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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 08:00

bonnet-d-ane.jpg 

Heures sup : le rapport qui accable

Source : LIBERATION.fr  -  le 30 juillet 2011

 

Le sacro-saint «travailler plus pour gagner plus» du sarkozysme est passé à la moulinette par l’Assemblée nationale. Trop cher, pour des gains minimes…

Le dernier pilier du sarkozysme historique - les heures supplémentaires défiscalisées - commence à vaciller dangereusement. Traduction concrète du «travailler plus pour gagner plus», cette très coûteuse survivance de la loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d’achat), votée en période de croissance, résiste de plus en plus mal à la crise économique. A l’occasion de la publication, mercredi, des derniers chiffres du chômage (33 600 demandeurs d’emploi supplémentaires en juin), la plupart des syndicats ont à nouveau réclamé, à l’instar de la CFDT, «la suppression d’un dispositif pénalisant l’emploi et inefficace pour le pouvoir d’achat». Mais ce n’est pas tant du côté des syndicats, dont les protestations sur le sujet sont récurrentes, qu’est partie récemment la charge la plus meurtrière, mais de l’Assemblée nationale… Dans un rapport bipartisan publié fin juin, le député socialiste Jean Mallot et son collègue de l’UMP Jean-Pierre Gorges flinguent ouvertement un dispositif jugé inefficace, dispendieux et inégalitaire…

Un effet d’aubaine pour les entreprises

Le premier objectif de la mesure, faire «travailler plus» les salariés, est un échec, explique les parlementaires. Sur le papier, le nombre d’heures supplémentaires a bien augmenté depuis l’entrée en vigueur de la loi, le 1er octobre 2007, mais cette hausse ne serait que théorique. En effet, de nombreuses entreprises, notamment celles restées aux 39 heures, ne signalaient pas toujours à l’administration ces 4 heures sup hebdomadaires effectuées par leurs salariés, car aucun avantage social ou fiscal ne les incitait à le faire. «Une sous-déclaration des heures supplémentaires structurelles, expliquent les deux députés, qui constituait un […] gisement naturel pour l’effet d’aubaine.»Et qui a pu conduire, après la date du 1er octobre 2007, «à une hausse du nombre d’heures supplémentaires déclarées sans que la durée du travail effective n’augmente». Conséquence : la loi «aurait conduit pour l’essentiel à subventionner les heures supplémentaires "structurelles" qui auraient été effectuées en l’absence de dispositif Tepa».Et de souligner, pour enfoncer le clou,«qu’aucune des personnes entendues par les rapporteurs n’a pu démontrer que le dispositif avait suscité directement la réalisation d’heures supplémentaires "supplémentaires"».Au mieux, avancent les députés, le dispositif a pu freiner la baisse du nombre d’heures travaillées pendant la crise, mais en aucun cas l’augmenter, celles-ci ayant de toute façon baissé entre 2007 et 2010. Au risque, par ailleurs, avancent prudemment les députés, «d’une réduction plus forte du nombre d’emplois par un recours accru ou maintenu aux heures supplémentaires subventionnées».

Un faible gain pour les salariés

Le second volet - «gagner plus» - ne semble pas avoir remporté plus de succès. L’exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu sur les heures supplémentaires a bien conduit, pour les intéressés, à un gain médian (la moitié gagnant plus, l’autre moins) de 350 euros par an, soit 29 euros mensuels, mais pour un quart seulement des foyers fiscaux en France et de façon assez inégalitaire. Un gain d’autant plus limité, selon les rapporteurs, qu’«il n’est pas exclu que le dispositif ait, au moins transitoirement, pesé sur les négociations salariales à l’avantage des employeurs». Quant au seul volet fiscal, «la mesure […] profite plus aux classes moyennes, imposables, qu’aux foyers fiscaux les plus modestes, non imposables». Pour les plus aisés, par contre, «l’absence de plafonnement du gain fiscal peut être problématique, car conduisant à des avantages pouvant être jugés disproportionnés». Et de donner un exemple : parmi les 1 000 foyers bénéficiant le plus de la mesure, l’avantage moyen s’élève à 8 000 euros, représentant en moyenne 8% du revenu. Donc au profit de foyers gagnant près de 100 000 euros par an. Au plan macroéconomique, écrivent les députés, la mesure a généré «un gain marginal de 0,3% du revenu disponible des ménages».

