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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 20:00

NAJAT n'a pas l'intention d'appartenir à la direction
pour faire de la figuration !!!




Les royalistes débarquent rue de Solférino




Najat Vallaud-Belkacem, 31 ans, vient d'être nommée secrétaire nationale du PS, chargée des questions de société, et cette proche de Ségolène Royal n'a pas l'intention d'appartenir à la direction pour faire de la figuration.

"Entrer à onze, ce n'est pas entrer à deux ! Nous allons peser sur la stratégie du PS", explique-t-elle lors du Rendez-vous des politiques, diffusé ce samedi sur France-culture.

Parmi ses objectifs, modifier l'organisation du parti, pas moins... Depuis l'arrivée de Martine Aubry, le bureau national du parti, où sont représentées toutes les sensibilités, est devenu, dit-elle, "une chambre d'enregistrement". Elle veut le "réhabiliter".

Les royalistes rejoignent l'armée mexicaine qu'est devenue la direction du PS, et s'ils sont tous à l'image de Najat Belkacem, il va y avoir du sport rue de Solférino !

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 18:00


Christiane Taubira :
"Pour Sarkozy, l'Outre-mer c'est terra incognita"

Source : Rue89  -  le 20 février 2009


L'omniprésident semblait s'être mué en un Président transparent. Un mois après le début de la crise en Guadeloupe, Nicolas Sarkozy est enfin sorti de son mutisme et a proposé jeudi une série de mesures économiques pour les Antilles. Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, a commenté ce plan de 580 millions d'euros, ce vendredi à "Parlons Net", le club de la presse Internet de France Info, dont Rue89 est partenaire.

 


Le retour sur le devant de la scène du chef de l'Etat s'est articulé en deux temps. Après une rencontre avec les élus d'Outre-mer jeudi après-midi, Nicolas Sarkozy est intervenu dans la soirée sur RFO, pour mettre fin au "profond malaise qui étreint un nombre croissant" d'Antillais et pour présenter ses trois mesures phares :

"Pour soutenir le pouvoir d’achat, nous avons décidé avec le Premier ministre, avec le gouvernement, que l’Etat exonèrera de toutes les cotisations sociales, à la fois patronales et salariales, les augmentations que les entreprises vont accorder à leurs salariés et c’est bien aux entreprises de payer les salaires.

"Les règles du RSA seront également adaptées pour les 110 000 foyers concernés dans les départements d’Outre-mer, afin de permettre au total une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaires de l’ordre de 200 euros.

"Pour réduire les écarts de prix inacceptables avec la métropole, j’ai demandé à la grande distribution de s’engager sur une liste de produits de référence qui seront désormais commercialisés à un prix plus proche de celui de la métropole."

Monopole sur l'essence et "apartheid social"

Un "geste" salué par Christiane Taubira, mais elle attend de "voir ce qui va en sortir":

"On verra si le gouvernement est rentré de vacances, car pour l'instant, à part l'envoi de troupes supplémentaires de gendarmes mobiles, le gouvernement n'a accompli aucun acte."

Et de dénoncer le "reniement" d'Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, et surtout le non-rôle de sa ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie:

"Elle a été ministre de l'Intérieur au bout d'un mois, et n'a pas été ministre des Collectivités locales et de l'Outre-mer."

La députée de Guyane décortique les véritables problèmes qui saignent les Antilles. Des problèmes économiques, avec le monopole de la Société anonyme de la raffinerie des Antilles sur l'essence, alors même qu'ont été relevées "des pratiques au moins suspectes dans la formation des prix par la Sara".

Des problèmes sociétaux aussi, avec le racisme, cette "ligne de couleur" qui sépare les Antillais, matérialisée notamment par "des quartiers résidentiels où vous n'avez que des blancs avec des clôtures qui font deux fois [sa] taille" et qui conduisent à ce qu'elle n'hésite pas à appeler un "apartheid social".


L'absence de prise en compte de ces problèmes par le gouvernement "ressemble a du mépris", poursuit-elle, "même si c'est plus profondément à [son] avis de la méconnaissance".

La palme en reviendrait au Président : "Pour Sarkozy, l'Outre-mer c'est terra incognita." Il faudra plus que des millions alignés sur la table pour y remédier.

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 09:00

Jack Lang à Cuba :

Il aurait "abordé" la question des Droits de l'Homme

(Source : Lepoint.fr  -  le 26 février 2009  -  EXTRAIT)


Concernant l'épineuse question des droits de l'homme, Jack Lang a précisé l'avoir abordée avec Raul Castro, le félicitant pour la signature, en 2008, de deux conventions de l'ONU en la matière, qu'il reste cependant à ratifier.


Le département d'État américain a, lui, considéré dans un rapport rendu public mercredi que la situation des droits de l'homme s'était détériorée en 2008 sous la présidence de Raul Castro, qui a succédé depuis un an définitivement à son frère Fidel, 82 ans, malade.


"Il n'appartient pas à un pays de se transformer en tribunal du monde", a réagi Jack Lang.


En harmonie avec lui-même, avec son parti et la politique internationale de Sarkozy, comme il l'a déclaré, Ddak pourra dès son retour de Cuba consulter le classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté d'expression :

Classement en 2007 : Cuba au 165 ème rang    (sur 169 pays)
Classement en 2008 : Cuba au 169 ème rang    (sur 173 pays)

après la Russie (141) ... la Syrie (159) ... la Lybie (160) ...
et la Chine située au 167 ème rang, c'est tout dire !!!


Sur le site RSF  -  24 février 2009 :

Un an de présidence de Raúl Castro : la politique d’ouverture fait toujours l’impasse sur les journalistes emprisonnés

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 20:00

Lang : "Aubry a approuvé mon déplacement à Cuba"

(Source : Le Point.fr  -  le 26 février 2009 - EXTRAITS)


Lepoint.fr : Cette fonction d'émissaire spécial de l'Élysée s'apparente-t-elle à une prise de distance à l'égard du PS ?
J. L. : Pas du tout. J'ai informé Martine Aubry de mon déplacement. Elle-même l'a approuvé et a su trouver les mots justes pour le commenter. Je la remercie, car il est important que telle ou telle personnalité socialiste puisse participer à une action d'intérêt national sans renoncer à ses convictions. Je pense qu'à gauche, tout le monde comprendra très bien pourquoi j'ai accepté cette mission ponctuelle, puisqu'elle est limitée dans le temps. Dans les autres démocraties, il n'est pas anormal que le président sollicite telle ou telle personnalité de l'opposition pour remplir telle ou telle mission.

Lepoint.fr : Il ne s'agit donc pas d'un premier pas vers une possible entrée au gouvernement...
J. L. : C'est absurde. Ce serait d'ailleurs diminuer ma mission.

Lepoint.fr : Certains voient dans cette mission une opération de communication intérieure de l'Élysée au moment de la nomination polémique d'un de ses conseillers, François Pérol, à la tête du groupe Caisse d'Épargne/Banque populaire...
J. L. : Je n'ai pas suivi cette histoire. Il faut cesser les fantasmes et les élucubrations de ce genre.


Il n'a pas suivi cette histoire !
En pleine période de crise financière, impliquant les banques, notre Djak ne s'y intéresse donc pas !
Affligeant.

J'ai relevé quelques commentaires, coups de gueule bien compréhensibles :


Martine ne sait manifestement plus où elle en est : elle demande à Mauroy de quitter la commission Balladur sur la réforme des collectivités territoriales, puis elle crée, à propos de Kouchner, une étrange catégorie de 'traîtres honnêtes', puis elle se félicite du copinage Lang / Sarko, dans l'intérêt supérieur de la France, évidemment !

Si la première secrétaire a perdu ses repères, je crains fort que les électeurs du PS ne fassent de même...


Mr Sarkozy, répondant aux critiques acerbes de Martine Aubry sur la nomination de Perol, a fait allusion à la mission de Lang en disant "qu'on approuvait ses nominations quand il s'agissait des socialistes..." La naïveté de Martine Aubry est de se croire rationnelle et surtout de ne pas comprendre que Sarkozy ne pense qu'à une chose : déstabiliser le PS. Il ne faut pas composer avec Sarkozy sinon, ce serait valider sa politique. L'on peut bien être d'accord sur certains points sans s'engager avec quelqu'un qui ne perd aucune occasion d'humilier le PS.

Pour cette fois, selon Jack, Martine Aubry et le Président de la République sont au diapason... bizarre autant qu'étrange ! Que nous cache cette parodie ? N'y avait-il pas d'autres personnalités (en tout cas plus qualifiées que J. Lang) pour effectuer cette mission ?.


(une autre personnalité de gauche : KOUCHNER, par exemple, non ?)

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:00

Ca va, pour l'instant pas de signature de contrats (à la mode Sarko !)
On ne sait pas s'il a été question des Droits de l'Homme !



(Source : Le Point.fr  -  le 26 février 2009 - EXTRAITS)


Émissaire du président Nicolas Sarkozy,
Jack Lang a été reçu mercredi par le président Raul Castro dans le cadre d'une mission de six jours qui vise à donner un nouvel élan aux relations entre la France et Cuba. Joint par Lepoint.fr, le député socialiste, depuis La Havane, fait le bilan de cette visite et dément toute prise de distance avec le PS.


Lepoint.fr : Quand cette mission a-t-elle été programmée ?
Jack Lang : J'ai parlé au mois de décembre de ce sujet avec le président Nicolas Sarkozy. Nos sentiments se rejoignaient sur la nécessité de relancer les relations avec Cuba. Mais le moment ne s'y prêtait pas, car le président Raul Castro était en tournée.

Lepoint.fr : Sur quoi a porté votre entretien avec Raul Castro ?
J. L. : Ce fut un long entretien. Je ne le connaissais pas, alors que j'avais déjà rencontré son frère Fidel à de nombreuses reprises, à La Havane et à Paris. Il y a eu une première réunion de deux heures et demi avant un dîner amical et familial - il y avait ses deux petits-fils - avec son ministre des Affaires étrangères, qui a duré lui aussi deux heures et demi. Nous avons abordé tous les sujets, sans langue de bois. Nous avons parlé de beaucoup de choses. De l'histoire de Cuba, de l'Amérique latine, de l'embargo des États-Unis... Raul Castro souhaite établir avec la France des rapports directs et chaleureux. Il désire d'ailleurs accueillir un jour à Cuba le président français.

Lepoint.fr : Vous avez l'impression qu'une page se tourne à Cuba depuis l'arrivée de Raul Castro au pouvoir ?
J. L. : Je crois que oui. Inévitablement. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain ; après les trois ouragans qu'il a subis, le pays est confronté à des difficultés matérielles. Cuba a renoué des liens avec beaucoup de pays d'Amérique latine. La France a d'ailleurs réussi à obtenir la levée de restrictions imposées par l'Europe depuis 2003 (Ndlr : en octobre dernier, alors que la France présidait l'UE).

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 20:00


Cette autre déclaration de Djak :


"Je suis en pleine harmonie avec moi-même,
avec mon parti, ses grandes traditions,
et avec la politique internationale
du président de la République."

Y'a pas de doute, avec des élus comme lui,
le PS est de retour !!!

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 18:00

Quand on parle du "facteur", on pense à un certain Olivier.
Ces jours-ci, c'est une autre facteur qui fait parler de lui, un facteur au long cours, puisqu'il va porter une lettre à CUBA !

Et pas n'importe quelle lettre ! Rendez-vous compte, une lettre de Sarko, qui l'a missionné pour cette formidable course.



Jack Lang devient l'émissaire spécial de Sarkozy à Cuba

Source : L'EXPRESS.fr  -  25 février 2009


L'ancien ministre Jack Lang a accepté une mission confiée par le président de la République affirmant une nouvelle fois son autonomie vis-à-vis du Parti Socialiste.

Après avoir confié le Quai d'Orsay au socialiste Bernard Kouchner, le secrétariat d'Etat à la Prospective puis le ministère de l'Immigration à Eric Besson, le chef de l'Etat a demandé à Jack Lang d'être "son émissaire spécial pour Cuba" pour tenter de relancer le dialogue politique et la coopération entre la France et Cuba. Il devrait rencontrer Raul Castro ce mercredi. Il a été nommé pour ses "compétences, notamment en matière internationale", a assuré le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Régulièrement soupçonné de vouloir céder aux sirènes de l'"ouverture" de M. Sarkozy, le député PS du Pas-de-Calais a plusieurs fois démenti vouloir entrer au gouvernement, mais n'a jamais exclu d'accepter d'éventuelles missions "de réflexion".

"Porteur d'un message du président"

En décembre, il avait évoqué comme l'un de ses "projets" une mission exploratoire à Cuba, précisant n'avoir "aucune raison" de la refuser si on lui proposait, alors que l'Union européenne avait levé en juin les sanctions contre Cuba pour protester contre les violations des droits de l'Homme et décidé en octobre de reprendre sa coopération avec l'île communiste.

Actuellement à La Havane pour sa nouvelle mission, Jack Lang qui côtoie les dirigeants cubains "depuis trente ans", est "porteur d'un message du président" Sarkozy, selon l'entourage de l'ex-ministre de la Culture. Durant son séjour, il doit avoir "une série d'entretiens" avec des "responsables cubains" et devrait rencontrer le président Raul Castro, qui a pris il y a un an la relève de son frère Fidel, malade, à la tête du pays.

