
Le chef de l'Etat "ne laissera pas faire", alors que selon un sondage diffusé ce mardi, près d'un Français sur deux juge cette méthode "acceptable".
"On peut comprendre la colère des gens, mais la colère des gens, elle sera apaisée par des réponses et par des résultats, pas en aggravant les choses en faisant des choses qui sont contraires à la loi", a dit le chef de l'Etat. "Il y a des comportements d’un certain nombre de patrons qui sont inadmissibles, mais l’immense majorité des chefs d’entreprise souffre de la crise et se comporte formidablement bien."
Cette ferme condamnation intervient après plusieurs actions de ce type, survenues récemment dans une usine Sony des Landes, à la société 3M de Pithiviers (Loiret) et Caterpillar à Grenoble.
Elle suit également une polémique sur des propos de la socialiste Ségolène Royal, accusée par la majorité de justifier, voire d’encourager ces pratiques. Dans une interview au Journal du Dimanche ce week-end, Ségolène Royal affirmait que ce type d’action permettait parfois à des salariés "fragilisés, piétinés et méprisés" de se faire entendre, tout en prenant soin d’en souligner le caractère "illégal".
"Acceptable pour 45% des Français"
Ces propos ont aussitôt provoqué une volée de bois vert à droite: "tout simplement inadmissibles", a réagi Xavier Bertrand, patron de l’UMP, dont le porte-parole Frédéric Lefebvre a ensuite accusé Ségolène Royal, mais aussi la secrétaire nationale du PS Martine Aubry et le patron du MoDem François Bayrou, "d’inciter matin, midi et soir à la violence" et de "surfer sur les angoisses des Français" pour "se refaire une santé".
Le PS a au contraire défendu son ancienne candidate à la présidentielle, la patronne du parti Martine Aubry estimant par exemple que "la violence sociale, la brutalité expliquent qu’on peut en arriver à cela".
Selon un sondage CSA publié ce mardi dans Le Parisien/Aujourd’hui en France, 45% des Français jugent "acceptable" cette méthode.
D’après un sondage Ifop-Paris Match, publié sur le site du magazine mardi, 63% des personnes interrogées disent "comprendre mais ne pas approuver" ce type d’actions, 30% les approuver et 7% les "condamner".