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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 10:00

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La bataille contre la légalité de la primaire PS fait pschit

Source : L'EXPRESS.fr  -  le 7 avril 2011

Gérard Larcher avait déclaré que la commission des Lois du Sénat allait se pencher sur la légalité du scrutin socialiste. Mais cette même commission s'est déclarée incompétente. L'UMP n'a pour l'instant plus de recours.

24 heures après le début de son offensive, l'UMP manque-t-elle déjà de munitions? Mercredi matin, à la sortie du bureau politique du mouvement présidentiel, Jean-François Copé affiche la couleur: "On va taper sur le PS." En suivant deux axes : 1) le programme socialiste est un recyclage de vieilles idées 2) la primaire n'est même pas légale.  

Si le premier front a parfaitement été tenu par les fantassins de l'UMP, le second s'effrite déjà. Car, l'élu qui devait porter le coup fatal a été désavoué ce jeudi. Mercredi, Gérard Larcher, président du Sénat, déclare qu'il va demander à la Commission des Lois de vérifier la légalité du processus imaginé par le PS.  

Le lendemain, le président de cette même commission, l'UMP Jean-Jacques Hyest, revient, pour LEXPRESS.fr, sur les propos de son président: "Je n'ai pas été saisi et je ne le serai pas, tout simplement parce que je ne suis pas compétent dans ce domaine." 

Mais que reproche au juste l'UMP à cette primaire? L'utilisation par le PS des listes d'émargement.

Pour faire simple, les socialistes vont récupérer les listes électorales auprès de chaque commune, ou les reconstituer, grâce aux fichiers de l'Insee, dans les zones rurales, là où elles ne sont pas informatisées. Les assesseurs, dans chaque bureau, cocheront ensuite les noms de ceux, qui auront accepté de signer la charte des valeurs de gauche et de payer un euro pour glisser leur bulletin dans l'urne. Pour l'UMP, le PS aura ainsi accès à un fichier des électeurs de gauche.  

Le Conseil constitutionnel est (lui aussi) incompétent

"La mise à disposition des listes électorales ne me pose pas de problème, explique Jean-Jacques Hyest. Mais à titre personnel, je craignais que, grâce aux registres d'émargement, le PS puisse constituer un fichier. Sur ce point, la réponse de François Lamy me satisfait."  

Car, le conseiller politique de Martine Aubry s'est empressé de répondre aux critiques de l'UMP, en expliquant que ces registres seraient détruits après le scrutin, sous contrôle d'un huissier de justice.  

Ces questions de légalité ont surgi dans le débat politique sans prévenir, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après leur examen par le PS. Les socialistes avaient ainsi déjà consulté la Cnil, la Commission des comptes de campagne, et le Conseil constitutionnel. Cette dernière instance serait d'ailleurs la plus légitime pour déclarer illégale la primaire. Mais début mars, le Conseil répondait déjà à LEXPRESS.fr :"Aucun texte ne nous donne de pouvoir de contrôle sur une primaire. Nous ne sommes pas compétents." Ce qu'a confirmé mercredi, son président, Jean-Louis Debré.  

Quel recours pour l'UMP contre la primaire PS?

Pas de contrôle par le Sénat, ni par l'Assemblée nationale, ni par le Conseil constitutionnel. Quel recours reste-t-il à l'UMP? Les tribunaux administratifs. Dans chaque commune, un citoyen pourra saisir la justice. Mais seulement après le scrutin.  

Cela n'arrange guère le parti majoritaire, qui entendait mener campagne contre le PS aujourd'hui, au moment où le projet socialiste focalise l'attention et où l'UMP se divise.  

C'est d'ailleurs le message que relaient les socialistes, dont Jean-Christophe Cambadélis: "C'est une manoeuvre de diversion." Pour Jean-Pierre Bel, président du groupe PS au Sénat, la prise de position de Gérard Larcher "est partie d'une réunion du bureau de l'UMP, ce qui laisse bien l'impression que cette mission lui a été directement confiée par Jean-François Copé, et que cet exercice de démocratie citoyenne les gêne".  

