Jean-Louis BIANCO, interrogé le 6 mai sur le bilan des deux années de Nicolas Sarkozy par le journal La Provence :
Où étiez-vous le 6 mai 2007 ? Content ? Mécontent ?
Je me trouvais à l’Atelier, la permanence de campagne de Ségolène Royal à Paris, puisque j’étais un de ses deux directeurs de campagne. Comme nous nous doutions que c’était perdu, je n’ai pas été surpris mais très triste, à cause de ce que signifiait l’élection de Nicolas Sarkozy pour la France et les Français. Toutefois, il y a eu un peu de joie lorsque nous avons préparé avec Ségolène le discours qu’elle a tenu dans la soirée rue de Solférino, au siège du PS. C’était un texte très fort qui a marqué les esprits, le rayon de soleil d’une journée un peu grise.
Quelle est la meilleure chose à l’actif de Nicolas Sarkozy durant ces deux années ?
D’avoir épousé Carla Bruni !
Et la pire ?
Ca tourne autour du mensonge perpétuel. C’est d’avoir trompé les ouvriers de Gandrange. C’est la chose la plus cruelle, ça a marqué les esprits, on m’en parle souvent.
Au vu de ces deux années, peut-on dire qu’il a les épaules pour le job ?
Je ne le crois pas. Les Français continuent à saluer son dynamisme, mais ils pensent qu’il n’apporte pas les bonnes solutions aux problèmes. Sa principale faiblesse, c’est d’avoir lancé trop de chantiers en même temps. Qui plus est, il a abimé la fonction présidentielle. Même au niveau international, c’est une catastrophe : quand j’en parle avec des responsables étrangers, je suis effaré. Ainsi, les Allemands ont été très choqués par sa blague sur Madame et Monsieur Merkel, alors que la chancelière allemande ne vit plus avec le fameux Monsieur Merkel ! Certes, il a fait attention à corriger son aspect bling-bling, mais ça ne suffit pas.
Comment marquez-vous cet anniversaire ? Un gâteau ? Une manif ?
C’est juste une raison de plus de travailler. Cette date des deux ans est l’occasion de faire un bilan et quand je le fais et quand je vois celui que dressent les différents experts et les journalistes, je suis tout simplement catastrophé pour les Français. En même temps, cela souligne la nécessité pour le PS de se retrousser les manches, car il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir !