
Le Parti socialiste doit arrêter "avant la fin 2009, le principe et les modalités de la primaire présidentielle" et n'a pas d'autre choix que charger le "peuple de gauche" de désigner celui ou celle qui portera ses couleurs lors de l'élection présidentielle de 2012 : voilà la double proposition formulée par la commission placée sous la direction d'Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation, qui vient de publier son rapport, intitulé "Pour des primaires ouvertes et populaires".
Le degré d'ouverture. La commission propose de mettre en lice des personnalités issues du PS, mais également d'autres, venues d'organisations de "la gauche de gouvernement" (Verts, PCF, Parti de gauche, Parti radical de gauche ou Mouvement républicain et citoyen).
Les modalités pratiques. Des listes électorales seraient instituées sur lesquelles viendraient s'inscrire, jusqu'au jour du vote, les citoyens qui le souhaitent, en versant une contribution de un ou deux euros.
Les votes, organisés par les militants sous le contrôle d'un comité d'organisation et la présence d'huissiers de justice, se tiendraient un dimanche sous des tentes installées devant les bâtiments publics.
S'il décidait de se porter candidat, tout membre de la direction du PS – y compris son numéro un –- devrait se mettre en congé de ses fonctions. Afin de donner leurs chances à "des candidats nouveaux, différents", les conditions de parrainage seraient souples.
Le calendrier. Ce "grand exercice de participation populaire" débuterait en février 2011 par une phase dite "d'éliminatoires" de quatre mois.
Un premier vote éliminatoire serait organisé dans dix départements et permettrait de retenir les candidats ayant dépassé le seuil de 5 % des voix. Ceux-ci seraient soumis à un deuxième tour dans vingt autres départements avec une barre de "sélection" à 10 %. Un troisième tour aurait lieu dans les départements restants et seuls les concurrents ayant dépassé 15 % des votants seraient alors habilités à se présenter au premier tour de la "grande" primaire.
Celle-ci se clôturerait par un second en juin 2011 et serait suivi, selon l'exemple des Etats-Unis, par une convention de "réunification".
Ce que disent les leaders socialistes. Le rapport avait été commandé par la direction du PS. La commission Montebourg regroupait les différentes sensibilités socialistes.
Le texte a été adopté à une très large majorité des membres de la commission, y compris par le représentant de Martine Aubry, Christophe Borgel, secrétaire national aux élections. Ce dernier a cependant précisé qu'il ne "se prononçait pas sur les modalités concrètes d'organisation".
Le représentant de F. Hollande n'a pas pris part au vote, alors que celui de L. Fabius était absent.
J'ajoute que le rapport mentionne la position du représentant de Bertrand DELANOE : abstention.
Je note que parmi ses explications il insiste sur "la nécessaire rénovation de notre organisation et de nos pratiques, en particulier sur le non cumul des mandats, y compris dans le temps".
Certes, oh combien !!! ... mais ce n'était pas l'objet du rapport.
Et l'essentiel serait, en conformité avec ces principes, que les amis de DELANOE (comme tous les élus du PS, d'ailleurs,), décident enfin de passer à la pratique, en renonçant à leurs nombreux cumuls !!!