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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 16:00

 

Par rapport à la révolte tunisienne, j'ai hésité longtemps avant de reprendre certaines informations sur les positions -- il est vrai très imprudentes et ambigues  -- exprimées ces dernières années par plusieurs personnalités politiques. Parmi elles ... j'ai nommé ... DSK. 

J'avais considéré dans un premier temps qu'il y aurait là comme un goût de manipulation.

Mais voilà, en vue de la future présidentielle, des "experts" médiatiques nous assomment de leurs pronostics infaillibles. La manipulation, nous baignons dedans :

Ne sommes-nous pas arrosés quotidiennement de sondages nous imposant déjà DSK comme le grand vainqueur de 2012.

Lui qu'on attendrait parait t-il comme le messie pour applaudir au sacre des "primaires de confirmation" (selon l'expression fameuse du manitou Bartolone).

Lui qui est présenté comme le candidat le plus solide, de par ses fonctions au FMI, de par ses compétences en matière internationale et économique. Pas si sûr !!!   

 

Alliot-Marie, DSK, Mitterrand, ils se sont tous levés pour Ben Ali !

Source : marianne2.fr  -  le 19 janvier 2011

 

Janvier 2011, la France découvre que des hommes de vertu sont prêts à soutenir une dictature pour un contrat ou une villa en bord de mer. 

l fallait s'y attendre. A peine Ben Ali avait-il quitté Tunis que le passé diplomatique de plusieurs personnalités françaises a ressurgi. Toutes ont été accusées de complaisance envers le régime tunisien. La dénonciation est sans doute louable mais sûrement tardive.
Michelle Alliot-Marie a été épinglée pour son initiative un peu à contretemps consistant à proposer une aide policière à l'anciern régime juste avant la fuite de Ben Ali. Elle a d'ailleurs dénoncé une campagne malveillante voulant lui faire dire « le contraire de ce qu'elle voulait dire ». Mais la ministre est connue de longue date dans les milieux parisiens pour sa très grande proximité avec le pays.
Dominique Strauss-Kahn constitue le plus beau morceau de bravoure. En visite à Carthage en novembre 2008, le directeur du FMI avait vanté les mérites du modèle économique tunisien : « L'économie tunisienne va bien (...) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents ». A la bonne heure ! Et dire que les amis de Strauss-Kahn mettent la dernière main au storytelling de leur champion qui aurait rendu le FMI plus social.... La vidéo immortalisant la rencontre Ben Ali-Strauss-Kahn dépasse allègrement les 100 000 visites.

Quand DSK soutenait le régime de Ben Ali
envoyé par Mecanopolis


Idem pour Frédéric Mitterrand. L'amiral Jacques Lanxade, ex-ambassadeur en Tunisie, avait révélé qu'il avait obtenu la nationalité tunisienne directement de Ben Ali. Il possèderait également une maison sur place. Mitterrand a également été décoré de l'insigne d’Officier du Mérite culturel tunisien et de celui du Grand Officier de l’ordre du 7 novembre.
Le ministre de la Culture avait fait polémique en déclarant sur Canal+ en plein mouvement tunisien : « Dire que la Tunisie est une dictature univoque comme on le fait si souvent me semble tout à fait exagéré ».


 

Jacques Séguéla s'est aussi fait piéger. Selon Bakchich, le publicitaire aurait été le conseiller en communication de Ben Ali. C'est lui qui aurait servi de coach pour l'intervention de l'ex-chef de l'Etat à la télévision le 10 janvier. Mais Jacques Séguéla a démenti ses informations.
Ces révélations montrent que les marchands d'armes ou au Quai d'Orsay n'ont pas le monopole de la realpolitik. On peut être le socialiste favori des sondages, ministre de la Culture « d'ouverture » ou publicitaire mondain et placer ses intérêts avant sa conscience. On peut parier que des activistes cherchent déjà les casseroles de Serge Moati ou Bertrand Delanoë. Et dans les dîners en ville, certains doivent déjà craindre la chute du prochain dictateur méditerranéen et les révélations qui vont suivre.
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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 14:00

 

Source : le blog de Gaëtan GORCE  -  le 19 janvier 2011

envoyé par GGorce

 

M. le président. La parole est à M. Gaëtan Gorce, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Gaëtan Gorce. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre et porte sur la question tunisienne.

