Ségolène ROYAL aux salariés de Fabris : "Ils sont ici chez eux"
Source : lanouvellerepublique.fr - le 7 juillet 2009
La dernière session du conseil régional a été consacrée, notamment, aux salariés de New Fabris invités par la présidente. L'opposition n'était pas au courant et le préfet de Région, invité à lire le rapport d'activité des services de l'Etat, pas davantage.
Ségolène Royal a ouvert les portes de l'assemblée régionale, qui se réunissait en session publique, à une délégation des ouvriers de l'entreprise châtelleraudaise, New Fabris. Une société mise en liquidation judiciaire le 16 juin dernier par le tribunal de commerce de Lyon, laissant sur le carreau plus de 300 personnes.
Avant de donner la parole au représentant de l'Etat, Ségolène Royal a offert une tribune à un syndicaliste qui a rappelé succinctement la descente aux enfers de l'entreprise châtelleraudaise :
"Nous occupons l'usine depuis le 16 juin, a-t-il dit, et les négociations sont au point mort pour la prime extralégale de 30.000 euros par salarié que nous réclamons malgré l'intervention de Mme Royal qui est la seule politique venue nous voir depuis la liquidation. Jean-Pierre Abelin n'a pas eu le courage et Jean-Pierre Raffarin est invisible. Nous ne pourrons pas attendre septembre, ils auront tout détruit, notre ultimatum est au 15 juillet."
Henri de Richemont, le chef de file de l'opposition, s'est élevé contre cette déclaration : "Ce n'est pas le lieu d'interpeller la Région et l'Etat, ce n'est pas un jury populaire."
Dans la salle, une voix l'interrompt : "T'es pas chômeur, viens nous voir", lance un ouvrier de New Fabris.
Et Ségolène Royal de prendre la défense des salariés : "Ils sont, ici, chez eux ; ils ont raison d'élever le ton. Ce n'est pas notre compétence de redresser les entreprises. Mais notre mandat d'élus, c'est être au service de ceux qui souffrent. Il y a tous les jours des salariés qui sont dégagés de leur territoire, jetés de leur entreprise alors que les autorités ne font pas leur travail. Pourquoi n'auraient-ils pas le droit à la parole ?"
Henri de Richemont se ralliera à la cause des salariés : "Je les soutiendrai et ferai tout ce qui est possible." Comme le préfet de Région rappelant qu'il était "seul le 17 juin à organiser la rencontre entre PSA et Renault" et a dépassé son cadre professionnel pour "soutenir la demande des salariés New Fabris faite à Peugeot et à Renault".