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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 15:00

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Laurent Cordonnier :

"Total a absolument les moyens

de sauver nos territoires"
Source : La Voix du Nord, le 15 février 2010

 

L'économiste de Lille 1, collaborateur du "Monde diplomatique", éclaire en toute lucidité le bras de fer qui oppose une direction générale aux salariés d'une multinationale.

En grève depuis le 12 janvier, les salariés de la raffinerie Total de Dunkerque sont prêts à prendre "possession de l'outil de travail" dès demain...


Comment peut-on en arriver à occuper une usine ?

"L'idéal des grandes firmes est d'aller produire là-bas, ailleurs, où les coûts de main-d'oeuvre sont les plus bas en espérant revendre cher ici, pour en tirer profit. Mais comment acheter ici si les revenus et le pouvoir d'achat ne suivent pas ? S'il y a donc du chômage et de la précarité ? Je prône, avec d'autres, l'ancrage territorial des activités et des revenus. Les projets d'entreprises et d'enrichissements doivent circuler mais on doit s'installer là où on veut vendre."


En quoi Total est-il critiquable aujourd'hui ?

"Si on veut vendre ici, il faut produire ici. On sait, en économie, que la recherche du profit sans investir, c'est forcément du chômage. Les seuls qui ont le pouvoir dans l'entreprise, ce sont les actionnaires et leur dictature est toujours en place. La logique des actionnaires est la rentabilité à court terme, ce qui empêche tout développement territorial à long terme. C'est tout bonnement impossible. En exigeant 15 à 20 % de retour sur les fonds propres, Total pourrait se demander comment on se reconvertit dans une région comme la nôtre. Total a absolument les moyens de sauver nos territoires. Le solaire ? Autre chose ? Qu'est-ce qui empêche la firme de décider de son avenir en ce sens ?

Ça va se durcir socialement, ils sont en train de semer de la folie. Car on pourra toujours dire que c'est moins cher ailleurs..."


Sommes-nous ainsi dans l'impasse à Dunkerque ?

"Tous les projets qui ne franchissent pas la barre des 15 % de retour aux actionnaires sont écartés. Il ne suffit pas d'être rentable, il faut être hyper rentable. La solution ? Que les politiques imposent un nouveau cadre à l'organisation du commerce en Europe, ce que le traité de Lisbonne interdit pour l'instant. Que la concurrence soit supprimée en son sein, que les coûts salariaux soient harmonisés.

Dans le cas contraire, on y va déjà, la prospérité quittera les anciens territoires industriels."

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