Minimisation

Au lendemain de l'officialisation d'un mariage de raison entre les camps aubryste et royaliste au sein de sa direction, le Parti socialiste, en pleine reconstruction, tente de minimiser l'impact de cette nomination.

Ainsi, Martine Aubry, à qui M. Lang a notifié sa mission mardi, a simplement lancé, en marge d'une visite au salon de l'agriculture : "Cela fait partie des talents de la France, Jack Lang! Tout le monde a envie de les utiliser". "On utilise les talents, les contacts de Jack Lang pour que la France soit présente au moment où les Etats-Unis veulent sans doute reprendre contact à Cuba", a-t-elle déclaré, réfutant totalement une quelconque traîtrise.


[ Ce qui a permis à Djak de souligner "l'élégance morale" et "l'intelligence politique" de Martine ! ]


Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, M. Lang, souvent aperçu à l'Elysée, s'est pourtant régulièrement distingué de ses amis socialistes.

S'émancipant du PS, il a notamment participé au comité de révision de la Constitution présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et a été le seul socialiste à voter la réforme adoptée en juillet 2008 à une voix près. Ségolène Royal avait alors dénoncé la "trahison" de son conseiller spécial durant la campagne présidentielle qui a, par la suite, appelé à voter pour Martine Aubry au poste de premier secrétaire du PS en novembre.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 19:00

Je vais régulièrement consulter l'excellent blog de Marc Vasseur, militant socialiste du Nord.   
Je reprends ici la totalité du billet que je viens d'y trouver, un coup de gueule que j'ai envie de partager avec lui :

Sinon, la France n’est pas misogyne…

Parfois, on est tenté de se dire que bloguer est un exercice vain, narcissique ; on est aussi gagné par une certaine lassitude qui découle de cette première "règle" et aux détours des informations, on se dit que malgré tout il y a des coups de gueule qui se perdent. C’est ce qui m’est arrivé ce matin…

 

Tout d’abord en lisant, un article de Libé intitulé "Dati, l’ascension d’une courtisane". Rien que le titre laisse entendre que ce phénomène est bien entendu propre aux femmes et qu’en aucun cas, un homme se comporterait de cette façon. D’ailleurs a-t-on déjà lu un article sur un responsable politique mâle débutait de la sorte… Très honnêtement, je ne crois pas. Car il est avéré que l’immense majorité des hommes politiques ont réussi par leur seul talent !!! (je ne veux pas donner de noms au risque d’en froisser).

 

Je n’ai absolument rien pour madame Dati mais le traitement médiatique qu’elle subit depuis sa disgrâce présidentielle en dit long sur le courage d’une certaine presse.

 

Une déclaration de Dominique Paillé en dit également long sur le caractère arrière-gardiste d’une certaine société française. Celui-ci a en effet déclaré à propos de Ségolène Royal qu’elle avait un "comportement de vautour indécent " …  

 

Cette charge proprement scandaleuse n’est hélas pas une première pour l’UMP à l’égard de l’ex candidate, au contraire c’est désormais la marque de fabrique de cette organisation "politique". Et cela d’autant plus facilement qu’on risque d’attendre en vain une réaction du Parti Socialiste, plus prompt à assurer de l’honnêteté d’un Bernard Kouchner pourtant zélateur patenté de la sarkozie qu'à exiger des excuses contre ce type d'injures. 


Pour moi, cette concomitance de "faits" tend à démontrer que la vie politique et la société française ont encore du chemin à parcourir avant "d’assimiler" de plein exercice les femmes dans l’espace public au plus haut niveau.


Je n’ose faire un parallèle avec les autres "minorités visibles" … 


"Yes we can" à condition que pour la France il reste blanc et masculin.


Sinon, je vous invite à lire l’excellent blog des femmes engagées.


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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 19:00


C'était le 14 janvier 2007, lors de son grand sacre :

"La démocratie irréprochable ce n'est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais seulement en fonction des compétences. Je veux le dire comme je le pense, le fait du prince n'est pas compatible avec la République irréprochable.
Nous sommes les héritiers du Général de Gaulle, nous sommes les héritiers de ceux qui ont portés l'Etat à un haut niveau d'exigence. Nous devons être exigeants avec notre pratique des nominations."

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 16:00

A lire, dans la série DESINTOX :


Heures sup’, le mauvais calcul de Nadine Morano

Source : LIBERATION.FR  -  le 20 février 2009


La secrétaire d'Etat a la Famille présente un bilan bien trop flatteur de la loi Tepa votée en 2007. 