Le Sénat a en tout cas peu apprécié cette irruption sur le terrain de la "petite" politique. "C'est une erreur du président du Sénat de rentrer dans ce jeu. Il n'appartient pas à une assemblée politique de s'occuper de cela", relève Jean-Pierre Bel. "C'est ennuyeux que certains oublient que le Sénat est au-delà des polémiques, mais cela fait partie des petits plaisirs", juge Jean-Jacques Hyest.  

Des petits plaisirs dont la classe politique va pouvoir se délecter pendant encore un an. Jusqu'à la présidentielle.  

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:00

 

Quelques semaines avant la récente tentative de l'UMP (par l'entremise de Gérard Larcher, président du Sénat) de remettre en cause la légalité des primaires socialistes, il y avait eu un premier ballon d'essai. Quand, par quel aboyeur de l'UMP, je ne sais plus ? Mais j'ai retrouvé dans mes archives (ça peut toujours servir) la mise au point de Jean-Pierre MIGNARD datée du 2 mars 2011 :

jean-pierre-mignard---le-point.jpg 

"La question de la légalité des primaires socialistes

est absurde"

Source : NOUVELOBS.COM  -  le 2 mars 2011

 

L'avocat Jean-Pierre Mignard, membre de la Haute Autorité de la primaire du Parti socialiste, assure que l'organisation est "parfaitement démocratique et constitutionnelle".

La primaire socialiste est-elle légale ?

Quelle bizarrerie ! J'ai pris connaissance de cette question avec étonnement… Je ne vois pas pourquoi la consultation de millions de personnes ne serait pas légale. Bien au contraire la consultation est à la fois légale et légitime. Ce reproche est absurde.

La Constitution donne aux partis politiques la mission de concourir au suffrage universel et par exemple en offrant le choix de leurs représentants aux citoyens. Le Parti socialiste entend améliorer les conditions de ce choix en y associant ses électeurs. L'objectif me parait tout au contraire parfaitement démocratique et constitutionnel.

Les listes d'émargement doivent-elles être remises au Conseil constitutionnel après le vote ?

C'est une consultation partidaire, financée par le PS sans l'aide de l'Etat, le Conseil constitutionnel n'a rien à voir dans cette affaire. La Haute autorité est en quelque sorte le conseil constitutionnel de cette opération. Nous allons demander que deux délégués référents soient présents dans chaque département en plus des représentants de chaque candidat. La Haute Autorité sera aussi entourée d'experts et aura son propre site internet.

Que deviendra le fichier des votants ?

Il faudra un débat approfondi avec la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) sur ce point. Les personnes qui ne souhaitent pas qu'on conserve la trace de leur nom devront pouvoir le faire savoir. Les droits des personnes seront respectés scrupuleusement.

Mais les vraies difficultés seront d'assurer la possibilité de voter au maximum de personnes. C’est un nouveau droit qui se doit d’être effectif.

Le scrutin  est  ouvert  aux  sympathisants  de  gauche, ne craignez-vous pas qu'il soit détourné par d'autres partis ?

Les gens signeront une charte d'adhésion aux valeurs socialistes. Nous n'allons pas sonder les reins et les cœurs de chaque votant ! Mais si certains s'amusent à venir voter pour 'fausser le scrutin' on ne peut pas les en empêcher. Ce sera dans tous les cas toujours très résiduel et n'influera que très marginalement sur les résultats. Et dans tous les cas 'ces adhérents d’autres partis' n’auront le choix qu’entre des socialistes.

Les militants ne risquent-ils pas de se vexer d'avoir perdu la primeur du choix ?

C'est un premier sentiment que l'on comprend très bien mais finalement quel hommage qu'autant d’électeurs se déplacent pour la désignation des candidats de son parti ! Et cela fera jurisprudence.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 08:00

 

Sarko célèbre Aimé Césaire

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 07:00

 

Le 6 avril 2011, Sarkozy s'est donc incliné devant la plaque installée au Panthéon, en mémoire d'Aimé Césaire.

 

Peu de temps après sa funeste élection, le 26 juillet 2007 très exactement, il prononçait à Dakar ces phrases qui situent bien le personnage :

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire ... Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin".

