEAFRANCE ... de la même manière qu'il avait promis en Lorraine, à propos de GANDRANGE, "je vais la sauver, moi, votre usine" ! On connaît la suite. Alors, c'est bon, allons-y pour la SCOP dit le ministre ! 

Une autre solution ? Ah oui, que répond Mariani quand la CFDT déplore, à juste titre, le rejet de toute possibilité de financement impliquant, par exemple, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) de l'Etat ??? Rien lu sur ce point. 

.

SeaFrance, le coup de poker

par Daniel Schneidermann - arretsurimages.net  -  le 03/01/2012

 

A quoi reconnait-on un animal politique aux abois ? A la magnifique manoeuvre de Sarkozy dans le dossier SeaFrance, par exemple. En quelques minutes, lundi matin, Sarkozy a amené deux de ses ministres, Mariani et Kosciuzko-Morizet, à se dédire, et à soutenir le plan de création d'une coopérative ouvrière par la CFDT de l'entreprise maritime de Calais, plan qu'ils jugeaient irréaliste quelques heures plus tôt. Mais tout est dans le détail supplémentaire: avec cynisme, le pouvoir fait aux salariés le cadeau empoisonné d'une indemnité de licenciement "supra-légale", à charge pour eux de la réinvestir dans la future éventuelle SCOP.  JTs de lundi soir, et informations radio du mardi matin, ont repris l'information, insistant comme il se doit sur le reniement de Mariani, parfait dans le rôle du mangeur de chapeau, et laissant déjà entrevoir l'embarras des salariés. Au-dessus du coup de poker, plane une image-souvenir: Jospin, en 2002, étalant son impuissance devant les ouvriers licenciés de Lu. Tout, plutôt qu'être pris en flagrant délit d'impuissance.

Encore le tam-tam audiovisuel a-t-il, comme d'habitude, gommé les détails. D'autres informations soulignent encore mieux l'ampleur du reniement gouvernemental. Ainsi, il faut bien chercher dans les coins, pour apprendre que la CFDT a refusé une offre de reprise, qui aurait préservé 460, voire 600, des 880 emplois de l'entreprise. Et il faut encore mieux chercher, pour lire le détail d'un rapport de la Cour des comptes, sévère pour la même section CFDT de SeaFrance (accusée de porter une lourde responsabilité dans la déconfiture de la filiale de la SNCF, notamment pour avoir favorisé les recrutements de complaisance, etc). Ce rapport avait pourtant été publié dès octobre dernier.

En période ordinaire, on imagine quelle utilisation de ce rapport de la Cour des comptes aurait été faite par le pouvoir et ses relais, pour justifier leur intransigeance. Mais on n'est pas en période ordinaire: par exemple, Le Figaro de ce jour ne fait même pas état du rapport cité par Atlantico, dont il se fût pourléché dans un autre contexte. Dans cette manoeuvre, le cynisme est partout : dans le cadeau, dans le poison, dans le tempo. Le plus fascinant, dans la manip, c'est que rien n'est caché, ni ce cynisme ni les pièges, pour peu que l'on fouille un peu. Mais peu importe. Sarkozy compte désormais sur le rythme du sprint, pour ne laisser dans l'oeil des électeurs que l'impression rétinienne du président qui tente tout pour sauver l'emploi. Cela fonctionnera-t-il ? Impossible à discerner déjà. C'est le propre des coups de poker : ça passe ou ça casse.

.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents

Européennes 2009


...

Ma sélection musicale

Musique à la demande