
| Cher Philippe Cohen, L 'Est Républicain a dévoilé le rapport de Tracfin sur les comptes bancaires de Julien Dray parce que cette note d'information donnait des éléments précis sur des faits qui dépassaient d'évidence la vie privée du député. A l'inverse de votre billet et des réactions - parfois diffamatoires envers Julien Dray !- des internautes de Marianne2, L'Est Républicain a rapporté dans ses colonnes ces simples faits, sans commentaires superflus, ni citations anonymes comme d'autres journaux ne se sont pas privés de le faire par la suite. La mise en ligne du document -allégé par nos soins des noms jusque-là anonymes et des numéros de compte- attestait du contenu de nos articles. Je constate que le document a été largement exploité cette semaine par les news (Le Point, L'Obs et Paris Match), d'une manière beaucoup plus partiale que ne l'a fait L'Est Républicain. Au moins notre approche, assumée, n'est-elle pas hypocrite. Au nom de quoi y aurait-il un bon et un mauvais viol de l'instruction ? Au nom de quoi un journaliste devrait révéler ses sources et pas un autre ? Que vos commentaires soient en contradiction avec la politique éditoriale de Marianne2 et avec certaines révélations publiées dans Marianne, soit. Que certains journalistes s'érigent en procureur de leur propre profession sans prendre les précautions élémentaires de l'enquête, pourquoi pas. Mais il est pour le moins inadmissible et intellectuellement malhonnête que vous utilisiez à l'égard de Laïd Sammari les méthodes que vous dénoncez par ailleurs : viol de la vie privée, insinuation, attaques diffamatoires non étayées , etc ... Les réactions des lecteurs et des internautes montrent, dans leur grande majorité, qu'ils n'attendent pas des médias un traitement de l'information à deux vitesses. Dans cette affaire, celui qui a le plus porté tort à la presse n'est pas celui que l'on croit. Confraternellement. Rémi GODEAU, Rédacteur en chef |