Un gouffre financier

La seule promesse, semble-t-il, qu’ait tenu la mesure, c’est son coût. D’un montant d’«au moins» 4,5 milliards d’euros par an, elle constitue l’une des niches fiscales les plus gourmandes. Et «si la conjoncture devient plus favorable, conduisant à une utilisation plus intense de la mesure, notent les rapporteurs, les coûts augmenteront significativement».

Le gouvernement, qui cherche désespérément à faire baisser le déficit, dispose, avec la suppression de cette mesure, d’une solution toute trouvée… Mais ce serait reconnaître que près de 15 milliards d’euros ont été dépensés inutilement depuis trois ans. Voire au détriment de l’emploi.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 12:00

 

Chômage : comment Bertrand espère inverser la tendance

Source : LesEchos.fr  -  le 29 juillet 2011 

 

Le ministère du Travail explique la forte hausse du chômage par le coup d'arrêt de la croissance au deuxième trimestre. Xavier Bertrand maintient l'objectif d'un retour cette année sous 9 % de chômage. Il mise sur l'essor des contrats aidés et de l'alternance.

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Toujours aussi déterminé, mais un peu désarmé. Invité hier sur Europe 1 pour commenter la forte hausse du chômage en mai et juin, Xavier Bertrand a affirmé « maintenir l'objectif de repasser sous 9 % de chômeurs à la fin de l'année ». Mais dans un contexte de rigueur, le ministre de l'Emploi n'a pas annoncé de nouvelles mesures pour relancer un marché du travail dont il attribue le coup d'arrêt à celui, parallèle, de l'activité : « S'il n'y a pas de croissance, c'est plus difficile. » Son entourage souligne en outre que le dynamisme de la population active (100.000 actifs de plus prévus cette année) pèse aussi. Pour inverser la tendance, la Rue de Grenelle mise sur la montée en puissance des mesures lancées ces derniers mois. Elles ne sont pas négligeables mais leur impact pourrait tarder. Revue de détails. 
Contrats aidés : mettre le paquet au second semestre.
C'est la principale arme dont l'Etat dispose. A l'origine, le nombre de contrats aidés devait baisser en 2011 (390.000 contre 520.000 en 2010). Mais le 10 février, Nicolas Sarkozy a annoncé une rallonge de 500 millions d'euros du budget de l'emploi, dont 350 millions pour 2011 afin de financer 50.000 contrats de plus. Selon le ministère, la montée en puissance de ces 440.000 contrats devrait « s'accélérer au second semestre », période sur laquelle la programmation budgétaire prévoyait déjà de faire porter l'essentiel de l'effort. Mais la Rue de Grenelle n'avance pas de chiffres précis sur les contrats déjà signés, et donc ceux à venir. Autre levier : les contrats aidés ciblés sur les bénéficiaires du RSA, cofinancés par les collectivités locales. Elles se seraient déjà engagées sur 100.000 contrats, pour un objectif de 120.000 en 2011. Pour l'heure, des dépenses supplémentaires ne sont pas à l'ordre du jour. « Nous serons fidèles à l'enveloppe, affirme le ministère, qui n'exclue toutefois pas de futurs redéploiements », sans apporter plus de précisions à ce stade.
Chômeurs de longue durée : des rendez-vous, mais après ?
Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d'un an a bondi de 10 % en un an, malgré une mobilisation spécifique de Pôle emploi, enjoint en février par Nicolas Sarkozy de recevoir « dans les trois mois » tous les chômeurs de longue durée pour leur proposer « soit une formation qualifiante, soit un emploi ». La mesure concernait 680.000 chômeurs de catégorie A. Le ministère assure que 87 % ont été reçus à ce jour mais reste, comme Pôle emploi, évasif sur les solutions proposées. Pour le SNU -FSU, premier syndicat de Pôle emploi, cet engagement n'a pu être tenu qu'en multipliant les rendez-vous collectifs.
Seniors : pas de miracle en vue.
Les chômeurs de plus de 50 ans ont beau être les plus durement touchés (+ 13 % en un an), aucune mesure spécifique d'importance n'est prévue pour eux. L'exécutif s'en remet à la montée en puissance des accords sociaux négociés ces deux dernières années. Mais ceux-ci portent plus sur le maintien dans l'emploi que sur des embauches, et la Rue de Grenelle, qui mise sur un changement de comportement des DRH avec la réforme des retraites, convient qu'ils sont « de qualité inégale ».
Alternance : la pression va s'accentuer sur les entreprises.
Le développement de l'alternance, encore et toujours. Le gouvernement continue à miser sur cet outil considéré comme le meilleur tremplin vers l'emploi pour les jeunes mais dont l'essor tarde, en dépit de nombreux plans d'action ...

