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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 19:00


Au Jeu de Paume, le PS fustige
"la pratique sarkozyste" du pouvoir
Source : NOUVELOBS.COM  -  le 22 juin 2009

Alors que le président de la République s'apprête à prendre la parole devant le Congrès pour la première fois sous la Ve République, les parlementaires socialistes se sont rassemblés devant la salle du Jeu de Paume. Ils ont lancé un appel à "des Etats généraux pour une République moderne".

Les élus socialistes se sont rassemblés lundi 22 juin devant la salle du Jeu de Paume à Versailles, à quelques heures de l'intervention de Nocolas Sarkozy devant le Congrès. Les députés et sénateurs PS ont dénoncé devant ce symbole de la Révolution Française la "pratique sarkozyste" du pouvoir et ont lancé un appel à "des Etats généraux pour une République moderne".
C'est dans la salle du Jeu de Paume que les représentants du Tiers Etat avaient fait le serment, le 20 juin 1789, de ne jamais se séparer "jusqu'à ce que la Constitution du royaume soit établie".


"Un nouveau rassemblement de la gauche"
"La pratique sarkozyste nous éloigne tous les jours d'une démocratie moderne", estiment les parlementaires socialistes.
Ils considèrent que ces Etats-généraux peuvent "être aussi une première initiative d'un nouveau rassemblement de la gauche et des forces de progrès", selon l'appel.
Les groupes PS à l'Assemblée et au Sénat vont écouter le discours du chef de l'Etat devant le Parlement à 15h. Mais ils ont décidé de ne pas intervenir après le départ de Nicolas Sarkozy.
Les élus PS demandent qu'après le remaniement, le Premier ministre, qui ne va pas s'exprimer à Versailles, présente un discours de politique générale devant l'Assemblée nationale et le Sénat et engage sa responsabilité.
"Si le moment venu, nous pensons qu'il faut censurer le gouvernement, nous le ferons parce que nous en avons le pouvoir", a déclaré le chef des députés PS jean-Marc Ayrault.


"Un simulacre de débat"

Jean-Marc Ayrault a dénoncé un "simulacre de débat" dans l'intervention de Nicolas Sarkozy devant le Congrès à Versailles.
"Le Premier ministre est réduit au rang de simple collaborateur", a jugé Jean-Marc Ayrault, rappelant que "seul le Premier ministre est responsable devant le Parlement. C'est la raison pour laquelle nous ne participerons pas au simulacre de débat organisé cet après-midi".
"Le PS se trompe", a estimé le sénateur centriste Michel Mercier. "On n'est quand même pas en 1789 et à l'époque du serment du Jeu de Paume. Ne serait-ce que parce qu'on a une Constitution!".
Du côté de l'UMP, réuni les présidents des groupes parlementaires du parti majoritaire, Henri de Raincourt (Sénat) et Jean-François Copé (Assemblée), ainsi que son secrétaire général Xavier Bertrand et son porte-parole Frédéric Lefebvre, ont dénoncé lundi la "vacuité" de l'opposition, alors que l'intervention du chef de l'Etat devant le Congrès est selon eux un "moment historique".

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 18:00

Il vous arrive peut-être de lire, sur les sites internet, certains commentaires méprisants dès qu'il est question de Ségolène ROYAL.
Elle serait tellement nulle que de bonnes âmes lui recommandent de s'occuper de sa région-Poitou-Charentes et de ne plus en sortir !
C'est raté : en continuant de s'occuper de sa région, elle en sortira notamment pour une mission que vient de lui confier l'Organisation des Nations-Unies, dans le domaine de l'environnement.

(Dans les milieux autorisés on s'autorise à penser, comme disait Coluche, que Claude Allègre ... n'a pas été approché par les Nations-Unies ... par Sarko, oui !)

Enfin, ses missions internationales ne s'arrêtent pas là, puisqu'elle a été nommée la semaine dernière par Martine AUBRY au poste de représentante du PS au sein de l'Internationale socialiste.
Mauvaise série pour les grincheux !!!

 

Ségolène Royal sollicitée

par le Programme des Nations Unies

pour le Développement

(lutte contre le réchauffement climatique)

Communiqué du cabinet de Ségolène ROYAL  -  18 juin 2009

 

A la suite de l’information parue dans Le Parisien et Aujourd’hui en France de ce jour, son cabinet confirme que Ségolène ROYAL a été sollicitée par le PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement) en tant que présidente d’une Région ayant été citée comme exemplaire dans la coopération menée avec une région du Sénégal dans le domaine de l’énergie solaire et du micro-crédit.