"Le problème de l'Afrique ... le problème de l'Afrique ... le problème de l'Afrique,"  ânonnait-il.

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Et le problème de la France ? C'est d'être rentré dans une histoire dans laquelle nos concitoyens ne reconnaissent plus la France, dans laquelle un supposé "chef d'Etat", en réalité chef de l'UMP, est arrivé non seulement à laminer son parti (on ne va pas sortir son mouchoir !), mais surtout à désespérer et faire souffrir le pays.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:00

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Chers amis,

 

Le Parti Socialiste vient d’adopter son projet au terme d’un travail collectif. C’est une étape prometteuse et positive.

Les Français sont aujourd’hui confrontés à une situation extrêmement difficile. Ils savent que la dette publique nous laissera peu de marge de manœuvre.

Ils souffrent des effets d’une mondialisation sauvage, et les catégories moyennes et populaires ont, à juste titre, le sentiment que ce sont toujours les mêmes qui payent les dégâts d’une mauvaise gouvernance, qu’elle soit nationale ou internationale.

 

La banque publique d’investissement va permettre de donner de la sécurité économique aux petites et moyennes entreprises, dans un contexte où le système bancaire refuse toujours de financer l’économie réelle. Cette banque publique d’investissement est une proposition que j’ai avancée depuis longtemps.

D’autres propositions auxquelles je tenais tout particulièrement, soit parce qu’elles gardent toute leur actualité depuis 2007, soit parce qu’elles correspondent à des actions déjà mises en place concrètement dans la région que je préside, se retrouvent dans le projet du Parti socialiste.

Je ne veux pas dire par là que j’en suis la seule inspiratrice, mais ces propositions s’inscrivent dans la continuité des idées que je défends depuis longtemps.

C’est ainsi que je me retrouve totalement dans une dizaine de propositions structurantes qui sont les suivantes : 

Création d’une banque publique d’investissement pour les PME

Lutte contre les licenciements boursiers (cf. jurisprudence des salariés de LU )

Modulation des impôts sur les sociétés

Création des circuits courts agricoles déjà mis en place en Région Poitou-Charentes

Energies renouvelables, préparation de l’après pétrole et de l’après nucléaire et mutation écologique

Le prélèvement sur les super profits pétroliers

La maîtrise des loyers

Le pacte éducatif avec l’accent mis sur la petite enfance

La loi anti–concentration dans les médias

Le non cumul des mandats

La rénovation démocratique avec la démocratie participative

 

J’ajoute bien sûr l’affirmation de l’importance de la sécurité et de la nécessaire fermeté face à la délinquance.

Je me félicite de ce travail collectif.

C’est un socle commun qui est celui de tous les candidats aux primaires. Il appartiendra ensuite à chacun et chacune de donner sa vision, ses priorités, ses façons de faire, sa conception de l’exercice du pouvoir pour faire vivre le socialisme du 21ème siècle.

 

Mais n’oublions pas la leçon des dernières cantonales. Je ne veux pas les passer sous silence car la question majeure de toute campagne électorale est la participation des citoyens aux élections.

Ce qui s’est passé lors des cantonales doit servir d’alerte.

Lorsque les citoyens se détournent des urnes ou se réfugient dans un vote de rupture, c’est parce qu’ils perdent confiance dans l’efficacité de la politique et qu’ils attendent parfois désespérément que l’action politique leur garantisse l’égalité dans la répartition des efforts et dans les retombées des fruits de la croissance lorsqu’il y en a.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:00

avec Aimé Césaire en 2007

 

Chers amis,

Je me rendrai demain mercredi 6 avril à l'hommage rendu à Aimé Césaire au Panthéon. C’est l’occasion pour moi d’exprimer ma reconnaissance pour son engagement en tant que président du comité national de soutien lors de la campagne présidentielle de 2007. Voici le message que je lui adresse pour que sa mémoire et que sa parole continuent à éclairer les engagements d’aujourd’hui.

Ségolène Royal

Merci à Aimé Césaire

 

Aimé Césaire vous entrez au Panthéon où il est juste que vous ayez votre place.

