Communiqué de Jean-Louis BIANCO
Lundi 9 juin 2008
Alors que Ségolène ROYAL, avec d'autres dirigeants socialistes, a légitimement proposé de taxer davantage les superprofits des grands groupes pétroliers en cette période de hausse des prix insoutenable pour les Français, Frédéric Lefebvre n'a rien trouvé de mieux que de répondre qu'une telle mesure entraînerait la délocalisation du siège social de ces entreprises.
Ce type de taxe a déjà été employé à l'étranger, notamment au Royaume-Uni, et n'a entraîné aucune délocalisation de siège.
Cette mesure est également proposée par Barack Obama, candidat démocrate à la Maison Blanche.
Il est vrai que Monsieur Lefebvre, à la fois lobbyiste et député, préfère protéger l'intérêt privé de quelques-uns plutôt que celui de l'ensemble de nos concitoyens.
Les consommateurs font face à une sur-inflation du prix de l'essence quand les compagnies pétrolières engrangent des profits astronomiques (12,2 milliards d'euros pour Total en 2007 !) qui servent essentiellement à rémunérer leurs actionnaires.
En effet, la moitié de la hausse du gazole est liée à une progression phénoménale des marges de raffinage.
Une telle taxation permettrait de réinvestir dans les énergies renouvelables, de financer le transport collectif de proximité et d'accroître largement l'investissement dans le réseau de transport en commun.
Nous devons réfléchir aussi, à l'échelle européenne, à un bonus-malus fiscal avantageant les compagnies pétrolières qui ont des comportements citoyens et pénalisant celles qui se contentent d'engranger la manne de la hausse des cours.