Vous ne pouvez pas, monsieur le Premier ministre, vous dégager de vos responsabilités, comme vous avez tenté de le faire hier, en évoquant la permanence des relations amicales qui lient la Tunisie et la France. Celles-ci ont existé sous tous les gouvernements, ce qui est bien normal, et il est peu honnête, pour reprendre votre expression de reprocher ces relations à Lionel Jospin, lui qui a toujours refusé de se rendre en Tunisie en tant que chef du Gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

M. Jean-Claude Lenoir. A-t-il dit qu’il refusait ?

M. Gaëtan Gorce. La véritable question porte sur la manière dont vous avez géré cette crise. Est-il acceptable que votre ministre des affaires étrangères ait pu, au cœur d’une répression sanglante, proposer la coopération policière de la France ? (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Étiez-vous au courant ? Mme Alliot-Marie l’a-t-elle fait en accord avec vous et avec le Président de la République ? Si tel est le cas, pourquoi avez-vous hier répondu à sa place au lieu de lui laisser assumer toutes les responsabilités collectives de ce gouvernement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Mais il y a plus grave : la faute qu’a commise le Gouvernement, c’est sa passivité face aux événements, donnant le sentiment de réagir au fil du temps sans rien maîtriser, comme s’il n’avait rien anticipé, rien analysé, rien voulu accompagner. (Protestations sur de nombreux bancs du groupe UMP.)

M. Lucien Degauchy. Donneur de leçons !

M. Gaëtan Gorce. Pourquoi est-ce le gouvernement des États-Unis qui a trouvé les mots pour dénoncer l’usage disproportionné de la force ? Pourquoi s’est-il senti autorisé à agir et à parler sans nous associer à une affaire qui nous touche d’aussi près – historiquement, culturellement ou affectivement ? N’est-ce pas la preuve de la perte de l’influence de la France dans cette région, de son absence de politique et de l’affaiblissement de notre pays auxquels votre diplomatie conduit aujourd’hui ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Lire la suite :  la réponse de M. Alliot-Marie

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 12:00

 

Le train de l'Histoire est parti à Tunis, la France est restée à quai

Source : le blog de Gaëtan GORCE  -  le 18 janvier 2011

 

Intervention de Gaëtan GORCE sur la Tunisie, au nom du Groupe socialiste

Commission des Affaires étrangères, mardi 18 janvier 2011 :

envoyé par GGorce

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 10:00

 

Ségolène ROYAL est invitée aux voeux de la commune de Bully-les-Mines (62) ce jeudi 20 janvier.

Ce sera l'occasion de porter les valeurs républicaines contre les solutions inacceptables d'une élue du Pas-de-Calais récemment portée à la tête du parti d'extrême droite.

 

Plusieurs membres de Désirs d'Avenir, fidèles participants aux activités du Comité local Flandres-Littoral, feront le déplacement et rejoindront plusieurs camarades d'autres comités du Nord.

 

Annonce de la Cérémonie des voeux de Bully-les-Mines

avec Ségolène ROYAL : 


envoyé par Leila-Agic

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 09:00

affiche-SR-a-Bully-les-Mines.jpg

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 08:00

la girouette politique

 

PRIMAIRES : le calendrier nouveau est arrivé ! Le vote interviendra les 9 et 16 octobre 2011.
 
Tout le monde il est content ... quoi que ?

Pour ma part je relève ce formidable exploit : avoir avancé d'un mois le calendrier par rapport à 2006 !
 
Innocemment, moi qui avais participé à plusieurs AG de section dédiées à la présentation des motions (j'y avais défendu la motion E), je croyais que l'événement Congrès avait pour but essentiel de fixer le cap, de définir des engagements, et de s'y tenir.
Oui mais non !
Il suffit, de temps en temps, de relire les merveilleux textes de 2008 :


MOTION "D" (Martine Aubry) :


"C’est pourquoi nous organiserons de vraies primaires, si possible ouvertes.

Elles auront lieu au printemps 2011, un an avant le grand rendez-vous avec les Français.

Elles seront rythmées par d’authentiques débats contradictoires approfondis dans plusieurs grandes villes de France. Elles seront médiatisées afin que les adhérents, les sympathisants et les électeurs puissent se passionner pour le débat démocratique en notre sein.