 

Totalité de l'article  :  ICI

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 14:00

 

- la dette, l'équité fiscale

- la mauvaise politique du pouvoir de droite

- le rassemblement, nécessaire pour que ça change dès 2012 

 


S. Royal "Je propose une règle d'argent, c'est... par segolene-royal

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 12:00

le-blog-de-segolene-royal

 

Nicolas Sarkozy s'apprête à soumettre au vote des parlementaires une loi qui prétend inscrire dans la Constitution l'interdiction des déficits publics. Cette "règle d'or" n'engage à rien, elle n'est qu'une règle de papier.
 

C'est une façon périmée de faire de la politique.  Face à la gravité de la question des déficits publics, les Français veulent des actions sérieuses, pas des manoeuvres politiciennes.

1/ Nicolas Sarkozy, veut appliquer cette règle aux autres sans se l'appliquer à lui même.

C'est quelque chose d'artificiel. Il repousse à 2013, après l'élection présidentielle, ce qu'il pourrait appliquer dès maintenant. Les déficits doivent être réduits le plus tôt possible. C'est dès maintenant que Nicolas Sarkozy peut agir, au lieu de reporter le problème sur son (ou sa) successeur(e). S'il s'était appliqué une règle d'or dès le début de son quinquennat, jamais Nicolas Sarkozy n'aurait pu voter le bouclier fiscal, ni réduire l'ISF.

2/ C'est comme si un conducteur sans permis voulait donnait des leçons de conduite. Sarkozy a même commis des excès de vitesse: nous sommes passés d'un déficit budgétaire de 50 milliards d'euros au début de son quinquennat à un déficit de plus de 100 milliards d'euros aujourd'hui. Il ne faut pas faire croire aux Français que les choses s'amélioreront alors qu'il ne respecte pas ses engagements.

3/ Il faut éviter un piège. La responsabilité socialiste est de protéger les Français et de ne pas céder aux manoeuvres politiciennes. Nicolas Sarkozy tend un piège aux parlementaires socialistes, en espérant pouvoir les caricaturer en mauvais gestionnaires s'ils refusent de voter en sa faveur.

Jamais les socialistes ne pourront s'associer à une telle démarche, car la droite n'est pas crédible sur la question de la réduction des déficits: ce gouvernement est le seul au monde à accuser un tel grand écart entre les discours et les actes.

Les manœuvres politiciennes ne doivent pas occulter le fond. C'est pourquoi Ségolène Royal a proposé un projet alternatif avec trois propositions sérieuses pour commencer dès maintenant à résorber les déficits :


1/ Lutter contre la fraude fiscale. La Commission Européenne estime à 50 milliards le coût de la fraude fiscale pour les finances publiques de notre pays.

2/ Remettre à plat la fiscalité pour plus de justice.
L'exonération des heures supplémentaires coûte 4,4 milliards d'euros, il est urgent de réinjecter cet argent dans la relance économique. La baisse de l'ISF votée par la droite est un cadeau fiscal inacceptable, qui coûte 2,2 milliards d'euros par an à l'Etat. En tout, les niches fiscales plombent nos comptes publics à hauteur de 70 milliards d'euros. Il est injuste et anormal que les PME payent 30% de plus d'impôt sur les sociétés que les grands groupes du CAC 40. Les entreprises du CAC 40 doivent payer leurs impôts. Il n'y aura pas de réduction des déficits sans une équité fiscale, tous les citoyens participeront au prorata de leurs moyens.

3/ Augmenter les rentrées fiscales grâce à une dynamique économique nouvelle. La crédibilité, c'est d'abord relancer l'économie. En l'absence de politique industrielle, il faut remettre le pays en mouvement pour redonner confiance en notre économie et réduire la dette. Les PME attendent encore un soutien de l'Etat pour se développer. Cet élan sera donné par un Small Business Act à la française et un Grenelle des PME. Une banque publique d'investissement, déclinée au niveau régional, appuiera cette relance. C'est dans ce formidable réservoir de créativité que l'on trouvera la solution aux déficits.

Ségolène Royal s'est engagée à ne pas faire de hausse d'impôt généralisée : il n'y aura pas de hausse du niveau des prélèvements obligatoires. Il y aura surtout une plus juste répartition des efforts entre les Français. Sa volonté est de dire qu'il y a des marges de manoeuvre. Un euro dépensé sera un euro économisé ailleurs. On ne construit pas un avenir sur la rigueur et les hausses d'impôt mais en revenant aux fondamentaux de la République.

L'égalité, l'éducation, la sécurité, la sécurité sociale, mais aussi et surtout l'équité fiscale. Il en va de nos finances publiques comme de nos valeurs éthiques.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 12:00

 

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Sur le blog de Jean-Louis BIANCO  -  le 22 juillet 2011

Sauvetage de l’euro : ouf… Mais trop tard et trop peu

Trop tard :

- Les gouvernements européens ont perdu 18 mois pour adopter des mesures qui auraient dû l’être dès le début de la crise grecque. Cela a coûté cher en souffrances pour le peuple grec et argent dévoyé dans la spéculation.


Trop peu :

- Vis-à-vis des banques, on en reste à l’incantation sous forme d’appel à leur bonne volonté. Il faut que les banques et les fonds de placement contribuent financièrement au rétablissement de la situation.

- Quant à la spéculation financière, rien a été décidé. Il faut non seulement la combattre mais réellement l’empêcher. Il n’est pas acceptable que les gouvernements démocratiques soient soumis à la loi de la spéculation.

- Rien n’a été fait pour avancer vers un vrai pouvoir économique européen fédéral. Ce serait indispensable si nous voulons demain éviter les répétitions de la crise grecque.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 11:00

 

Ségolène ROYAL fait quatre propositions

pour sortir durablement l’Europe de la crise 

 

S’exprimant après le sommet de Bruxelles, Ségolène Royal a fait ce vendredi 22 juillet quatre propositions pour sortir durablement l’Europe de la crise :

 


4 propositions pour sortir durablement l'Europe...  par segolene-royal

 

- Assurer la relance économique de l’Europe, en mettant notamment en place un fonds souverain pour que l’Europe puisse emprunter, qui serait financé par des taxes sur les banques ou par l’émission "d’eurobonds", c’est-à-dire des obligations européennes.

- Mettre en place un "commandant en chef contre la crise financière" en Europe, c’est à dire un ministre commun de l’économie et des finances, au niveau franco-allemand pour débuter.

- Interdire la spéculation sur les banques et interdire de vendre à terme des titres que l’on n’a pas.

- Réformer les agences de notation.

Ségolène Royal a demandé que ces réformes structurelles indispensables de la gouvernance économique européenne soient engagées dès cet été pour éviter une nouvelle crise.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:00

 

- nos troupes en Afghanistan : "le retrait aurait dû commencer en 2008"

- la crise de la dette dans la zone Euro

- plus de justice dans la répartition des efforts

- vaste rassemblement pour battre Sarkozy et redresser le pays 

 

Ségolène Royal était l'invitée de rtl matin - 19/07/2011  Vidéo elisa6666

 

"Le déficit démocratique est aussi une des raisons de la crise économique et sociale" 

"La mondialisation se fait toujours sur le dos des mêmes"  

"Nos dirigeants sont en connivence avec les pouvoirs de l'argent, les pouvoirs bancaires"

 

Après 10 ans de droite, la France est dans une situation si difficile que ce qu'il y aura à reconstruire est "de même importance que ce qui a été fait par le CNR (Conseil National de la Résistance)"

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:00

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"Arrête ton char", par François Reynaert

Source : NOUVELOBS.COM  -  le 16 juillet 2011

 

Lionnel Luca conseille à Eva Joly d'"apprendre l’Histoire de France". Toi-même, pourrait-on lui rétorquer.

 

C’est la polémique du week-end, une polémique en fanfare, si l’on ose écrire : Eva Joly a-t-elle raison de vouloir remplacer le défilé militaire du 14 juillet par une parade citoyenne ? Laissons ici de côté les basses attaques sur la citoyenneté supposée trop récente de la candidate écologiste : la plupart des leaders de gauche et des éditorialistes, dont ici même notre ami Renaud Dély, ont rappelé à quel point elles étaient ignominieuses. Focalisons-nous sur un seul point, la "tradition". M. Fillon, pour défendre les chars sur les Champs en appelle à celle-ci. M. Guaino, le Maurice Barrès du sarkozysme finissant, ne reculant devant rien, brandit les morts : on sent qu’on est à deux doigts du procès pour haute trahison. Heureusement que les tribunaux militaires d’exception n’existent plus. M. Luca, enfin, le comique troupier de la droite populaire, jette à la figure de notre pas vraiment française, cet argument massue : "Elle devrait apprendre l’Histoire de France". Toi-même, pourrait-on lui rétorquer, ainsi qu’à ses deux compères.

L’habitude d’organiser un défilé militaire pour célébrer la fête nationale est ancienne dans notre pays, mais pas si ancienne qu’on le croit souvent. Elle ne date pas de la Révolution elle-même, mais de la fin du XIXe. A l’époque, la jeune Troisième République cherche à développer le sentiment national, c’est l’époque où on en pose les grands symboles : la Marseillaise devient notre hymne (1879), le devise "liberté égalité fraternité" apparaît au fronton des mairies, et tous les ans, comme on le chante plaisamment, on va "fêter voir et complimenter l’armée française" (la fameuse chanson "En revenant de la revue" date de 1886). La défaite de 1870 n’est pas loin, le féroce Uhlan est de l’autre côté des Vosges, le lien entre le patriotisme et l’uniforme est évident. L’est-il encore aujourd’hui ? Et surtout, est-il le seul qui vaille ? La plupart des soldats sont de grands patriotes. Les civils n’auraient donc pas le droit de l’être ?

On peut remarquer déjà que le fait de faire parader des chars et des soldats le jour de la fête nationale est une habitude que notre pays ne partage qu’avec quelques aimables contrées, comme la Chine ou la Corée du Nord : à notre connaissance, aucune autre démocratie au monde n’y souscrit. Ensuite, on peut rappeler le sens premier, profond, originel de notre14 juillet. Laurent Joffrin vient d’y faire allusion dans son récent éditorial sur la droite "saucisson pinard". Contrairement à ce que pensent trop de gens, le 14 juillet, nous ne célébrons pas la prise de la Bastille, mais l’événement qui en commémora le premier anniversaire, la "fête de la Fédération" du 14 juillet 1790. Quand les grands républicains des années 1870-1880 ont cherché une date qui rassemble tous les Français, ils ont préféré en effet éviter les têtes coupées et les piques brandies pour se focaliser sur un des rares moments de concorde de la turbulente décennie révolutionnaire : ce jour-là, sur le Champ de Mars, toutes les provinces de France, tous les corps constitués du pays, tous les citoyens vinrent marquer officiellement leur libre adhésion à cette entité nouvelle, la nation.

C’est exactement ce que propose Eva Joly aujourd’hui avec son idée de mettre à l’honneur toutes les initiatives citoyennes et toutes les forces vives de notre pays. En cela, elle ne pèche pas contre le patriotisme, bien au contraire, elle cherche à en élargir la base.

Et surtout en cela, elle ne va pas contre "notre histoire" comme le pensent ceux qui, décidément, la connaissent bien mal. Elle est la seule à en respecter l’esprit.

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 08:00

 

Défilé militaire du 14 juillet, propos d'Eva JOLY, contre-attaque de Fillon ...

C'est la polémique du week-end. Et Fillon en remet une couche, il "se félicite" de la controverse qu'il a suscitée en affirmant qu'Eva JOLY "n'a pas une culture ancienne des valeurs françaises."

Comme l'écrit Jean Daniel, "faut-il du temps pour appartenir à une nation ?". On a connu dans l'histoire des jeunes pas-tout-à-fait-français qui n'ont pas eu le temps supposé nécessaire, vêtus de l'uniforme de nos armées et fauchés sous la mitraille. Non ?

jean-daniel.jpg 

Eva Joly ? Une libre erreur

Source : NOUVELOBS.COM  -  le 17 juillet 2011

La gaffe interdite de François Fillon, par Jean Daniel

 

Il est évident que François Fillon, parce qu'il est le Premier ministre du gouvernement français, était le dernier à pouvoir et à devoir se permettre une boutade mettant en doute l'opportunité pour une citoyenne disposant de la double nationalité de critiquer les institutions nationales, fussent-elles les plus respectées de notre pays, autrement dit, dans le climat polémique et passionnel actuel, François Fillon a commis une faute stupide sinon aberrante, il n'est pourtant pas coutumier du genre.

D'un autre côté lorsque les leaders de l'opposition notamment socialistes montent sur leurs grands chevaux et dénoncent l'inspiration discriminatoire, xénophobe, sinon raciste de la boutade du Premier ministre, ils sont sans doute dans leur rôle et ils le remplissent dans un climat pré-électoral qui a ses impératifs. Un étranger vivant en France ou ailleurs peut tout se permettre, y compris de mettre en cause la façon que nous avons de célébrer la fête du 14 juillet qui en 1790 a fêté l'unité des révolutionnaires un an après la révolution.

De plus, Eva Joly n'est en rien une étrangère, elle vit en France depuis un demi siècle, elle a rempli les fonctions de juge d'instruction et devenue leader d'un grand parti écologique. Elle trouve qu'il y a le jour du défilé du 14 juillet trop de militaires et pas assez de représentants de la société civile? Pourquoi pas? En tout cas on ne peut pas dire d'elle qu'elle est démagogique et qu'elle a peur du blasphème.

Dans le même ordre, certains pourraient trouver que notre hymne national, la Marseillaise, contient des versets archaïques et belliqueusement vindicatifs : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons!"

Mais voilà, en observant qu'Eva Joly n'avait pas eu le temps de se familiariser avec ce qu'il y a de plus sacré dans les rites et l'histoire de notre pays, le Premier ministre a paru, qu'il l'ait voulu ou non, faire le procès de la double nationalité puisque Madame Joly est à la fois Norvégienne et Française, or ce problème fait partie des thèmes de contestation depuis qu'il a été confisqué par Marine Le Pen. Pour elle, les "bi-nationaux" doivent choisir d'être fidèles à l'une ou à l'autre nation. La question s'est posée en Alsace lorsque la France et l'Allemagne étaient en guerre ou s'apprêtaient à l'être. Mais aujourd'hui avec les "bi-nationaux" algériens la question a été empoisonnée par une xénophobie anti-islamique.

En fait, si on prend un peu d'altitude, c'est-à-dire que si on arrive à oublier les enjeux électoraux et les dérives de la xénophobie, il y a un problème très sérieux posé par la gaffe du premier ministre, faut-il du temps pour appartenir à une nation ? N'y a-t-il pas un certain nombre de traditions, d'usages et de rites qui sont aussi importants que les principes et les droits ? Tous les pays démocratiques et non religieux ont fini par prendre la décision d'imposer une certaine éducation historique à leurs nouveaux ressortissants.

Je ne dis surtout pas qu'il faille comprendre la gaffe du Premier ministre. Mais lorsqu'il s'agit d'émettre un avis sur l'opportunité de la célébration d'un événement comme celui du 14 juillet alors on peut comprendre qu'une certaine sensibilité nationale soit heurtée et que l'erreur de Madame Joly peut servir l'intérêt des xénophobes.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 08:00

 

"Je suis au travail depuis 4 ans, avec une équipe de campagne qui est en place depuis 4 ans, j’ai organisé à travers le pays toute une série d’Universités Populaires pour que les Français soient associés à l’émergence du projet que je présenterai aux Français.

J'ai fait de nombreux déplacements à l’étranger, une trentaine, puisque grâce à la campagne présidentielle de 2007 et à cette expérience, je suis connue et respectée dans le monde entier avec une très forte visibilité.

Donc ça m’a permis aussi de comparer le modèle français à d’autres réalisations qui marchent et qui fonctionnent dans d’autres pays, donc j’en rendrai compte."

 

"Le soutien de l’appareil, en effet, du Parti socialiste m’a manqué en 2007, et malgré cela, j’ai obtenu 17 millions de voix et j’étais présente au second tour de l’élection présidentielle, ce qui n’avait pas été le cas en 2002, avec le soutien du Parti socialiste.

Donc vous voyez, le soutien d’un appareil ne suffit pas, la preuve, si l’on compare 2002 et 2007 ; il est nécessaire, et là il ne manquera pas, puisque celui ou celle qui sera désigné, j’espère être celle-là, rassemblera l’ensemble des hommes et des femmes, pas seulement des élus, mais de tous les français."

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