
François Fillon a confirmé la présentation, avant l'été, d'une proposition de loi sur l'extension du travail du dimanche. "Ahurissant", protestent les députés PCF, "provocation pure et simple" pour la CGT.
Toujours inflammable, le débat sur le travail du dimanche. Le ministre du Travail, Brice Hortefeux, qui avait annoncé le dépôt d’une nouvelle proposition de loi, probablement débattue cet été au Parlement, a pu le vérifier ce lundi. Les députés de l'opposition et les syndicats n’ont pas manqué de réagir.
Les députés socialistes ont dénoncé le retour du texte, qui "est déplacé en catimini au mois de juillet, alors que les Français seront en vacances". Dans un communiqué, le député PS Christian Eckert a assuré que "les députés socialistes resteront mobilisés, disponibles et prêts à débattre d’une vision différente de la société. Plus que jamais, Yes, week-end !"
Les députés communistes ont, eux, jugé "ahurissant de voir le gouvernement se relancer dans une opération d’extension du travail du dimanche". Et ce alors que "3.000 emplois sont supprimés chaque jour dans notre pays et que les chiffres du chômage vont une nouvelle fois témoigner d’une hausse dramatique du nombre de personnes privées d’emploi".
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a elle-même estimé que tout le discours de Nicolas Sarkozy sur "travailler plus pour gagner plus" est complètement "has been", qualifiant la présentation d’une nouvelle proposition de loi sur le travail du dimanche de "provocation".
'"Acharnement thérapeutique"
"Provocation pure et simple" également, pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : "De manière un peu classique, une nouvelle fois, l’été parlementaire risque d’être mis à profit pour des sujets anti-sociaux", a-t-il déploré sur Canal +.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, pointe, lui, le décalage entre ce dossier et le contexte économique actuel: "On attendait le ministre du Travail sur beaucoup d’autres sujets - c’est la crise, l’emploi des jeunes, comment on va aider les personnes les plus en difficulté - et il nous annonce le travail du dimanche", a-t-il souligné sur Europe 1, jugeant "hors sujet" Brice Hortefeux.
Dimanche, la CFTC avait carrément parlé d’ acharnement thérapeutique de la part du gouvernement. "Y a-t-il urgence dans un contexte de crise économique à affaiblir le lien social et l’emploi ?", a fait mine de s’interroger Joseph Thouvenel, un des secrétaires confédéraux de la centrale syndicale chrétienne, qui redoute que davantage d’ouvertures dominicales menacent les commerces de proximité.
Même crainte pour la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), qui s'est dite "extrêmement vigilante pour éviter une généralisation" du travail dominical. Ce qui, selon elle, "fragiliserait inévitablement le commerce de proximité, économiquement incapable de résister face au rouleau compresseur d’une grande distribution jouant sur l'effet de masse". La CGPME appelle à la "plus grande prudence pour ne pas sacrifier l’économie de proximité sur l’autel d’un hypothétique gain de pouvoir d’achat, totalement illusoire."
Force Ouvrière a exprimé "sa ferme opposition à toute extension du travail le dimanche", dénonçant "l’entêtement du gouvernement". La confédération de Jean-Claude Mailly, qui juge l’initiative "bien malvenue à la veille du 1er mai, alors que la crise économique bat son plein", a appelé "à intégrer la défense du repos hebdomadaire dans les revendications" de la fête du travail.
Secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi a, de son côté, défendu, sur LCI, le retour de cette proposition qui figurait "dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy" et ne viserait pas à "jeter de l’huile sur le feu" à l’approche du 1er mai.