C'est un hommage ainsi rendu à l'homme de conviction et d'action, au poète dont le lyrisme incandescent a fait, disait son ami Depestre, oeuvre de marronage vivifiant dans les veines de la langue française, à l'éveilleur de consciences, au démineur d'hypocrisies, au combattant inlassable de l'humaine dignité qui avait choisi son camp - « je suis de la race de ceux qu'on opprime » - et annonçait fièrement au monde : « l'heure de nous-mêmes a sonné ».

Dans ce lieu où la République honore ceux qui lui ont fait honneur, vous rejoignez Toussaint Louverture, le libérateur d'Haïti dont vous avez raconté l'épopée héroïque et tragique. Delgrès qui conduisit en Guadeloupe la résistance au rétablissement de l'esclavage par Bonaparte. Schoelcher, l'abolitionniste socialiste dont vous disiez que ni les préjugés, ni les insultes, ni la calomnie n'entamèrent le combat acharné et qu'il fut l'un des premiers à mesurer la valeur de civilisations africaines jusque là méconnues.

Condorcet, l'abbé Grégoire, Hugo, Zola, Jaurès, Jean Moulin, René Cassin, Félix Eboué : à chacun nous sommes redevables de nos libertés comme nous le sommes à vous, Aimé Césaire pour avoir, votre vie durant, pris le parti des assoiffés de justice et défendu nos valeurs avec courage quand la politique de la France leur tournait le dos.

J'avais, lors du rassemblement célébrant à Fort de France la disparition d'Aimé Césaire, proposé que la République inscrive à son Panthéon son nom et son oeuvre. Cela m'avait valu quelques critiques. Qu'importe puisqu'aujourd'hui c'est chose faite. Quels qu'en soient les motifs, je m'en félicite. Nul ne peut récupérer celui qui tint tête aux pouvoirs coloniaux et post-coloniaux, celui qui ne craignait pas d'écrire « Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous ».

« Colonisation = chosification » écrit Aimé Césaire dans cet ouvrage au vitriol, érudit et porté par une langue magnifique. Les effets positifs du système colonial ? « On me lance à la tête des faits, des stocks, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer (...). Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme ».

Il nous rappelle aussi combien les violences coloniales ont déshumanisé le colonisateur autant que le colonisé, instillé leur poison dans les veines de l'Europe et contribué à « l'ensauvagement d'un continent » devenu à son tour cible de barbaries d'abord rôdées outre-mer.

On le traita à l'époque d'insulteur de la patrie. Mais c'était lui qui défendait les valeurs de la République. Et le lire aujourd'hui nous aide à mieux comprendre de quelles violences au long cours sont tissées nos histoires.

« Nègre » était une insulte. Il en fit une fierté et l'étendard d'un combat pour l'égalité. Avec Damas et Senghor, ils poussèrent le « grand cri nègre » contre l'aliénation et le mimétisme, pour le droit d'inventer sa propre route. « Nègre je suis, Nègre je resterai », a-t-il écrit, mais aussi : plus nous serons Nègres, plus nous serons des hommes car il voulait l'universel riche de toutes les singularités. La négritude, telle qu'il la concevait, n'était pas une identité repliée sur elle-même mais, disait-il, l'une des formes historiques de la condition faite à l'homme, la métaphore de la mise à part et la quête d'une plus large fraternité. La revue L'Etudiant noir, les éditions Présence africaine, les deux Congrès des Ecrivains et Artistes noirs ont été les porte-voix d'un formidable mouvement de création et d'émancipation.

La puissance incantatoire du magnifique Cahier du retour au pays natal fut, à la fin des années 30, une éblouissante déflagration poétique et politique. Un guide pour l'inexploré, s'enthousiasmait André Breton. Une somptueuse poétique de la souffrance historique, pour Glissant. « Ma bouche, y écrivait Aimé Césaire, sera la bouche des malheurs qui n'ont pas de bouche, ma voix la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ». Il a tenu parole, fidèle au parti-pris de toute une vie.

Voilà pourquoi les fils et les filles de Césaire sont si nombreux de par le monde, écrivains auxquels il a ouvert la voie, militants dont il a fortifié les raisons, hommes et femmes qu'il a aidés à voyager en eux-mêmes.

