"La base contre l'appareil, comme d'habitude", c'est ainsi que commence l'article ci-dessous.
Ce n'est pas nouveau, en effet. Mais que faut-il entendre par "appareil" ? Un aspect n'est pas véritablement développé ici : les soutiens de Ségolène ROYAL vont et viennent, au gré des intérêts des grands élus ... mais pas seulement . Grands, moins grands, beaucoup se positionnent en fonction des enjeux locaux, et souvent tardivement, le temps de voir venir, se décanter les choses.
Ce fut le cas en 2006, juste avant le début de la campagne interne; ce fut encore le cas quelques semaines avant le congrès de Reims, de si triste mémoire. Et dans ces tergiversations, je ne suis pas convaincu que les convictions et les orientations de motions pèsent lourd !
Mais quel que soit le sens du vent, Ségolène ROYAL continue d'avancer. Et dans cette adversité, nous avec elle.
Royal est abandonnée par ses alliés d'hier
Source : lefigaro.fr - le 24 avril 2009
Ségolène Royal voit ses anciens amis prendre peu à peu leurs distances.
La base contre l'appareil, comme d'habitude… Trois ans après sa marche sur le PS pour décrocher l'investiture à la présidentielle, Ségolène Royal est à nouveau en voie d'isolement dans sa famille politique.
Certes, elle a recueilli 30 % des voix militantes sur sa motion au congrès de Reims et près de 50 % sur sa candidature au poste de premier secrétaire, certes sa parole d'opposante porte toujours, mais, dans l'appareil socialiste, certains de ses soutiens de poids ont repris leurs distances. "Elle a perdu son courant" affirme-t-on à la direction du PS avec certitude. Ségolène Royal, elle, continue d'avancer quoi qu'il en soit.
Manuel Valls ne la soutiendra plus et estime qu'il n'y a "pas de retour possible".
Mais ses dernières déclarations, notamment son attitude compréhensive vis-à-vis des actions radicales de certains salariés, ont suscité du trouble autour d'elle. "Elle a choisi sa ligne", regrette Manuel Valls, qui ne la partage pas. Entre l'ex-candidate et le député maire d'Évry, allié de raison lors du congrès (il a été son porte-parole), la rupture est consommée. "Il n'y a pas de retour possible", assure-t-il. Il n'est pas le seul à avoir pris du champ. Les grands élus locaux comme Gérard Collomb ou Jean-Noël Guérini ont eux aussi repris leur liberté. Ils ne taisent pas leurs critiques. Le maire de Lyon, par exemple, n'a pas apprécié les "excuses à répétition" de l'ex-candidate.
Avec Vincent Peillon aussi les relations se sont tendues. Le député européen, qui aurait pu être son "premier secrétaire délégué" si elle avait remporté le congrès, voulait construire une relation directe et franche avec elle. Il lui a reproché de ne pas avoir assez travaillé… "C'est ce qu'elle lui a dit aussi !", raconte un partisan de Royal. Elle jugeait que le député européen ne défendait pas assez ses intérêts.
[ je peux me permettre un commentaire : on peut reprocher à quelqu'un de ne pas assez travailler, à condition d'être soi même à l'abri de la critique; mais, soit dit en passant ... dans son mandat d'élu européen, il est notoire que Vincent Peillon n'a pas assez travaillé, il est le plus mal classé parmi les eurodéputés français ! ]
Appuis fragiles
Coordinateur du courant "L'espoir à gauche", Vincent Peillon entend accorder quelques mois encore aux ténors du PS avant de se mettre en mouvement, si rien ne change. "On ne va pas les laisser perdre 2012", dit-il. Le courant organise vendredi à Paris un colloque sur le thème de la "démocratie". Tous les membres seront présents, sauf Royal qui ne goûte guère ce genre de réunion. Peillon conclura les travaux.
Selon Najat Belkacem, la ligne de clivage au sein du courant divise surtout "les partisans d'une candidature Royal en 2012 et ceux qui veulent laisser le jeu ouvert". Le sujet qui les rassemble, c'est la proposition de mettre en place une primaire pour désigner le prochain candidat à la présidentielle. "C'est ce que l'on doit à Ségolène Royal", explique Patrick Mennucci.
Les appuis de l'ex-candidate sont fragiles. Certes François Rebsamen continue de la conseiller. "Quand on a fait 47 %, on peut faire 50 %", explique le maire de Dijon en jugeant qu'elle conserve quelque chose que ses rivaux n'ont pas. Mais il garde aussi un contact fort avec l'ancien premier secrétaire François Hollande. Pour 2012, ce sera l'un ou l'autre. "Si c'est elle, tant mieux, si ce n'est pas elle, tant pis. Je ne suis pas obnubilé par sa candidature."
Les fidèles de Ségolène Royal ne sont pas des spécialistes de l'appareil : Jean-Louis Bianco, Jean-Pierre Mignard, Dominique Bertinotti, Delphine Batho, Aurélie Filippetti, Guillaume Garot, Najat Belkacem… Mais la principale force de l'ex-candidate est encore sa capacité à être au cœur de l'actualité. Jeudi, sur RTL, elle s'est inquiétée de la montée de violence dans la société. "Qui ne constate pas aujourd'hui qu'il y a un risque de révolte tous azimuts ?", a-t-elle déclaré.
Royal se veut la porte-parole des "sans-voix". Au PS comme ailleurs.