Il y a dix ans, Martine Aubry et le gouvernement Jospin annonçaient en grande pompe l’instauration des 35 heures.
Mais aujourd’hui, peu nombreux sont les membres du Parti socialistes qui osent encore élever leur voix pour défendre cette loi. Aucun d’entre eux n’était d’ailleurs présent mardi, lors de la grande journée de mobilisation syndicale pour la défense des 35 heures.
Pas même la "Dame des 35 heures" !
Mise à l’écart de la vie politique ces dernières années après avoir été battue aux législatives de 2002, Martine Aubry fait pourtant beaucoup parler d’elle ces derniers temps. Non seulement elle a brillamment remporté sa réélection à la mairie de Lille lors des dernières municipales, mais elle apparaît désormais comme une candidate potentielle au poste de premier secrétaire du PS lors du prochain congrès de Reims, en novembre prochain. "Je ne l’ai jamais vue aussi politiquement affirmée et détendue depuis 1997", a récemment commenté Claude Bartolone.
Proche de Delanoë ?
Nul doute que ce sont en fait ses ambitions nationales qui la poussent à faire oublier sa filiation aux 35 heures, un dispositif qui n’a pas totalement convaincu les Français.
Durant sa longue traversée du désert, l’ex-ministre de Lionel Jospin s’est plutôt tenue à l’écart des déchirements internes et apparaît comme une troisième voie possible pour la succession de François Hollande. Elle est même devenue la star des "ni ni", ni Royal ni Delanoë.
Reste à savoir la position qu’elle tiendra à l’égard de celui qui fait peu de mystère de ses ambitions lors du prochain congrès.
Proches de Lionel Jospin, ils affichent en effet une certaine complicité. Ils étaient assis côte à côte lors de la convention nationale du PS samedi dernier. "Delanoë est un ami", dit-elle de lui, "nous avons l’essentiel en commun". Une amitié menacée aujourd’hui par le congrès : chacun espère ainsi le retrait de l’autre en sa faveur.
Un problème épineux dont les maires de Lille et Paris auront le loisir de discuter aujourd’hui, dans la cité nordiste, où ils se rencontreront.
Reste à savoir si, à peine sortie de l’ombre, la figure de proue des "reconstructeurs" acceptera de mettre si tôt de côté ses éventuelles ambitions pour rejoindre le camp Delanoë.
Et à DUNKERQUE ? A l'image de la situation nationale, la manifestation a eu moins de succès que celle du 22 mai.
Un autre constat : affligeant, aucune présence organisée du PS, seulement quelques militants de base, à peine une dizaine, dont je faisais partie. Selon mes informations, à LILLE ... pas mieux ! Quelques images :