Lucide, il savait qu'après le temps épique de la lutte, vient le risque de nouvelles dominations se substituant aux anciennes. Sa Tragédie du Roi Christophe, comme il l'a souvent dit, n'est pas seulement l'histoire d'un héros haïtien aux prises avec l'exercice de plus en plus solitaire du pouvoir mais « l'oeil grossissant » de tous les dilemnes post-coloniaux. Un message aux leaders des indépendances africaines parmi lesquels il comptait nombre d'amis.

Lucide avant beaucoup, Aimé Césaire le fut aussi en rompant, dès les années 50, avec un système stalinien qui dépêchait ses chars à Budapest et faisait d'une immense espérance fraternelle l'alibi de son despotisme.

Il n'aimait pas « la littérature des mots d'ordre ».

Il croyait au pouvoir d'une langue de haute tenue, audacieuse et rebelle.

Il voulait que son théâtre donne la poésie à voir.

Il s'adressait à tous sans jamais en rabattre sur l'impétueuse beauté de textes écrits, disait-il, dans les plis et les interstices de l'action.

A l'Assemblée nationale, où il siégea avec les socialistes durant les quinze dernières années de son mandat, son talent oratoire subjuguait même ceux qui ne partageaient pas ses idées.

Attentif à ce qu'il y a derrière les mots, il comprit qu'en réclamant « l'assimilation », qu'il récusait, les Martiniquais exprimaient en réalité leur demande d'égalité. C'est pourquoi il défendit la départementalisation, à ses yeux « habit de circonstance », puis tira les leçons de ses promesses non tenues en défendant l'autonomie.

Il racontait comment il s'était retrouvé à la Libération, sans l'avoir voulu et sans rien connaître de la gestion municipale, jeune Maire de Fort de France, mandat qu'il assuma pendant 56 ans. Il en fit une ville qu'il ne cessa jamais d'arpenter, toujours à l'écoute de ses habitants. Il aimait construire, bâtir. Il voulut pour les Foyalaises et les Foyalais des conditions de vie dignes. Il rappelait le temps des cases sans toit, des masures insalubres, des enfants aux pieds nus. Il s'attela à la tâche en commençant par les travaux d'assainissement. Il redessina et métamorphosa la capitale martiniquaise. Serge Letchimy, qui lui succéda à la mairie et est aujourd'hui président de la Région Martinique, fut activement partie prenante de cette oeuvre urbaine.

Il disait aussi : je suis très végétal, les arbres m'émeuvent, ils incarnent ma philosophie de la vie.

J'adresse un salut amical au docteur Aliker, son compagnon de tous les combats, évoquant la fleur du balisier, emblème du Parti Populaire Martiniquais, qui trouve l'eau en elle-même quand elle vient à manquer comme il faut savoir puiser en soi l'énergie nécessaire à la lutte. Il me redisait, en février 2011, à quel point l'engagement auprès d'Aimé Césaire avait porté toute sa conviction de médecin auprès des plus pauvres.

Aimé Césaire tenait, la culture pour vitale, bien commun de première nécessité qui devait être accessible à chacun. C'était, avec François Mitterrand, un sujet de conversations amicales. La culture, disait-il, est notre arme par excellence car elle contient tout ce que l'humanité a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable. Il voulait qu'elle témoigne de la vitalité artistique du pays martiniquais, en dialogue avec toutes les cultures du monde.

Je me souviens de son affabilité, de sa courtoisie, de sa disponibilité.

De sa profonde humanité et de sa révolte intacte contre toute forme d'humiliation.

De sa main prenant la mienne sur le perron de la mairie de Fort de France.

De cette phrase qui m'avait tellement touchée : « elle a su nous écouter ».

De cette dédicace sur un livre de ses poèmes : « à Ségolène Royal qui représente pour nous l'espérance, pour lui dire notre confiance ».

De ma reconnaissance pour le généreux cadeau de son engagement à mes côtés, lorsqu'il avait accepté de prendre la Présidence d'honneur de mon Comité national de soutien lors de la dernière campagne présidentielle.

 

Aimé Césaire n'était pas de ceux que les ruses amères de l'histoire font fléchir. J'ai toujours un espoir, disait-il, parce que je crois en l'humanité.