Il lui a été demandé d’oeuvrer à la reconnaissance de l’action des régions, aux côtés des Etats centraux, comme élément clef dans la lutte contre les changements climatiques.


Ségolène Royal a accepté cette mission et sera présente, à ce titre, à la conférence mondiale sur le réchauffement climatique qui se tiendra à Copenhague en décembre 2009.


Elle rappelle l’importance cruciale, pour l’avenir de la planète, du processus de négociation internationale qui mènera à cette conférence internationale. La lutte contre les changements climatiques doit constituer une opportunité de mutation économique pour les pays industrialisés et de développement pour les populations du Sud qui seront les premières exposées aux bouleversements du climat.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 08:00

Dans la presse, j'ai noté récemment plusieurs appréciations positives du travail de Ségolène ROYAL. Ce n'est pas un éloge généralisé (la presse n'est pas là pour ça), mais quand même : il semble bien qu'on la considère au dessus de la mêlée, loin des  manoeuvres d'appareil et petites phrases qui fleurissent au PS, même après la débâcle du 7 juin aux Européennes.
(à ce propos, l'article ci-après évoque la campagne "à minima" de Ségolène ... j'en connais d'autres, mais passons !!!)

PS : Royal prend de la hauteur

 

Pendant que Martine Aubry est sous pression pour "refonder" le PS, l’ex-candidate à la présidentielle poursuit son chemin en solitaire.
 
La débâcle des européennes n’aura pas éclaboussé la "dame en blanc". Après avoir fait campagne a minima,  Ségolène Royal s’était depuis gardée d’en commenter les résultats. Au conseil national du 9 juin, les quadras s’en sont chargé à sa place, criant à la mort du parti si celui-ci n’organisait pas de primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste de 2012. La présidente de la région Poitou-Charentes préfère, elle, "prendre de la hauteur".
Incontournable, bien qu’isolée, elle est sortie lundi soir de son silence à l’occasion du quatrième rendez-vous de son université populaire participative, organisée par Désirs d’avenir à la mairie du IVe arrondissement de Paris. Pour son retour sur le devant de la scène, sans flashes ni caméras, elle a appelé le PS à réagir à l’abstention par "un sursaut, une audace nouvelle".

6,7 millions de voix perdues
Le "contexte politique" a vite été balayé. "Sur le Parti socialiste, je dirai juste un fait non polémique qui est un fait précis et incontestable : ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues depuis le premier tour de l’élection présidentielle", a-t-elle commenté, lapidaire. Plutôt que de s’appesantir, Ségolène Royal a jugé que cette situation devait renforcer la "volonté de travail, de dialogue, d’écoute et de proposition".
Pour montrer qu’elle-même se focalise sur le fond, Ségolène Royal a animé une rencontre studieuse sur "l’après-crise", avec des intervenants de qualité : l’ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, les économistes Philippe Aghion et Jean-Paul Fitoussi, ou encore Jacques Barbier, président du Réseau Eco-industries de Poitou-Charentes, venu vanter le bilan vert de sa "présidente" de région. Au printemps, Désirs d’avenir avait déjà planché sur la fraternité et l’Afrique. A l’automne, l’association se penchera sur l’économie verte, l’éducation et la "politique de civilisation", un concept du sociologue Edgar Morin dont Nicolas Sarkozy avait fait l’éloge en 2008 avant de le ranger dans les tiroirs.

Les régionales : l'échéance clé
Pendant que les socialistes s’écharpent sur la refondation du PS, que ses anciens soutiens, Vincent Peillon, Manuel Valls et quelques barons locaux, négocient des postes avec la direction du parti, Ségolène Royal poursuit donc sa route en solitaire, un pied dans le parti, un autre dehors. Pour mieux neutraliser les ambitions des jeunes lions, elle affiche sa réconciliation avec Martine Aubry. Après la défaite, celle-ci est venue lui offrir, dans ses bureaux parisiens, la vice-présidence de l’Internationale socialiste. Ses voyages destinés à asseoir sa crédibilité présidentielle se voient ainsi légitimés.
Les ex-rivales ont déjeuné ensemble hier midi à l’occasion d’une rencontre entre la première secrétaire et les présidents de région socialistes à la questure de l’Assemblée nationale pour préparer les élections de mars 2010.
L’échéance clé pour Ségolène Royal. Les têtes de liste seront désignées fin septembre. Selon un participant, "il y a toutes les chances que tous les présidents de région PS se représentent". "Je ne ferai qu’une seule exception, à titre personnel, avec Georges Frêche", le président du Languedoc-Roussillon exclu du PS, a souligné Martine Aubry.
Si les présidents auront toute latitude pour constituer leurs listes, les alliances avec le Modem devraient être bannies. Sur ce sujet, qui avait divisé les deux femmes à Reims, la première secrétaire a promis cette fois "de faire preuve d’autorité et d’imposer sa vision des choses".

