Orelsan, ça vous dit ? Mais si, cet humaniste généreux qui a été déprogrammé des Francofolies de La Rochelle (et encore ça n'est pas certain, était-il programmé ? les versions divergent).
Celui qui dans ses chansons (!) a de puissants moyens pour faire taire sa copine ... Avec toute la douceur qu'on lui connaît, il promet même à sa chère et tendre de la "marie trintigner". Tout un programme !
Bon, ce ne sont que des chansons, des paroles en l'air. Qui aime bien châtie bien, dit-on.
Donc, respectons la création et le génie de l'artiste. Au nom de la liberté d'expression (la même qui permet à Dieudonné de s'exprimer, n'est-ce pas ...)
Liberté d'expression, mais laquelle ? Celle des opposants aux oeuvres sublimes d'Orelsan, elle existe aussi. Et on ne va pas la mettre dans sa poche, le mouchoir par dessus.
Présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène ROYAL s'était émue de la prestation du dit philosophe, envisagée par les organisateurs en début d'année.
L'affaire rebondit, avec les accusations de Jean-Louis Foulquier, ancien directeur du festival (et accessoirement ami de Raffarin), aussitôt reprises par les chiens de garde de l'UMP ... Orelsan : Foulquier charge Royal
Source : LeJDD.fr - le 12 juillet 2009
Il n'est plus aux commandes du festival depuis 2004, mais Jean-Louis Foulquier, fondateur des Francofolies de La Rochelle, dont l'édition 2009 se déroule actuellement, a des choses à dire. Alors que Cali s'est publiquement indigné de la déprogrammation du sulfureux rappeur Orelsan, Foulquier a renvoyé l'artiste à celle qui serait selon lui à l'origine de cette "censure" : Ségolène Royal.
A la fois absent et "vedette" incontournable des Francofolies de La Rochelle. Tel est le drôle statut du rappeur Orelsan, au moment où l'édition 2009 de l'un des festivals majeurs de l'été bat son plein. Retiré de l'affiche au dernier moment, en raison des paroles de sa chanson Sale pute, un titre vieux de trois ans, mais qui, magie d'Internet, a refait surface en début d'année (lire: Orelsan, pas très net...), le sulfureux artiste se trouve au coeur de toutes les discussions du grand raout charentais.
Samedi soir, Olivia Ruiz lui a notamment dédié son concert. Quant au chanteur Cali, il a, lui, purement et simplement décidé de boycotter le festival qui l'avait révélé en 2002, en raison, justement, du sort fait au rappeur caennais. "Il y a un acharnement insupportable sur Orelsan", a fait savoir l'interprète de Elle m'a dit dans une lettre ouverte rendue publique dimanche par la maison de disques d'Orelsan, Troisième bureau. "La précieuse liberté d'expression est ici clairement bafouée", a-t-il enchaîné. Avant d'enfoncer le clou: "Le festival se discrédite."
Foulquier: Royal "en maître-chanteuse"
Il n'en fallait pas davantage pour que Jean-Louis Foulquier, qui a fondé les "Francos" en 1985 avant d'en céder les rênes en 2004 à l'actuelle direction, ne sorte de sa réserve. Sur RTL ce dimanche, le journaliste est venu au soutien de Gérard Pont (actuel directeur du festival) et ses troupes en rejetant la faute de cette affaire à Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. "C'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça", a laissé tomber l'ex de France Inter. "Elle s'est positionnée en maître-chanteuse: ou ils (les organisateurs) arrêtaient la programmation, ou ils n'avaient plus de subventions", a-t-il ajouté sans détour, non sans se montrer grinçant à l'endroit de Cali, réputé pour sa proximité, affichée, avec l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007. "Cali est un soutien sans faille de Ségolène Royal, a lancé Foulquier. Est-ce qu'il va aller chanter, dans ses concerts de soutien et de fraternité, pour une femme qui clame la censure?". Libre au chanteur de répondre à la question, mais le père spirituel des "Francos" apporte là une franche précision à la déprogrammation d'Orelsan à La Rochelle.
Mitterrand loin de la polémique
Si l'on savait en effet que l'ancienne ministre de la Famille était une opposante acharnée à la venue du rappeur sur les bords de l'Atlantique, son entourage avait toujours certifié qu'elle n'avait en aucun cas menacé de couper les vivres aux "Francos". "Ceci est totalement absurde", avait même fait savoir son directeur de cabinet contacté par le quotidien Sud Ouest en début de mois, au moment de l'annonce officielle de la non-programmation d'Orelsan. Toujours dans les colonnes du Sud Ouest, Ségolène Royal affirmait elle n'avoir "absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes". "Même, avait-elle ajouté, si je n'ai pas à me mêler des choix artistiques" des organisateurs, réfutant ainsi à demi-mots les accusations de pression qui planaient et planent toujours sur elle.
Des accusations également rejetées par... Gérard Pont, dans un entretien accordé à L'Express: "J'ai pris cette décision seul, sans aucune pression de la part de Ségolène Royal, avait déclaré le directeur des Francofolies le week-end dernier. J'assume ce choix qui n'a rien à voir avec de la censure", avait-il ajouté, mettant en avant des impératifs de sécurité incompatibles avec la venue d'Orelsan. A chacun sa vérité donc. Interrogé sur le sujet lors de son passage samedi à La Rochelle, le nouveau ministre de la Culture s'est en tout cas montré bien loin de cet imbroglio. Orelsan? "Connais pas", a seulement lâché Frédéric Mitterrand à la nuée de journalistes qui l'entourait.