
Autonomie ou alliance avec le Parti socialiste au premier tour des régionales de mars 2010 ? Parmi les 170 élus régionaux verts sortants, certains traînent des pieds pour s’émanciper du PS, avec qui ils ont cogéré plusieurs régions depuis 2004.
"En Poitou-Charentes, note Daniel Cohn-Bendit, Ségolène [Royal] a un bon bilan écolo. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas défendre, au premier tour, un projet pour aller plus loin." Vice-président de la région Poitou-Charentes, le vert Serge Morin se montre plus réticent à couper le cordon ombilical avec la socialiste.
Êtes-vous favorable à une liste autonome des Verts au premier tour ?
Nous avons vu Cécile Duflot [secrétaire nationale des Verts, ndlr] courant juillet, qui nous a expliqué que la ligne nationale, c’était des listes autonomes. Nous sommes dans un parti démocratique et, selon nos statuts, c’est dans les assemblées générales régionales que cela se décidera, à la mi-octobre. Compte tenu des résultats des européennes, quelles seront les propositions de nos partenaires socialistes, communistes, radicaux de gauche ? Nous en débattrons entre adhérents des Verts des quatre départements de la région. Nous avons commencé à travailler sur le bilan du mandat et un préprogramme avec les militants verts et ceux d’Europe-Ecologie.
Comment jugez-vous le bilan écologique de Ségolène ROYAL dans votre région ?
Même nous, les Verts, on dit qu’il est bon. Ce n’est pas celui de Ségolène Royal, mais celui de la région, "managée" par la gauche, ses 55 élus et les deux vice-présidents verts sur douze. Sur la diversification de l’énergie, la biodiversité, la politique de l’eau, nous avons obtenu des délégations et nous nous sommes énormément investis. Nous avons travaillé avec le PS sans désaccord. Sur des questions clés, j’ai toujours demandé des arbitrages en réunion de majorité. Ségolène, je la connais depuis trente ans, je sais comment elle fonctionne. La présidente tranche. Mais je n’ai jamais eu de carton rouge. Nous sommes fiers du bilan de l’ensemble de la gauche.
Une gauche divisée ne risque t-elle pas de faire le jeu de l'UMP ?
Ce qui est clair, c’est qu’il n’est pas question de faire le jeu de Jean-Pierre Raffarin pour qu’il revienne à la tête de la région. Nous allons discuter avec nos partenaires. Ségolène Royal a dit : "Je ne retiens personne." Elle a demandé que les élus bossent jusqu’en février. Nous ne sommes pas pieds et poings liés avec le PS.