Cet homme de volonté et de haute exigence est resté fidèle aux engagements d'une vie droite.

Jamais sa fermeté ne s'abaissa en sectarisme.

Jamais il ne cessa d'opposer un refus vibrant au mensonge et au mépris.

Pour moi, il reste un encouragement à penser loin des poncifs.

Loin de ces « vainqueurs omniscients et naïfs » qui se trompent et nous trompent.

Merci à celui dont la parole prophétique, belle comme « l'oxygène naissant » disait Breton, annonce que « les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière ».

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:00

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Maître Cobert est particulièrement pertinent, et impertinent à la fois, dans ses billets. Il distille ici quelques avis sur une vision de la laïcité, avec d'autres verres de lunettes que ceux de l'UMP :

 

Les vrais sujets du grand débat de l'UMP sur la laïcité

Source : le blog de Pascal Cobert  -  le 5 avril 2011

 

Tout ce que l'on pu écrire ici ou là sur le fumeux débat national de l'UMP autour du thème de la laïcité n'est que calembredaines et billevesées.  En réalité, contrairement à ce que l'on a voulu nous faire croire, il ne sera pratiquement pas question de la place de l'Islam dans notre généreuse République. Non, non. Les grands stratèges de l'UMP ont agité le "chiffon vert" pour faire diversion. En réalité, je vous le dis, ils vont débattre de l'essentiel, sans le moindre tabou. Je vous le révèle, ici, en exclusivité. Tels que je les connais, ils ne communiqueront pas sur la réalité de leur réflexion pour mieux surprendre, l'heure venue.

Il est temps que je vous dévoile leurs secrets.

En premier lieu, les penseurs de la Sarkozie triomphante s'indigneront de l'interdiction faite aux prêtres catholiques de convoler en justes noces et de s'astreindre à un célibat source de moeurs dissolues, tout cela en violation flagrante du droit de vivre en famille que garantie la Convention Européenne des Droits de l'Homme. L'église catholique sera donc sommée de se mettre en conformité avec la législation internationale à bref délai. Et de un...

[ Poursuivez, Maître ... ! ]

 

Ce n'est pas tout ! En ces temps de difficultés budgétaires, une idée s'impose : appliquer l'impôt sur les sociétés au denier du culte qui draine une fortune considérable laquelle aujourd'hui échappe anormalement à l'impôt. Dans la foulée, on envisagera de soumettre l'Eglise à l'Impôt sur les Grandes Fortunes à raison d'un patrimoine immobilier sans comparaison possible. Ne seront exonérées, comme pour tout le monde, que  les oeuvres d'art.

Par ailleurs, toute manifestation catholique sur le domaine public sera strictement prohibée: plus de processions ou autres pèlerinages en pleine rue.

La question n'a pas été tranchée mais la réflexion progresse : Comment tolérer dans un pays laïc la survivance d'écoles confessionnelles ? Une commission a été installée pour proposer des solutions radicales.

Enfin, à l'unanimité, et cela sera une idée phare aux prochaines présidentielles, le Concordat appliqué en Alsace et en Lorraine sera aboli : Comment peut on accepter, a soutenu Jean François Coppé sous des applaudissements nourris, que la grande loi de 1905 ne soit pas appliquée sur une grande partie de notre République une et indivisible et qu'à Metz et à Strasbourg, curés et rabbins, soient payés, comme des fonctionnaires, par l'Etat qui au surplus, n'a plus les moyens d'embaucher des instituteurs.

 

Alors, il ne fallait pas le tenir ce débat ?

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:00

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 10:00

Gueant-provoque-les-musulmans.jpg

En fin d'article, le journal prévient :

"En raison de débordements fréquents sur ce type de sujet, nous nous voyons contraints de fermer cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension." 

On imagine en effet le torrent de propos haineux, d'injures et vociférations en tous genres. Sur un sujet qu'à l'UMP, disent-ils, on veut traiter sereinement. Et pour cela, il falait bien ... une demie-journée de "débats" !!!