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 13:00

Et un, et deux, et trois !
Après Valls et Moscovici, voilà le grand perdant de Reims qui nous fait "coucou" ...
Le grand perdant si on peut dire, car en réalité le grand perdant  fut le PS tout entier.

Bref, un appel de plus au "sursaut" du PS, venant de ceux qui ont contribué à le mettre à terre !
Je publie ici un article du journal Le Monde, et ne peux m'empêcher de réagir à certains passages. Mes commentaires sont en rouge, comme ma colère !
 

M. Delanoë appelle le PS à "un sursaut"
Source : LeMonde.fr  -  le 15 juin 2009

Le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë assure, dans un entretien au "Monde", qu'il n'a "fait de croix sur rien du tout" et, tout en mettant en garde contre des dérives qui "rappellent celles de la SFIO", il appelle le Parti socialiste à "un sursaut" après la sévère défaite enregistrée aux élections européennes (16,48 % des voix).

Les raisons  de l'échec électoral.

M. Delanoë estime que "les électeurs n’ont plus le sentiment d’être notre principale préoccupation". "Ce processus lourd rappelle les dérives de la SFIO : des phénomènes de clientélisme en interne, des votes pas forcément clairs, une paresse intellectuelle", déclare-t-il. "Aujourd'hui, ce qui domine dans l'opinion et altère tout autre message, c'est que nous avons perdu le sens du désintéressement et de la victoire collective".

M. Delanoë appelle à "un sursaut" :"Notre tâche prioritaire est de construire une orientation politique de gauche, réformiste, européenne, écologiste. Il est temps de recréer un mouvement à ancrage populaire, moderne, réinventant sa relation aux citoyens et s'assumant comme une gauche de gouvernement".

 

Il ne s'est pas tenu un congrès en novembre 2008, censé devoir règler toutes ces questions ?
Le sursaut, il aurait fallu l'avoir à ce moment-là, non ?
Quant à la "clarté" des votes !!! ... qu'il s'adresse aux responsables du triste spectable offert généreusement aux français !


L'action de Martine Aubry.

M. Delanoë se dit prêt à aider Martine Aubry, la première secrétaire du PS. Sans condition. "Je suis loyal et collectif, mais j'ai aussi des convictions, explique-t-il. J'ai donc l'intention d'être libre dans mes convictions et totalement collectif dans mon engagement".

Le maire de Paris considère qu'il est "normal de ne pas trouver la solution en 48 heures quand on doit se ressaisir après des années d'affaiblissement".

Les ambitions personnelles.

Interrogé sur ses ambitions personnelles au sein du parti, M. Delanoë, qui avait été candidat à la direction du PS au Congrès de Reims, assure agir "en fonction de ce qu'[il] croi[t] utile et efficace" et dit vouloir "servir [son] pays par les valeurs de la gauche".

"Cela peut se faire sans a priori sur les postes", déclare-t-il.

L'instauration de primaires.

Le débat qui s'est engagé au PS sur l'instauration de primaires en vue des élections présidentielles de 2012 ne lui paraît "ni prématuré, ni négatif". "Mais les primaires ne résument pas à elles seules la rénovation indispensable de nos pratiques, par exemple, sur le cumul des mandats, y compris dans le temps", souligne-t-il.

Ah, te voilà toi, je te vois, le "non cumul des mandats" ... dans mes rêves !!!


La stratégie d'alliances.

M. Delanoë met par ailleurs en avant le fait que "le PS doit redevenir un facteur de clarté et d'honnêteté". Il redit ainsi son hostilité à une alliance avec le MoDem de François Bayrou.

"Il est inacceptable de s'allier avec une formation qui pratique des accords à géométrie variable, avec la gauche à un endroit, avec la droite à un autre, avance-t-il. C'est cela qui crée la confusion et installe, dans l'esprit de l'électeur, le sentiment de "bricolages" politiciens. Au contraire, il faut lui proposer une offre bien différenciée".