C’était le symbole de la politique économique de Nicolas Sarkozy : c’est devenu un boulet. La loi Tepa (bouclier fiscal, baisse des droits de succession, possibilité pour chaque parent de donner franco d’impôt 150 000 euros à chacun de ses enfants, exonération des heures supplémentaires) est critiquée depuis longtemps par la gauche qui la juge favorable aux plus riches.

La semaine dernière c’est François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, qui est monté au créneau pour demander la suppression de plusieurs dispositifs de cette loi, et notamment le volet consacré aux heures sup’, afin de financer la création d’un "fonds d’investissement social" de 5 à 10 milliards d’euros. De fait, le contexte de dépression économique a remis la loi Tepa en position d’accusée : son coût (9,5 milliards d’euros en 2009) a réduit les marges de manœuvre du gouvernement pour la relance. En outre les cadeaux fiscaux faits aux ménages aisés apparaissent de plus en plus inopportuns alors que la crise va laminer les couches les plus défavorisées.

Pour tenter de corriger les effets politiques dévastateurs de la loi Tepa, les membres du gouvernement  communiquent à outrance sur la "réussite" du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires. Avec un objectif : montrer que loi Tepa profite à tout le monde, notamment à ces salariés modestes qui "travaillent plus pour gagner plus".

Lors d’un débat télévisé avec Martine Aubry sur France 2, fin janvier, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, a ainsi dressé un bilan élogieux du dispositif des heures supplémentaires. S’appuyant sur une étude des services de Bercy, elle a affirmé : "Quand on regarde la loi Tepa, le nombre d’heures supplémentaires faites [en 2008] par 5,5 millions de Français, c’est 750 millions d’heures." Après avoir lancé ces chiffres, elle a glissé sur la question du pouvoir d’achat. Ces heures supplémentaires "rapportent à nos concitoyens 150 euros en moyenne de plus par mois ce qui fait 1800 euros" par an. Soit "un mois supplémentaire [de salaire]. Ça, c’est concret, c’est le premier effet de la loi", a ajouté la secrétaire d’Etat. Mieux : il y a "un deuxième effet […]. L’année d’après" les salariés concernés "ne payent pas d’impôt" sur ces revenus supplémentaires.


LES FAITS

Il y a plusieurs hic dans la présentation de Nadine Morano. Primo, le chiffre de 750 millions d’heures supplémentaires - comme d’ailleurs le nombre de salariés concernés, évalués à 5,5 millions - correspondait à une estimation, les résultats du quatrième trimestre 2008 n’étant pas encore connus à l’époque. Une étude publiée hier par l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) indique que "725 millions d’heures supplémentaires" ont été déclarées sur 2008. Donc moins que le chiffre énoncé comme une vérité lors du débat télévisé.

Secundo, la secrétaire d’Etat a fait comme si, avant le vote de la loi, il n’existait pas d’heures supplémentaires. Comme si les salariés français étaient passés, par la grâce de la seule loi Tepa de zéro à 750 millions d’heures supplémentaires par an, avec à la clé donc 1 800 euros de bonus salarial pour les personnes concernées !


Ceci est évidemment faux. En 2006, les salariés français faisaient déjà 630 millions d’heures supplémentaires selon une étude de la Dares (Direction de l’animation et de la recherche des études et des statistiques), publiée en octobre. Quant au nombre de salariés concernés il était déjà estimé à 5,5 millions. Petite cerise sur le gâteau : la modification du cadre réglementaire concernant les hôtels, cafés et restaurants, conduit à réintégrer "99 millions d’heures" dans le comptage, selon la Dares. Autrement dit, en 2007, les salariés français auraient effectué 730 millions d’heures supplémentaires donc plus que les 725 millions de 2008 !

Même si le chiffre de 2007 est également estimatif, et même s'il est impossible de savoir combien d'heures sup' auraient été réalisées en 2008 sans la loi, on voit bien qu'elle n’a pas provoqué de  "grand soir" des heures supplémentaires avec à la clé un bond de pouvoir d’achat pour les salariés.

Pour Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances à l’Assemblée nationale, "le chiffre de 150 euros mensuels de gain moyen […] mis en avant par le gouvernement […] est particulièrement trompeur". Les seuls gains pouvant être attribués à la loi Tepa, concernent les exonérations sociales dont bénéficient les entreprises, et les ristournes fiscales dont bénéficieront les salariés (mais qui ne pèsent pas bien lourds, les Français concernés étant souvent modestes et faiblement imposés). 


Au final, le bilan de la loi est très éloigné des 1 800 euros par an claironnés par Morano. Et repose la pertinence d'un dispositif très coûteux pour les finances publiques : 3 milliards d’euros en 2008.

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