Les médias en parlent beaucoup, souvent de façon caricaturale.
L’augmentation des impôts locaux serait spectaculaire (5,1% en moyenne dans les 40 plus grandes villes de France, et de 6,2% dans les départements). Évidemment, la droite se gargarise d’une telle annonce, les collectivités étant majoritairement à gauche.
Plusieurs précisions donc qui sont trop rarement rappelées :
- L’État a la fâcheuse tendance de se décharger sur les collectivités, obligées d’augmenter leurs recettes pour la gestion de nouvelles fonctions décentralisées et insuffisamment compensées. La prise en charge de l’ Allocation personnalisée d’autonomie pour les personnes âgées en est une illustration. Aujourd’hui les départements assument les 2/3 de la dépense.
- En ces temps de crise et dans un contexte de désengagement de l’État, bien des collectivités souhaitent augmenter leurs investissements pour relancer l’économie locale tout en maintenant ou baissant les tarifs publics (cantines scolaires, transports, etc.). Ainsi si des impôts sont en hausse, certaines charges des ménages sont en baisse.
- Les collectivités ne peuvent présenter un budget en déficit, à la différence de l’état qui ne se prive pas de creuser le sien.
- La crise immobilière et le ralentissement des transactions immobilières engendre de façon logique une hausse de la taxe d’habitation et surtout une diminution considérable des droits de mutation.
- La progression moyenne des taux n’a cessé de décélérer ses dernières années dans la plupart des collectivités.
- Notons que le "livre noir des villes de gauche" édité par l’UMP oublie de préciser que la plus forte hausse en France de la taxe d’habitation se situe à Nice (+17.7%)… ville dirigée par l’UMP Christian Estrosi (proche de Nicolas Sarkozy, ancien ministre délégué à l’Aménagement du territoire).
- Enfin, précisons tout de même que dans les Alpes de Haute Provence, nous avons fait voter un budget à l’unanimité. Le maintien du pouvoir d’achat est la clef de voûte de ce budget. Nous avons donc développé de nombreuses mesures pour lutter contre la vie chère, et notamment pour les cantines scolaires, coût plafonné du prix des transports scolaires pour les familles, les bourses de fréquentation scolaire, les tarifs réduits des transports voyageurs. Parallèlement un énorme effort d’investissement de 62 millions d’euros (dont 5 millions pour notre plan de relance) est fait pour les collèges, l’aide aux communes rurales, les routes et le développement durable. L’ensemble des dispositifs de relance et de soutien au pouvoir d’achat sera financé sans aucune augmentation des impôts comme c’est le cas depuis 4 ans.