 

Il a raison, quoi ! Ce qui crée la confusion, ce sont les accords locaux que le PS a déjà conclu

avec des alliés de gauche à un endroit ... avec le MoDem à un autre endroit !

Et si on parlait des alliances qui se préparent pour les Régionales 2010 ?

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 11:00



Sarkozy est social ... à l'étranger
Source : Sarkofrance.fr  -  le 16 juin 2009


Lundi 15 juin, Sarkozy intervenait devant la conférence annuelle de l'organisation internationale du Travail (OIT) à Genève.


A défaut de les défendre en France, il promet de promouvoir les causes de l'environnement et des travailleurs en Europe.



 

Le lendemain du scrutin européen, le président français avait reçu les syndicats français. Ces derniers lui avaient demandé de défendre devant l'organisation internationale du travail (OIT) le respect de normes sociales internationales. Ils ont été un peu échaudés par l'absence de l'OIT au G20 de Londres, en avril dernier. D'après Bernard Thibault (CGT), Sarkozy aurait "l'intention de défendre une vision que porterait la France du rôle et de la vocation de l'OIT à l'avenir et de la place des normes sociales dans le commerce mondial".

 

A Genève, Nicolas Sarkozy a remis le couvert habituel sur la moralisation du "capitalisme-financier-qui-détruit-les-emplois" : "on ne règlera rien, si on ne règle pas d'abord la question du capitalisme financier qui impose à l'économie et à la société son propre système et ses propres normes".

 

Il répète qu'il veut revoir : "la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération". "La crise nous rend de nouveau libre d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible".

Sans rire, le président français a interpellé Barack Obama: "Je veux dire au Président des Etats-Unis que l'Amérique doit être la plus ambitieuse parce que c'est sa vocation (...) Je veux dire à tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne que l'Europe doit être exemplaire parce c'est ainsi qu'elle sera la plus fidèle à ses valeurs et qu'elle aura une chance de la faire partager".

 

A genève, Sarkozy a réitéré son souhait de la création d'une taxe carbone, et, côté social, réclamé que les normes votées par l'OIT deviennent la norme: "Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent."  [ et poète avec ça !!! ]

Une déclaration qui n'engage que son auteur, qui, pour mémoire, n'a pas pas placé la politique sociale à l'ordre du jour de la présidence française de l'Union Européenne en 2008, préférant l'immigration et la régulation financière.


Lire la suite :  ICI

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 10:00

Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent (4)
par Edwy PLENEL  -  le 9 juin 2009

 

Un défi historique qui appelle un changement radical


Alors, que faire ? La réponse vous appartient, et je n'ai aucune recette en magasin.

Je pressens seulement que si vous continuez comme avant, sans sursaut ni vision, vous serez perdus. Jusqu'ici, vous viviez dans le confort de vos fiefs municipaux, départementaux et régionaux. Après tout, vous pouviez digérer l'échec national si vous restiez maîtres des territoires. A un an des élections régionales, l'alarme de ces élections européennes annonce la fin de cette illusion.

Les Verts, que n'obnubile pas la présidentielle, pensent déjà aux régionales, avec la cohérence, le dynamisme et le systématisme qu'ils viennent de prouver. Et ils n'ont aucune raison de se dissoudre dans un front opportun dont vous auriez soudain le souci, après avoir joué en solitaires. Pas plus sans doute que les gauches de la gauche qui préféreront se rapprocher avant de se tourner vers vous. Hier, vous avez dominé et instrumenté la gauche plurielle, plutôt que vous ne l'avez animée et fédérée. Aujourd'hui, vous ne pouvez penser la réanimer artificiellement sur la base de votre propre faiblesse.

Vous êtes donc seuls, face à votre histoire qui est aussi la nôtre. Car ce qui vous arrive, qui nous concerne et nous inquiète, dépasse nos individualités. Un cycle plus que centenaire s'achève, sous les coups de boutoir des crises financière, économique et écologique. A la fin du XIXe siècle, dans le contexte de la première mondialisation et de la deuxième révolution industrielle, la social-démocratie fut une invention européenne, porteuse de trois réponses : l'internationalisme comme souci du monde, le parlementarisme comme projet démocratique, le prolétariat comme levier social. Toutes les familles de la gauche, quels que soient leurs fractures, déchirements et trahisons, sont issues de cette matrice dont les idéaux ont fini par ensemencer toutes nos sociétés, dans leurs pratiques sociales et leurs cultures démocratiques.

Quel en sera l'équivalent à l'heure d'une deuxième globalisation qui décentre le monde, au détriment d'une Europe occidentale qui se crut longtemps maître de sa destinée, et d'une troisième révolution industrielle, qui appelle de nouveaux droits et de nouveaux modèles, d'autres précautions et d'autres protections ?

C'est à cette question qu'il faut répondre par l'invention de nouvelles radicalités démocratiques, sociales et écologiques. Ne manquant pas de penseurs visionnaires, de René Dumont hier jusqu'à Edgar Morin aujourd'hui, les écologistes français s'y attachent avec persévérance hors des sentiers battus. Certaines gauches alternatives aussi, ébranlant les anciens héritages étatiques et les vieux dogmes productivistes, dans une fidélité à une critique libertaire du capitalisme confortée et rajeunie par la crise.

Et c'est aussi ce défi, largement intellectuel avant de se traduire en pratique politique, que l'on retrouve dans la longue marche de Barack Obama, pavée de livres et de discours qui réfléchissent pour agir, qui embrassent large et visent loin. Avant un programme catégoriel, c'est une vision qu'il nous faut où l'espérance de changement se ressource dans l'inquiétude des périls. En somme, un horizon vers lequel avancer. Hélas, rien de tel, pour l'heure, de votre côté.

Oui, hélas, car le temps presse. Jamais les idéaux portés par la gauche n'ont eu autant de pertinence face à la débâcle d'un système injuste, inefficace et destructeur. Et, pourtant, dans presque toute l'Europe, la gauche recule, les conservateurs progressent et l'extrême droite augmente. Quant à la France, l'actuel pouvoir y serait déjà clairement minoritaire, discrédité par ses excès de démagogie et ses abus de pouvoir, s'il n'avait pas, en face de lui, l'opposition la moins inventive, la moins déterminée et la moins rassemblée qui soit. Et c'est un peu, voire beaucoup par votre faute.

Ma sévérité est à la mesure de mon attente. Je ne crois pas à la politique du pire. Les crises ne sont pas forcément salvatrices. Elles peuvent accoucher aussi bien de régressions terribles, avec l'installation durable de pouvoirs orwelliens mâtinés de télé-réalité, répétant sans cesse à des peuples anesthésiés et désinformés : ayez peur, ayez bien peur, ayez surtout peur, et laissez-moi m'occuper tout seul du reste. De tout le reste. Et, par-dessus tout, de l'argent et de la puissance, ces deux adversaires éternels de l'espérance progressiste. C'est ce cauchemar qu'il nous faut faire fuir, tous ensemble.

 

Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin. Merci, peut-être, de me répondre. Merci, surtout, d'en tenir compte, qui sait ?

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 09:00


Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent (3)
par Edwy PLENEL  -  le 9 juin 2009



Ce silence sur l'ouverture sarkozyste qui vous accable 

Troisièmement, vous avez oublié d'être vous-mêmes. D'ordinaire, la droite ne masque pas les intérêts particuliers qu'elle défend : elle les assume, les revendique, les illustre par ses choix économiques, sociaux, fiscaux, sociétaux, etc. Et, sur ce registre, le pouvoir actuel se dissimule moins que d'autres, assumant sans vergogne un mélange sans pareil des intérêts privés et des responsabilités publiques. 

Or, à force de vous identifier à l'Etat par un effet insidieux de ce présidentialisme qui vous éloigne de votre base, vous finissez par oublier les intérêts sociaux qui vous légitiment. Etre socialiste, ce devrait signifier porter sans complexe les voix de ceux que l'on entend le moins, qui décident le moins, qui comptent le moins - des ouvriers, des employés, des travailleurs, des salariés. Des classes populaires en somme. De ceux qui subissent le partage inégal des richesses inhérent à l'ordre économique actuel. 

Or, il y a à peine un an, révisant votre déclaration de principes, vous en avez ôté la simple mention sous forme de constat que les classes sociales existent, comme si cette affirmation que la politique est aussi l'affrontement d'intérêts sociaux divergents vous semblait dépassée.

Pis encore, quand le peuple guadeloupéen a donné l'exemple d'une riposte inventive et fédératrice à la crise, par la mobilisation la plus large et la plus déterminée, vous avez paru prendre peur, redoutant une contagion soudaine en France plutôt que de citer en exemple Liyannaj kont pwofitasyon. Qui ne voit pourtant, dans les entreprises comme dans les universités, les unes mobilisées dans la dispersion, les autres épuisées par leur solitude, qu'une dynamique rassembleuse, faisant front contre des politiques injustes et régressives, aurait insufflé de l'espoir, l'envie de résister et d'inventer, plutôt que le découragement qui, aujourd'hui, rôde ? 

Mais vous ne vous êtes pas seulement éloignés de votre base sociale ; vous avez plus largement ignoré la société civile, sa vitalité associative, son bouillonnement intellectuel, son expertise militante. Quand, enfin, vous vous mettez à réfléchir, colloquer et discuter, voici qu'on retrouve les mêmes figures intellectuelles ou médiatiques qui encombrent les allées gouvernantes depuis bientôt trente ans. Vous ne prenez aucun risque, préférant rester en terrain connu et usé.

 

C'est votre quatrième renoncement, et peut-être le plus sourdement inquiétant : non seulement vous ne travaillez pas assez votre culture générale, mais surtout vous ne dialoguez plus avec le monde du savoir, vous n'affrontez pas l'audace des idées, vous n'écoutez pas avec humilité ce qu'auraient à vous dire tous ces historiens, sociologues, économistes, mathématiciens, physiciens, biologistes, etc., scientifiques authentiques qui fréquentent laboratoires et bibliothèques plutôt que les allées du pouvoir et de la notoriété. 

Il est, de ce point de vue, un souvenir pas si lointain dont l'ironie amère vous accable : Eric Besson, le symbole même du transfuge sans principes, traître à ses électeurs comme à ses convictions, était jusqu'au tout début de 2007 votre secrétaire national aux études. Désormais numéro deux de l'UMP et ministre de l'identité nationale, ce converti zélé au sarkozysme, dont la dérive n'est sans doute pas achevée, était donc officiellement chargé de vos réflexions, pensées et analyses - c'est tout dire. 

Depuis sa survenue, vous faites semblant de traiter l'ouverture, ce débauchage humiliant sans autre loi que l'avidité ou la lassitude, comme un épiphénomène. Ce ne serait, à vous croire, que trajectoires individuelles, quand leur somme nous dit le contraire : aucune de vos sensibilités, aucune de vos histoires, aucun de vos courants n'est épargné. De la mitterrandie à la deuxième gauche, de Jacques Delors à Lionel Jospin, de Michel Rocard à François Hollande, sans oublier SOS Racisme, aucun territoire socialiste n'a su résister en bloc à l'érosion sarkozyste - et ce n'est probablement pas fini. 

Ce n'est pas seulement affaire de morale politique, bien que la vertu républicaine soit ici malmenée, c'est aussi la note à payer des manquements déjà relevés. Il faut être équitable : ces hommes et ces femmes ont changé de camp sans y voir de rupture. Tout simplement parce que leurs dérives individuelles avaient été précédées par vos dérives collectives. Qu'il s'agisse des institutions, des banlieues, de l'islam, de la sécurité, des libertés, de l'immigration, des privatisations, de la fiscalité, de l'Union européenne, du Proche-Orient, etc., la liste est longue des glissements progressifs par lesquels le socialisme français a perdu en spécificité, en identité et en substance. Comme si vous vous étiez laissé glisser, au fil de vos épisodes gestionnaires, sans prendre la mesure des défis du monde et de l'époque. 

(la suite : Un défi historique qui appelle un changement radical)

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 08:00

Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent (2)
par Edwy PLENEL  -  le 9 juin 2009

 

Un vote qui sanctionne vos renoncements

Car le résultat électoral du 7 juin 2009 n'est pas un accident, mais une confirmation : celle de votre incapacité collective à vous réinventer un avenir, un projet, une vision. Contrairement aux commentaires convenus, ce n'est pas l'opposition déterminée à Nicolas Sarkozy qui a été sanctionnée dans les urnes, mais votre impuissance à incarner une opposition crédible. Abstentionnistes massifs - dont, pour l'essentiel, la jeunesse et les classes populaires - et électeurs écologistes - dont, notamment, le socle urbain et diplômé de votre électorat - ont sanctionné, par leur absence ou par leur vote, vos divisions, vos faiblesses et vos silences. L'affirmer, ce n'est aucunement diminuer le mérite des listes Europe Ecologie qui ont suscité l'adhésion par contraste avec vos manques. 

