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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:00

 

Sur le blog de Jean-Louis BIANCO  -  le 19 décembre 2011

La mort d’un juste

 

Vaclav Havel vient de mourir …

Je me souviens de sa lettre de 1975 au dirigeant communiste Gustav Husak, où il dénonçait "le règne de la peur, du mensonge et de la corruption".

Vaclav-Havel-avec-Francois-Mitterrand.png

Je me souviens de sa venue à l’ambassade de France le 9 décembre 1988 lors de la visite de François Mitterrand à Prague, alors que le régime n’était pas encore tombé. Il nous avait dit, avec son humour si caractéristique : "J’ai emporté une petite valise avec ma brosse à dents et mon pyjama, parce que je ne sais pas si je ne vais pas être arrêté en sortant d’ici".

Je me souviens de son installation au Hradcin, le palais présidentiel, où il était comme un enfant découvrant les longs couloirs, les nombreuses salles, et où il se déplaçait … en trottinette ! Pour égayer le lieu, il avait accroché des tableaux modernes peints par ses amis.

Je me souviens de conseillers en jeans et à queue de cheval.

Je me souviens de son premier discours de Président, le 1er janvier 1990, ou il disait :

"Chers concitoyens,
Depuis quarante ans, vous avez toujours entendu le premier jour de l’année, de la bouche de mes prédécesseurs, le même discours, avec seulement quelques variantes : comment notre pays fleurissait, combien nous avions fabriqué de nouveaux millions de tonnes d’acier, combien noussomme tous heureux, combien nous avons confiance en notre gouvernement et quelles belles perspectives s’ouvrent devant nous !
Je suppose que vous ne m’avez pas proposé à ce poste pour je vous mente à mon tour. Notre pays ne fleurit pas. Le grand potentiel créateur et spirituel de nos nations n’est pas utilisé commeil se doit. Des branches entières de l’industrie produisent des choses qui n’intéressent personne, tandis que ce dont nous avons besoin nous manque toujours. L’Etat, qui s’appelle Etat des ouvriers, humilie et exploite les ouvriers. Notre économie arriérée gaspille une énergie rare. Le pays qui pouvait être fier, autrefois, de l’érudition de son peuple dépense tellement peu pour l’enseignement qu’il se trouve aujourd’hui à la soixante-douxième place mondiale dans ce domaine.
Mais cela n’est pas encore l’essentiel. Le pire est que nous vivons dans un milieu moral pourri. Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir. Nous avons appris à ne rien croire, à ne pas prêter attention l’un à l’autre, à ne nous occuper que de nous-mêmes. Des expressions comme l’amour, l’amitié, la pitié, l’humilité ou le pardon ont perdu leur profondeur et leur dimension et ne signifient, pour nombre d’entre nous, qu’une sorte de particularité psychologique aussi désuète que des salutations oubliées du temps passé, un peurisibles à l’heure des ordinateurs et des fusées cosmiques.".

Face à tous les totalitarismes, face à toutes les lâchetés, n’oublions pas la leçon de Vaclav Havel.

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