Source : LIBERATION.FR - 9 février 2009 (sauf le dessin !)
Après l’intervention télévisée du Président la semaine dernière et avant sa rencontre avec les syndicats le 18 février, l’exécutif plonge dans les sondages.
L’exécutif accuse une forte baisse de popularité et son action face à la crise économique inspire peu confiance, indiquent plusieurs sondages, alors que des experts estiment que Nicolas Sarkozy pourrait profiter de sa rencontre le 18 février avec les syndicats pour "rebondir".
Après son émission jeudi 5 février, la popularité du président a baissé de 5 points, à 41%, selon notre sondage Viavoice publié aujourd’hui dans Libération. La chute atteint 10% pour son action contre la crise, créditée de 31% de bonnes opinions seulement.
Le chef de l’Etat perd aussi 4 points dans une étude LH2 publiée aujourd’hui pour nouvelobs.com, à 44% d’opinions positives contre 48% en janvier.
Deux autres études réalisées après l’émission, dans des conditions permettant une plus grande marge d’erreur, donnent des résultats contradictoires. D’après OpinionWay-Le Figaro-LCI, le chef de l’Etat aurait convaincu 53% des Français. Selon CSA-Aujourd’hui en France, 52% des personnes interrogées ne l’auraient pas trouvé convaincant.
La tendance prolonge la baisse enregistrée après la journée syndicale du 29 janvier. Nicolas Sarkozy avait alors perdu de 4 à 6% dans quatre sondages, une cinquième enquête indiquant que près de deux Français sur trois (62%) ne faisaient pas confiance au couple exécutif pour résoudre la crise.
Car la défiance gagne aussi Matignon, jusqu’à présent plutôt épargné. Le premier ministre François Fillon chute de façon presque parallèle à l’hôte de l’Elysée: de -3 à -6 points de popularité selon les études. Sa cote de confiance s’établit désormais entre 38 et 49%. Et dans quatre des six derniers sondages évaluant son action, les mécontents sont plus nombreux que les satisfaits
Fin janvier encore, les deux têtes de l’exécutif apparaissaient stables, un peu en-dessous de 50% d’opinions favorables. La crise a créé "une immense attente" de la parole présidentielle avant l’émission, note Stéphane Rozès, de l’institut CSA. Attente manifestement déçue parce que, selon lui, Nicolas Sarkozy "était attendu sur l’action ici et maintenant, pas sur les intentions et les moyens de long terme".
"Toute la difficulté, pour l’exécutif, est de ne pas pouvoir promettre des résultats rapides", renchérit Emmanuel Rivière, de TNS-Sofres. "La méthode de Nicolas Sarkozy - une action rapide, des résultats rapides - n’est pas adaptée à la situation".
Les deux sondeurs relèvent aussi le niveau très élevé de "mécontentement social". Quelque 53% des personnes interrogées par Viavoice pour notre sondage affirment ainsi que la crise "est justement le moment de faire des mouvements sociaux". Nicolas Sarkozy aurait toutefois suscité un réel espoir en annonçant qu’il discuterait avec les syndicats le 18 février.
"Il peut tout à fait rebondir" autour de cette date, pense Stéphane Rozès, car "la défiance actuelle des Français n’est pas une affaire de droite ou de gauche, mais plutôt une demande inquiète de tout le pays pour que le pouvoir politique reprenne les rênes".