L'unité des différences, l'originalité du projet, le souci du monde et le souffle de démocratie étaient en effet de leur côté, pas du vôtre. Dans un processus longuement mûri et parfaitement maîtrisé, les Verts ont suscité un rassemblement qui les dépassait, du noniste altermondialiste José Bové aux animateurs de la Fondation Hulot. Loin des vieilles recettes, leur projet européen associait le changement écologique et la protection sociale, se voulant carrément un " programme de transition entre deux mondes, entre deux modèles de développement, entre deux civilisations". 

La promotion de deux figures européennes, mariant et dépassant les nationalités, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, exprimait une particulière intelligence du monde, de son interdépendance, de sa complexité et de sa fragilité. Enfin, l'absence de toute préoccupation présidentielle, associée à une authentique culture parlementaire européenne, insufflait une vitalité démocratique, à l'image de la décontraction et de la simplicité du leader de la campagne. 

Pendant que les écologistes travaillaient, vous vous disputiez. Non pas sur les idées, tant les divergences sont au fond minimes entre vous, mais sur les personnes. En 2006, dans un livre d'entretiens, je me souviens avoir opposé à votre premier secrétaire d'alors, François Hollande, cette réflexion de Pierre Mendès France : "Choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale), c'est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c'est une régression par rapport à une évolution que toute l'histoire nous a appris à considérer comme un progrès." 

A trois ans de distance, sa réponse ferait sourire si ce n'était pas pitié : "L'essentiel, c'est le projet politique, et cette leçon-là demeure. Les personnalités comptent, mais ne nous laissons pas emporter par la compétition des personnes. [...] C'est le projet, c'est le contrat, c'est la politique qui crée la dynamique. C'est le collectif qui porte l'individuel." Vous avez toujours produit d'excellents commentateurs de notre vie politique. Ils ne font pas forcément ses meilleurs rénovateurs. 

La sanction électorale dont vous faites l'objet vient de loin. Elle frappe de longues fainéantises et d'anciens renoncements. J'en dénombre au moins quatre.

Le présidentialisme d'abord, cette gangrène qui dévitalise la démocratie française : héritiers de François Mitterrand, qui en accrut les travers à rebours de ses engagements, vous n'avez pas su inventer un projet politique qui refonde notre démocratie en limitant, en contrôlant et en équilibrant ce pouvoir exécutif dominateur. 

Pis, vous avez même accéléré, sans en débattre publiquement, cette présidentialisation de notre vie publique, dont profite l'actuel pouvoir, en associant le passage au quinquennat et l'inversion du calendrier électoral. Toutes générations confondues, vous êtes ainsi devenus un parti de professionnels, où l'individualisme carriériste l'emporte sur la fraternité militante. A tel point que, dans un paradoxe audacieux, les plus rénovateurs d'entre vous ne voient d'autre moyen de sortir de l'impasse que de trancher au plus vite cet enjeu présidentiel en contournant votre propre parti par des primaires ouvertes à toute la gauche. 

Cette campagne européenne l'a prouvé au-delà du raisonnable : votre deuxième renoncement concerne rien de moins que le monde qui nous entoure. En théorie porteur, depuis l'origine, de valeurs et principes universalisables, sans passeports ni frontières, le socialisme est supposé unir l'intelligence internationale au projet national. De fait, l'Europe fut, dans les années 1980, votre affaire avec Jacques Delors, tout comme ce sont deux des vôtres qui dirigent aujourd'hui le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du commerce. 

Or c'est tout le problème, que révèle au grand jour l'actuelle crise économique et qui fut au moteur de votre propre schisme lors du référendum européen de 2005 : vous avez accompagné la financiarisation et la bureaucratisation de l'Europe, plutôt qu'incarné sa dynamique démocratique et sociale. L'incapacité des socialistes européens à porter une stratégie, claire et cohérente, de changement lors de ce rendez-vous électoral alors même que le capitalisme traverse une crise historique portait l'échec dans les urnes comme la nuée annonce l'orage.

(la suite : Ce silence sur l'ouverture sarkozyste qui vous accable)

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 07:00


Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent
par Edwy PLENEL  -  le 9 juin 2009

 

 

Le résultat électoral du 7 juin 2009 n'est pas un accident, mais une confirmation: celle de l'incapacité collective des socialistes à se réinventer un avenir, un projet, une vision. Pour la gauche tout entière, cet état de fait n'est pas une bonne nouvelle, tant son avenir dépend du sort d'un parti qui, depuis près de quarante ans, y occupe la place centrale. Encore moins quand nos sociétés affrontent une crise historique. Voici une réflexion de parti pris en forme de lettre ouverte aux dirigeants socialistes.