Islam : Pour Guéant, "l'accroissement du nombre de fidèles"

est un "problème"

Source : 20minutes.fr  - 4 avril 2011

 

Claude Guéant n’en finit plus de lancer le débat. En déplacement à Nantes, ce lundi, à la veille de la convention de l’UMP sur la laïcité, le ministre de l’Intérieur a de nouveau abordé la question musulmane, estimant que la communauté va grandissant en France, ce qui, selon lui, pose des problèmes.

"En 1905, il y a avait très peu de musulmans en France, aujourd'hui il y en a entre 5 et 6 millions", a indiqué Claude Guéant, alors que l'Institut national de la statistique et des études économiques (Ined) avance de son côté le nombre de 2,1 millions.

"Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème." Avant d’évoquer, comme il l’avait déjà fait dans un entretien à Ouest-France, les prières de rue, qui d’après lui "choquent un certain nombre de concitoyens".

 

"Le problème est très important"

"Les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice", a poursuivi le ministre, ajoutant que "le problème est très important : tous les représentants des grandes religions estiment que la laïcité est un principe protecteur de la liberté de conscience". 

Claude Guéant en a profité pour justifier à nouveau le débat de mardi sur la laïcité. "La question interpelle nos concitoyens : Nombreux sont ceux qui pensent qu'il y a des entorses à la laïcité;" Avant de prévenir que "le gouvernement va se prononcer la semaine prochaine, pour mieux garantir ces principes". 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 20:00

 

Pierre BERGE : "En ce moment, les vraies primaires,

Ségolène est en train de les faire !"

 

Pierre Bergé (22 mars 2011) : "Les vraies primaires Ségolène est en train de les faire. C’est tout à fait l’école mitterrandienne - Vous êtes prêt à resoutenir Ségolène Royal ? - Mais bien entendu !"

Pierre Bergé a déclaré hier sur France Inter être prêt à soutenir à nouveau Ségolène Royal.

Invité à 18h15 dans  "Le 5/7 Boulevard", il a répondu aux questions de Philippe Collin et de Xavier Mauduit pendant une vingtaine de minutes.

En dernière partie, il s’est exprimé sur le Parti socialiste, Martine Aubry, DSK, et surtout Ségolène Royal et François Mitterrand. Le président de l’Association des Amis de l’Institut François Mitterrand a déclaré en parlant de Ségolène Royal : "C’est tout à fait l’école mitterrandienne.".

 

Pierre Bergé a pris la défense de Ségolène Royal et salué son action des derniers mois sur le terrain en déclarant : "En ce moment, les vraies primaires, Ségolène est en train de les faire."

"C’est-à-dire qu’elle circule en France, qu’elle remplit pleins à craquer des salles et des stades et d’autres choses ..."

 

Pierre Bergé :  

Je  ne comprends pas très bien ce qui se passe, et pourquoi il faut attendre, surtout quand on est socialiste, un messie, et surtout quand on est laïque, pourquoi il faut attendre un messie, attendre que ce messie vous indique la route et vous dise : "Ah, vous voterez pour moi !" Ou alors : "Décidément, je ne viendrai pas, donc choisissez qui vous voulez.".

 

Je comprends très mal qu’après la défaite de Ségolène Royal, qui avait quand même remporté 47.5 % de suffrages et 17 millions d’électeurs, excusez du peu, ...

Je vous rappelle que François Mitterrand s’est présenté 3 fois, et que Jaques Chirac s’est présenté 3 fois, aucun des deux, la première fois, alors qu’ils avaient été battus, aucun des deux n’a été rejeté par son propre camp.

 

Nous avons assisté à une chose extraordinaire, c’est que Ségolène battue, alors elle ne vaut plus rien, et on la jette.

Il faut dire, il faut dire qu’il n’y avait qu’à voir la tête que faisaient déjà les éléphants du Parti socialiste lorsqu’elle s’est présentée pour comprendre comment et pourquoi ils s’en sont débarrassés dès qu’ils ont pu.

 

Vous savez, moi j’observe ce qui se passe, comme tout le monde, mais je sais aussi une chose, c’est qu’en politique, on n’est jamais mort, sauf le jour où on vous a conduit à votre dernière demeure. Alors, méfions nous de vouloir enterrer les gens trop tôt ...

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