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Le désastre de 2002 encore riche de leçons qui n’ont pas été tirées !


Le désastre de 2002 est encore riche de leçons
qui n’ont pas été tirées !

Par Gérard Denecker,
socialiste qui a vécu Epinay
et participé à la reconstruction du PS dans les années 70


On a beaucoup parlé du livre de Lionel JOSPIN "L’impasse" où il traite Ségolène ROYAL de "figure seconde de la vie politique" et mégote sur "ses qualités humaines", sur ses "capacités politiques", sur ses "insuffisances", sur son déficit de "talent". Mais le candidat socialiste de 2002 a-t-il conscience des "insuffisances" qui ont été les siennes pour que le PS soit éliminé du 2ème tour en 2002 et laisse la voie libre à Le Pen ? A quoi sert de faire la critique de la candidate de 2007 si l’on n’a pas su faire sa propre autocritique du désastre de 2002 ???


Pourtant, c’est sur cet effondrement de 2002 qu’il y a matière à réflexion, car il est d’autant plus significatif qu’il est survenu alors que la gauche arguait de sa bonne gouvernance pendant les 5 années précédentes pour valoriser la candidature à la présidence de celui qui venait de diriger le pays à la satisfaction du plus grand nombre. En le sanctionnant d’un camouflet aussi sévère, l’électorat de gauche a estimé qu’il n’avait pas été assez audacieux, pas assez à gauche, qu’il n’avait pas répondu à ce que l'on attendait de lui.

Comment peut-on s’expliquer avec le recul du temps une telle réaction ? C’est que prévalait encore le sentiment que nous avons, nous socialistes, donné à nos électeurs, que la gauche avait toujours pour vocation de "changer la vie". C’est que nombre d’électeurs ont sanctionné Jospin pour ne pas avoir contribué à faire changer leur vie à eux, pour ne pas avoir répondu à leur espérance ! Navigant sur son nuage dans la tour d’ivoire du pouvoir et d’un entourage autiste, Jospin s’était coupé des réalités, sans prendre la mesure de la situation…

Ce dramatique échec illustre à quel point le PS vit la fin d’un cycle, celui d’Epinay, et qu’il est temps pour lui de tourner la page. C’est parce qu’elle n’avait pas été tournée que nous avons vécu le traumatisme du 21 avril 2002. Nous ne sommes plus, en effet, porteurs d’aucune autre société, avec le beau rêve que cela impliquait. La chute du mur de Berlin, la mondialisation qui a suivi ont fait de nous un parti d’alternance dans la société, et non plus un parti porteur pour une autre forme de société. Les illusions que nos électeurs avaient sur nous, nous en sommes responsables, car nous les avons régulièrement entretenues dans nos programmes, nos discours, nos campagnes électorales.

Ayons, nous socialistes, la modestie de reconnaître que le PS n’a jamais eu l’audace de dresser le bilan de son expérience de gouvernement pour exprimer franchement ce qu’il estimait être, pour l'image qu'il a de la gauche, les possibilités et les limites de l’exercice du pouvoir dans la société d’aujourd’hui.

L’aigritude dont Jospin fait preuve à l’encontre de Ségolène souligne à quel point le discours qu’elle a tenu dans sa campagne était porteur des premières remises en question de ce qui était en quelque sorte devenu notre "langue de bois". Dans une société où les mutations s’accélèrent, où le champ politique est éclaté, on pourrait dire en pleine décomposition, face à une droite qui patauge dans la recherche de son réformisme, notre gauche ne resterait-elle pas ancrée dans ses certitudes et ses habitudes, ne serait-elle pas en proie à la tentation du conservatisme idéologique? Je le crains.

Résister à l’air du temps, nous accrocher à nos valeurs, c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il nous faut préparer notre reconstruction, en partant de nos valeurs fondamentales, certes, mais avec une approche réaliste de la société d’aujourd’hui et le souci d’une véritable proximité avec nos compatriotes. Dans la perspective d’un nouvel équilibre entre le rôle de l’Etat et celui du marché, entre les protections solidaires, les adaptations nécessaires qu’exigent la sauvegarde de l’environnement, avec le souci de voir l’Europe peser dans la mondialisation. Comme les fondamentaux d’hier ne peuvent plus être ceux d’aujourd’hui, nous avons à construire de nouveaux piliers idéologiques, aptes à sous-tendre notre action !

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D
@ Marino :C'est vrai, j'aurais eu moi aussi beaucoup de difficultés à supporter les petits rires nerveux et les sarcasmes de la dame !Pour le vote du 6 novembre, espérons qu'il y aura moins de moutons de Panurge.Ceux qui suivent béatement l'élu du coin, qui fait passer les consignes de vote, parce qu'il faut "être du bon côté du manche" ... phrase réelle entendue au téléphone par des militants !!!Vive l'émergence d'un vrai parti démocratique, qui mettra fin à ces pratiques, ces pressions déplorables !!!
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D
@ Jonathan, à propos du racisme :Eh oui. Traversons maintenant l'Atlantique : j'ai regardé le JT de 13 heures sur France2 ... Un dame, s'exprimant en français parlait du candidat Obama, pour qui elle allait voter. Mais en s'interrogeant, quand même : (de mémoire) "Je ne sais pas comment ils se comporteront après (les noirs) ... il faut dire que beaucoup ne sont pas très évolués ..."Sans accabler cette dame : j'ai quand même l'impression qu'aux USA il y a des blancs légèrement ... tarés !!!OK, OK, je re-traverse l'Atlantique. Pareil !D'un côté comme de l'autre, il y a des cons racistes !!!Tiens, je viens de faire un pléonasme, là !Pour revenir aux élections US, les américains auraient-ils accepté (dans l'autre scénario) un femme présidente ?Tiens, ça me rappelle quelque chose !!!
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M
Dommage à l'époque que Lionel Jospin ait perdu. Mais bien heureusement pour nous, imaginez notre 1ère dame de France..... le style de la soi disante intellectuelle.Oui au renouveau au parti socialiste.Oui aux exclus, oui aux anciens exclus et oui aux militants qui se sentent exclus. Non aux moutons de Panurge.
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J
A vrai dire... Je ne sais pas vraiment d'où vient sa défaite, mais je pense vraiment que beaucoup de français sont racistes et on en parle pas !!!! Le racisme est un réel et grave problème en France.Le pen a eu des voix en 2002 car il représentait celui qui allait "virer les noirs et les arabes", en gros...Comptez le nombre de % en moins en 2007 pour Le pen. Cette différence se retrouve chez Sarkozy (chirac2002+Le pen 2002-Le pen 2007 = Sarkozy 2007).Les 5 ans de droite au pouvoir n'ont rien changé au grand problème du racisme en France. Sarkozy a été faire croire avec son ministère de l'immigration et de l'identité nationale qu'ils allaient virer des gens de couleur...Daniel, parle dans la rue à des gens, et beaucoup croient qu'une personne noire ou arabe n'est pas française, combien de fois n'ai-je pas entendu "qu'il rentre dans son pays" alors qu'il était Français !!!!C'est désespérant et apeurant !
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2
Espérons pour ce congrès ne pas en reprendre encore pour des années avec la jospinie : Delanoe, Hollande, Vaillant et bien d'autres !Le changement ... dans la continuité, quoi !!!!!!
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