Peut-être est-il trop tard, et cette lettre inutile. Je vous ai écoutés depuis dimanche soir : les mêmes mots désolés, les mêmes phrases d'attrition, le même lamento qu'aux soirs de vos échecs de 2002 et de 2007 - ces élections présidentielles supposées imperdables. Mots vides, phrases creuses, refrains artificiels auxquels, depuis le temps, nous ne pouvons plus croire. Car sans doute les retrouverait-on, identiques, aux soirs de vos cinglants revers législatifs de 1986 et de 1993. C'est une vieille manie : les soirées de défaites électorales, vous vous souvenez soudain de vos électeurs. Quand vous les perdez... 

Puis vous revenez à vos affaires, sans rien changer de vos habitudes - manœuvres d'appareil, divisions intestines, rivalités personnelles. Avec la conviction tranquille qu'un retour de balancier vous assurera, de nouveau, places, postes, réseaux. Comme si vous étiez définitivement la seule alternance possible à la droite et naturellement les propriétaires des suffrages qui vont avec. Comme si vous n'aviez pas à les reconquérir. Comme s'ils vous revenaient de droit, telles des brebis égarées trouvant forcément le chemin du bercail. 

Procès d'intention, direz-vous. Non, simple constat logique : si vous pensiez vraiment le contraire, vous auriez agi autrement depuis 2007, voire depuis 2002. Vous vous seriez ressaisis, vous n'auriez pas privilégié vos détestations plutôt que vos solidarités, vous ne vous seriez pas écharpés comme des chiffonniers, vous n'auriez pas truqué vos propres votes de congrès, vous n'auriez pas offert ce spectacle lamentable à Reims, vous ne vous seriez pas repliés sur vous-mêmes en ces temps d'urgence sociale et démocratique, bref vous auriez pensé à parler à celles et ceux sans lesquels vous n'êtes politiquement rien, plus rien : vos concitoyens, vos électeurs. 

Quel droit ai-je à vous apostropher ainsi ? Justement, celui d'être, comme des millions d'autres Français, l'un de vos électeurs, fidèle et constant. J'ai beau parfois la juger avec sévérité, puisque confronté dans mon travail de journaliste à ses incohérences ou à ses impostures, la gauche reste ma famille, de cœur et d'esprit. 

La gauche ? Sans l'idéaliser, je veux dire par là cette conviction élémentaire que, derrière tout désordre, il y a une injustice, quand conservateurs et réactionnaires choisiront l'injustice plutôt que le désordre. Or, depuis votre congrès d'Epinay en 1971, depuis la dynamique unitaire qui a suivi, depuis qu'ainsi, vous avez définitivement ravi au Parti communiste la première place, vouloir que la gauche gouverne le pays oblige à voter pour vous, par-delà la diversité des gauches françaises. 

Cette responsabilité que vous revendiquez auprès de nous, nous donne donc quelques droits sur vous, et d'abord celui de vous parler franchement. Pour vous dire que les partis sont mortels, qu'aucune étiquette n'est éternelle et que les idéaux n'ont pas d'écurie assignée. Le darwinisme vaut aussi en politique : on vit, on meurt, on se transforme ou on disparaît. 

Discréditée par son attitude devant la question coloniale, la SFIO aura vécu, et le Parti socialiste fut plutôt une création par agrégation et rupture que sa succession logique. De 1958 aux années 1970, l'enterrement aura duré près de quinze ans. C'est à peu près le temps qui nous sépare de la fin, en 1995, de l'interminable présidence de François Mitterrand dont, en vérité, vous ne vous êtes toujours pas remis. Et dont, peut-être, vous ne vous remettrez jamais.

(la suite : Un vote qui sanctionne vos renoncements)

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 21:00



Le PS présent au Congrès de Versailles, mais...

Source : Site officiel du Parti Socialiste  -  16 juin 2009


 


Suite à une décision du Bureau national du PS, les parlementaires socialistes se rendront au Congrès de Versailles, le 22 juin, et assisteront au discours de Nicolas Sarkozy.

Mais ils refusent de prendre part au "simulacre de débat" parlementaire organisé après son départ, pour protester contre l'impossibilité pour eux d'interpeller directement le chef de l'État. 


"Nous avons des propositions et nous voulons que les Français les entendent", a martelé Martine Aubry. Les parlementaires les exprimeront dans un cadre ad hoc, l'Assemblée nationale, lors du débat sur la politique générale du gouvernement, à la fin du mois de juin.

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