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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 17:00

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Ségolène est revenue ...

Source : NOUVELOBS.COM  -  le 5 mai 2011

 

Quand il s'agit de mobiliser les classes populaires, le magnétisme de Ségolène Royal n'a pas d'équivalent à gauche. Par Jean-Claude Guillebaud

 

Ce dimanche, la maigreur des défilés du 1er Mai contrastait avec une souffrance sociale que l'on sait partout aggravée. Les responsables syndicaux en convenaient : il y avait peu de monde dans les rues. Et cela, une semaine après l'immolation par le feu d'un salarié de France Télécom en Gironde, dont on aurait pu penser qu'elle "indignerait" le pays tout entier. On soufre en France mais la colère n'explose pas, ou peu : le symptôme est déroutant. Je pensais à une vieille chanson de Bob Dylan (1965) : "Il se passe quelque chose ici. Mais vous ne savez pas quoi. N'est-ce pas, Monsieur Jones ?" 

Interrogé sur une chaîne de télévision, l'un des marcheurs du 1er-Mai s'en prit vertement aux appareils des partis et des syndicats. Il leur reprocha d'être lointains, inaudibles, décalés. Le même jour, un autre cortège voyait le nombre de ses marcheurs doubler par rapport à l'an dernier : celui de Marine Le Pen, laquelle, sur fond de drapeaux tricolores, en appela aux grands résistants de l'Histoire, de Victor Schoelcher à de Gaulle.

Le transvasement des voix populaires se poursuivra-t-il encore et encore ? Une chose est sûre : il y a urgence à gauche. Le "peuple" s'éloigne. 

 

On ne répondra pas à cette urgence en sautillant d'un sondage à l'autre. Ni en guettant, comme les aruspices romains, un clignement de sourcils du sauveur venu d'Amérique. La panne durable dont souffre le PS ne tient pas seulement aux "idées" (il en a). Elle est d'abord affaire d'incarnation, de charisme. Pour cette raison, l'incertitude sur la primaire devient un brouillard toxique qui brouille dangereusement le paysage. Auront-elles vraiment lieu ? Deviennent-elles superflues, comme l'avançaient déjà ce même dimanche plusieurs partisans de Dominique Strauss-Kahn ? 

C'est habité par ces questions qu'on écouta Ségolène Royal, invitée sur la 5. On la prétend hors du jeu, ringardisée, ostracisée, brisée. Elle ne donna pas cette impression. Vieux procédé journalistique, on lui demanda d'emblée si elle avait changé, si l'épreuve l'avait mûrie. Dans un grand sourire, elle confirma qu'en matière d'épreuves elle avait eu son lot. Elle s'en tint là. Pour le reste, l'évidence de son "retour" et la force de sa détermination crevaient l'écran. Ce qui ne me tue pas me rend plus fort... Oui, elle ira jusqu'au bout. Non, rien n'est joué et la primaire doit avoir lieu. Laconiquement, elle reconnut en avoir parlé ces jours-ci avec le directeur du FMI. 

Nul ne sait ce qu'il adviendra de l'insubmersible dame en rouge, mais elle peut encore créer la surprise. Le PS aurait tort de pilonner sans réfléchir celle qui l'embarrasse tant mais peut le servir. Au-delà des défauts répertoriés (l'imprévisibilité de ses humeurs, par exemple), ses atouts sont toujours là. Quand il s'agit de mobiliser les classes populaires, le magnétisme de Ségolène n'a pas d'équivalent à gauche. Si la présidentielle implique la rencontre entre une personne et un peuple, alors celle qui "accroche la lumière" n'est pas la plus mal placée. Même chose en matière d'intuition politique.

Une lecture attentive du programme socialiste montre que plusieurs des idées ségolénistes ont fait leur chemin : le projet de création d'une banque publique d'investissement, la lutte résolue contre les licenciements boursiers, une ponction sur les profits pétroliers, la modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction du niveau de réinvestissement, etc. On s'en moquait hier, on les reprend aujourd'hui. 

Quant au fameux "procès en incompétence" qu'on lui intenta, en l'opposant à l'excellence de Nicolas Sarkozy, on en sourit maintenant si l'on pense à l'état du pays.

Reste qu'après avoir recueilli 17 millions de voix en 2007, Ségolène fut vaincue. Choisit-on un vaincu pour mener l'assaut ? Pour Ségolène, la question est sans objet. François Mitterrand, dont elle se veut l'héritière, fut deux fois vaincu (1965 et 1974) avant de l'emporter en 1981. Alors ? Si l'ascension méritée de François Hollande tourmente aujourd'hui les straus-skahniens, les mêmes ne devraient pas tenir pour négligeable le retour annoncé de celle qui fut sa compagne.

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Présidentielles 2012
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