Aujourd’hui, ce sont les militants qui décident. Nous travaillerons à ouvrir plus largement la décision à ceux (sympathisants, citoyens…) qui se reconnaissent dans le socialisme, et au-delà autant que le dialogue avec nos partenaires le permettra, afin de donner plus de force à notre candidat. Les principes et modalités seront arrêtés par le Conseil National. "

 

Bien, les chefs ont parlé. Aux militants d'obtempérer, de "ratifier".

Et qu'ils ne s'avisent pas de relever que les orientations de congrès ne sont pas respectées ! On ne réfléchit pas, on tracte !!!

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Présidentielles 2012
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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 07:00

chrono et calendrier 

 

La primaire du PS aura lieu

les 9 et 16 octobre

Source : LIBERATION.FR  -  le 11 janvier 2011

 

Les responsables socialistes, réunis autour de Martine Aubry, ont décidé de maintenir le calendrier prévu pour la primaire en vue de 2012. Les candidats doivent se déclarer, au plus tard, en juillet.

 

«Dépôt des candidatures avant l’été et un vote à l’automne». La patronne du PS, Martine Aubry, l’a annoncé, ce mardi en début d’après-midi à l’issue d’une réunion avec les responsables socialistes: le calendrier des priamires du parti pour la présidentielle est maintenu dans ses grandes lignes.

En toute fin d'après-midi, les dates ont été précisées en bureau national: du 28 juin au 13 juillet pour le dépôt des candidatures et un scrutin à deux tours prévu les 9 et 16 octobre.

«Nous restons sur ce que nous avions dit», confirme Aubry, précisant que le projet socialiste serait présenté aux Français au mois de mai.

Selon Ségolène Royal, candidate aux primaires, la demande de certains responsables du parti de fixer à septembre la date de clôture des candidatures afin de laisser à Dominique Strauss-Kahn la possibilité de rester le plus longtemps possible à la tête du FMI, a été rejetée. «Le projet sera connu au mois de mai, les candidats seront connus au mois de juin, en tous cas avant le 12 juillet, et ensuite les votes auront lieu en octobre», développe la présidente de la région Poitou-Charentes. Qui se félicite que les Français soient fixés «avant l’été» sur les noms des candidats «entre lesquels ils devront choisir».

 

"L'année 2011 déterminante pour gagner 2012"

Comme Royal qui a salué «l’esprit d’union et l’état d’esprit fraternel» qui animent, selon elle, les socialistes, Martine Aubry s’est réjouie de cette «réunion assez formidable». «Chacun s’est exprimé en ayant à l’esprit les Français. Nous avons convenu que l’année 2011 est déterminante pour gagner 2012», raconte-t-elle.

«Il y a eu un très bon esprit dans cette discussion, l’objectif commun c’est de gagner 2012», s’enthousiasme à son tour, l’ancien numéro un socialiste, François Hollande, qui a pourtant réitéré, en vain, sa demande d’un raccourcissement du calendrier des primaires.

Celui qui va probablement se lancer dans la compétition, a réaffirmé sa conviction que le PS ferait mieux d’avoir un candidat «avant l’été». Selon lui, en repoussant le vote à l’automne, les socialistes «prennent des risques» mais la décision finale, assure encore Hollande, sera «respectée par tous».

Les trois candidats déjà déclarés aux primaires, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls, ainsi que François Hollande, Laurent Fabius, Vincent Peillon, Jean-Christophe Cambadélis et Bertrand Delanoë ont participé à cette réunion.

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Présidentielles 2012
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:00

 

Période des fêtes de fin d'année, actualité nationale et internationale dense, cela a fait que sur ce blog les billets concernant le PS (et notamment sur les primaires) ont été rares.

Voici le premier d'une série. C'était fin décembre ... c'est passé quasiment inaperçu ! 

 

Une phrase qui en dit long sur l'état d'esprit de certains élus socialistes, qui ne semblent pas avoir pour priorité le respect du vote militant d'octobre 2009 : 

" ... si des primaires sont effectivement organisées"

 

Ces petites phrases qui plombent les primaires

Source : LePost.fr  -  le 21 décembre 2010

 

Jérôme CAHUZAC, député socialiste et par ailleurs Président de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale était l’invité de BOURDIN-Direct sur BFM-TV. Longuement interrogé sur le soutien qui sera le sien à l’occasion des primaires socialistes il a donné toute sa confiance à DSK. En cela rien de très singulier.

Plus surprenantes sont les petites phrases que j’ai relevées et qui me posent question.

