
Sur les institutions :
"Pas de quitus au gouvernement"
Ségolène ROYAL, commentant l'appel lancé par des députés socialistes en faveur de l'adoption de la réforme des institutions, a déclaré :
"Ce que je pense c'est qu'aujourd'hui on ne peut pas donner quitus par un vote au gouvernement, parce que les institutions ne fonctionnent pas bien. On voit des conflits entre l'Elysée et Matignon, on voit un Parlement auquel on impose la loi sur les OGM" avec des "méthodes un peu autocratiques".
"Ce qui manque cruellement dans la réforme des institutions c'est la démocratie sociale".
Selon elle, "il faut être beaucoup plus ambitieux sur la réforme des institutions, y intégrer à la fois la démocratie parlementaire, la démocratie sociale et puis la démocratie participative qui est quand même très timide dans ce texte".
"Normalement la réforme des institutions doit échapper au clivage partisan" dans un pays qui "fonctionne bien avec des institutions où chacun joue son rôle, où il n'y a pas d'empiètement du pouvoir des uns sur les autres, où les choses sont claires".
Voici également le point de vue du PS : Point presse du 19 mai, par Bruno Le Roux
Les débats vont débuter cette semaine à l’Assemblée Nationale. Nous avons affiché une volonté de dialogue, et nous avons participé à de multiples discussions.
Mais le gouvernement et la majorité n’ont donné aucun signe de partage dans ce dialogue, aucune avancée sur nos propositions.
A l’exemple de deux d’entres elles, que nous avons élaborée en proposition de loi : sur la réforme du mode de scrutin au Sénat et sur le pluralisme dans l’audiovisuel, qui ont été repoussées sans débat.
Aucun élément non plus sur les autres points que nous avions avancés, à propos du droit de vote des étrangers et de nouveaux droits au Parlement.
Aucun signe donc qui permettrait aux socialistes d’aller au vote, et plus encore, puisque la majorité a choisi de faire des concessions au Nouveau Centre, par le troc d’un amendement sur l’équilibre budgétaire contre un engagement sur le vote proportionnel.Nous pensons qu’il n’est pas bon de jouer avec la Constitution pour régler ses problèmes au sein de sa majorité. Sur cette question, l’on peut se demander ce que signifie cet engagement, pris entre vice et vertu, par une majorité qui est celle qui a le plus creusé les déficits au cours des dernières années. Qui peut croire à un tel engagement, même inscrit dans la Constitution ?
Nous restons pessimistes dans l’engagement du débat par la majorité sur cette révision constitutionnelle. Nous n’allons pas vers une adoption du texte par les socialistes.