Enceinte, malade et au travail ?
Source : leJDD.fr - le 25 mai 2009
Travailler de chez soi quand on est en arrêt maladie ou en congé maternité, voici la nouvelle trouvaille de Frédéric Lefebvre. Le remuant porte-parole de l'UMP estime qu'il s'agit avant tout de "créer un nouveau droit pour les salariés". Le député des Hauts-de-Seine a déposé un amendement en ce sens à la proposition de loi destinée à "faciliter le maintien et la création d'emplois" en France.
"L'art d'être porte-parole, c'est de parler sans qu'on vous en donne l'autorisation", a l'habitude de dire Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy. Frédéric Lefebvre l'a bien compris. Après avoir proposé de détecter les troubles du comportement chez l'enfant dès le plus jeune âge afin de lutter contre la délinquance des mineurs, après avoir estimé qu'en matière d'immigration, "la dénonciation était un devoir républicain", le porte-parole de l'UMP a trouvé une nouvelle idée. Une idée forcément polémique. Il s'agit de proposer aux salariés en arrêt maladie ou en congé maternité de travailler depuis leur domicile.
"Dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles, ni votre énergie", a-t-il avancé.
[ qui a perdu ses facultés intellectuelles ? j'ai une petite idée !!! ]
Et d'ajouter: "Plutôt que d'être éloigné très longtemps de votre travail et si vous souhaitez continuer de travailler et ne pas prendre le risque qu'à votre retour, les choses aient été bouleversées dans l'entreprise, cela peut vous donner une sécurité."
L'idée en débat à l'Assemblée
Le porte-parole de l'UMP n'y voit aucune remise en cause de l'arrêt maladie ou du congé maternité. Bien au contraire, il s'agit, selon lui, de "créer un nouveau droit pour les salariés". Quid des modalités? Interrogé par lefigaro.fr, il précise: "On peut imaginer que certains (...) travailleraient à plein temps, d'autres seulement deux heures par jour. Il peut y avoir une incitation financière pour le salarié."
Frédéric Lefebvre compte rapidement concrétiser sa trouvaille. En tant que député des Hauts-de-Seine, il a déposé un amendement en ce sens à la proposition de loi actuellement en discussion au Parlement et destinée à "faciliter le maintien et la création d'emplois". Le texte précise que cette possibilité pourrait être demandée uniquement par les salariés, et non par les entreprises. Mais l'employeur, lui, pourrait être incité à "encourager le passage au télétravail", par une réduction des charges sociales, par exemple.
C'est devenu une habitude, la proposition de Frédéric Lefebvre ne devrait pas manquer de faire débat. "Complètement à côté de la plaque", a déjà réagi la CFDT.