Jean Jacques BOURDIN lui demande "quand DSK devra se déclarer"

La réponse est édifiante de la part d’un éminent cadre du Parti  : il devra se déclarer avant juin pour participer aux primaires, si elles ont lieu !

Vous avez bien lu. Si les primaires ont lieu. Pourquoi cette réserve ? Seraient-elles menacées ?

L’autre petite phrase n’est pas moins anodine, elle était posée par un auditeur de RMC. "Vous soutiendrez Monsieur Strauss Kahn, mais ne craignez-vous que sa candidature divise la gauche".

Jérôme CAHUZAC : "Je ne le crois pas. D’autre part, si DSK est désigné par le Parti Socialiste comme son candidat il serait non seulement élégant mais responsable que nos alliés naturels le reconnaissent comme tel".

Rien ne vous choque dans cette réponse ?

Que je sache, ce n’est pas le PS qui est en charge de désigner son candidat, mais le peuple de gauche au travers des primaires.

Jérôme CAHUZAC, comme beaucoup de ses camarades du polit bureau, ont vraiment du mal à intégrer ce processus démocratique.

 

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Published by CORDIEZ Daniel - dans Présidentielles 2012
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 14:00

bandeau MEAG avec Ségolène Royal

 

Nicolas, Alain, Michèle mais aussi Dominique, Martine, Laurent :

le peuple diantre !

Billet de Philippe ALLARD   -  le 17 janvier 2011

 

La dictature de Ben Ali s’effondre par la volonté et la force du peuple. Les élites françaises voient ça de très loin, sans bien comprendre ? Comment le peuple se soulève encore aujourd’hui … mais c’est incroyable ! Ces gueux osent ainsi se révolter contre le pouvoir en place qui était si charmant, si complaisant … diantre !

Alain Juppé vient d’avouer ce 17 janvier avoir "sous-estimé le degré d’exaspération de l’opinion publique" en Tunisie, comme les autres ! Considérant cela, sans doute, comme suffisant pour justifier l’attitude du gouvernement français allant jusqu’à proposer, par la voix de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, la collaboration de la police française à Ben Ali … C’est vrai le peuple c’est mieux quand ça se tait ! 

Cette attitude du pouvoir n’est en fait qu’une nouvelle illustration de l’abîme qui sépare aujourd’hui les élites françaises du peuple ! Vivant à l’écart de la masse dans des quartiers privilégiés, suivant une scolarité à distance des manants, ne se réunissant qu’entre eux, d’ici et d’ailleurs, dans des lieux protégés de la populace, nos dirigeants voient le monde dans leurs palais d’argent …

la-Liberte-guidant-le-peuple---Delacroix.jpg 

Et que dire de la gauche ? Que dire des dirigeants du Parti socialiste, du parti de Jaurès ?

La presse vient de révéler que jeudi dernier à Paris, en secret, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se sont rencontrés pour … préparer l’élection présidentielle de 2012.

Un trio pour en quelque sorte s’entendre, comme dans le bon vieux temps, pour décider ensemble du sort du peuple ! Un Yalta à la française, avec répartition des rôles … 

Et si le peuple de France avait aussi envie de décider par lui-même ! Et si le peuple de France préférait soutenir la candidate dont ne veut justement pas cette élite car soupçonnée d’être trop proche du peuple !

 

"Que vive la Tunisie libre et démocratique !" lançait Ségolène Royal samedi à la Cartoucherie de Vincennes sous le regard d’Ariane Mnouchkine.

Et que la France retrouve sa voix pour la liberté, pour l’égalité et pour la fraternité …

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 12:00

sarkoland---logo.jpg 

Indemnisation des chômeurs :

les approximations de Méhaignerie

Source : LEMONDE.FR  -  le 14 janvier 2011

 

Après Gérard Longuet et les 35 heures, Christian Jacob et l'emploi à vie des fonctionnaires, c'est au tour d'un autre parlementaire plutôt libéral de l'UMP, Pierre Méhaignerie, de s'attaquer aux indemnités chômage.

Dans une interview vidéo diffusée sur Le Figaro.fr, le député et vice-président du conseil national de l'UMP juge que l'indemnisation du chômage est trop élevée. Selon lui, la France est "le seul pays à offrir vingt-trois mois sans dégressivité pour des cas jusqu'à 5 800 euros par mois", ce qui, selon lui, "n'existe dans aucun pays. C'est trop et cela ne facilite pas la reprise du travail."

Il se prononce en faveur d'un "redéploiement vers les jeunes" de cet argent, sans préciser de quelle manière. Il critique par ailleurs le RSA jeunes, créé par Martin Hirsh, mais dont les conditions d'accès ont été drastiquement restreintes par le gouvernement, suite aux récriminations de députés UMP qui critiquaient un risque "d'assistanat", au point que seuls 5000 jeunes en bénéficient.

Plus généralement, M. Méhaignerie estime que "la France est championne des prestations sociales : 24 prestations entre la naissance et la mort". Disant ne pas croire "que la lutte contre les inégalités, c'est l'augmentation des prestations", il se prononce plutôt pour améliorer "l'emploi, c'est-à-dire la compétitivité des entreprises".

LES HAUTS REVENUS FAVORISÉS EN FRANCE

Les arguments déployés par M. Méhaignerie sont pourtant discutables. S'il est exact que le montant de l'allocation en France est celui qui peut être le plus élevé (à condition d'avoir gagné le salaire qui le justifie), il n'est pas le meilleur en termes de pourcentage de son ancien salaire : il varie de 57 % à 75 % du salaire brut, contre 90 % au Danemark, 70 % à 80 % en Suisse ou encore 70 % à 75 % aux Pays-Bas.

En fait, la France se distingue par son plafond de salaire maximum indemnisé, effectivement élevé (5 640 euros net par mois) alors qu'il est plafonné autour de 2 500 euros mensuels ailleurs, comme le notait un rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale en 2005. La France indemnise donc généreusement ses cadres et salariés à hauts revenus.

DES MONTANTS D'INDEMNISATION COMPARABLES À CEUX DE SES VOISINS

Notre pays n'est pas non plus le seul pays à offrir une durée du chômage sans dégressivité de presque deux ans. Selon une étude de l'Unedic sur 11 pays européens en 2008, l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse indemnisent également vingt-quatre mois. Au Danemark, l'indemnisation est de quatre ans maximum. Au Pays-Bas ou au Portugal, elle peut aller jusqu'à trente-huit mois.

De même, une étude réalisée par les économistes Eric Heyer, Mathieu Plane et Xavier Timbeau pour l'Office français des conjonctures économiques (OFCE) en 2006, montre que le système français d'indemnisation chômage, certes généreux, n'est pas le plus généreux d'Europe : avec un taux de remplacement de 57 % du salaire sur soixante mois, notre pays n'est que troisième, derrière l'Allemagne ou les Pays-Bas.

Et en matière d'effort d'indemnisation, c'est-à-dire la part de richesse nationale consacrée au versement des allocations chômage, la France est au quatrième rang, derrière les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique.

 DES PRESTATIONS SOCIALES ÉLEVÉES, MAIS EN RECUL CONSTANT

Quant à l'affirmation selon laquelle la France serait la "championne des prestations sociales", elle est à relativiser. Il est exact que la France dépense plus qu'aucun autre pays en Europe en prestations sociales, avec 31,1 % de son PIB en 2006, selon Eurostat, devant la Suède (30,7 %) et la Belgique (30,1 %). Mais, comme le note la fondation Ifrap, d'orientation libérale, ce chiffre est en baisse constante depuis 2003. De plus, il est alourdi par des frais administratifs plus élevés qu'ailleurs en Europe.

Enfin, la question de fond soulevée par Pierre Méhaignerie, celle de l'indemnisation des personnes qui gagnaient de hauts revenus, fait débat parmi les économistes. Selon une étude de l'Insee de 2001, le système dégressif d'allocation chômage en vigueur entre 1992 et 1996 avait dans l'ensemble "ralenti le retour à l'emploi", malgré des effets de palier et une hausse des reprises d'emploi à l'approche des dates de chute d'indemnité.

Le patron de la CFE-CGC, Bernard Van Creynest, a qualifié la proposition de M. Méhaignerie de "fausse bonne idée". Il rappelle que l'assurance-chômage est "un mécanisme assurantiel et que chacun cotise en fonction de son salaire et est indemnisé en fonction du préjudice qu'il subit. "On n'imagine pas que pour une assurance automobile, avec un véhicule de moyenne ou haut de gamme et payant une prime plus élevée, lorsque survient un sinistre, on plafonne le remboursement du sinistre", estime le syndicaliste.

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