Une semaine avant La Rochelle,
les 1ers ateliers de l'espoir à gauche à Marseille
Source : Médiapart - le 22 août 2009
La consigne avait été donnée. Pas de piques, pas de petites phrases, uniquement du débat de fond. "On a dit qu’on ne parlait pas des autres", glisse François REBSAMEN, le maire de Dijon.
Pour ses premiers ateliers d’été, réunis vendredi 21 et samedi 22 août à Marseille, le club de réflexion de "L'Espoir à gauche" (du nom de la motion défendue par Ségolène Royal au congrès de Reims), veut donner une image d’apaisement, après un début d’été houleux marqué par le débat sur l'opportunité de saborder ou non le parti.
Et surtout montrer que pendant que certains se perdent dans les querelles de personnes, d’autres "réfléchissent aux vraies questions". Comprendre "celles qui fâchent" : organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste pour 2012 et la stratégie d'alliance du parti. Deux sujets explosifs... qui ne seront pas abordés, le week-end prochain, à l’université du PS, à La Rochelle.
"L’université de La Rochelle est un endroit crispant, où l’enjeu c’est de ne pas faire de faute, de passer les bonnes phrases. On a appauvri le débat intellectuel au profit du débat tactique. Aujourd’hui il faut montrer que des milliers de militants veulent débattre des sujets de fond", explique Malek BOUTIH.

Pour ce faire, Vincent PEILLON a réuni dans le parc du Pharo beaucoup de ceux qui ont accompagné Ségolène ROYAL à la présidentielle : les piliers du mouvement (le bras droit de Ségolène ROYAL, Jean-Louis BIANCO – président de ces premiers Ateliers d'été –, le maire de Dijon, François REBSAMEN, le président de Désirs d’Avenir, Jean-Pierre MIGNARD, les poids lourds marseillais (Patrick MENNUCCI, le vice-président de la région PACA, Eugène CASELLI, président de la communauté urbaine de Marseille), des personnalités socialistes (Manuel VALLS, Julien DRAY, André VALLINI, Patrick BLOCHE).
Mais aussi des dirigeants politiques de la gauche et du centre : Daniel COHN-BENDIT (Verts), Robert HUE (PCF), Christiane TAUBIRA (qui a déjà son propre mouvement en Guyane – Walwari), et le bras droit de François Bayrou, Marielle DE SARNEZ – tandis que le MoDem n’est pas convié à La Rochelle. Samedi, la photo de famille était inédite.
Deux jours de débat sur la réforme des retraites, l’éducation, la culture, la crise de la sociale-démocratie, les collectivités locales, avec des syndicats, des chefs d’entreprise, des acteurs de la société civile, des chercheurs "qui ne sont pas les traditionnels experts du PS", précise François REBSAMEN.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. En organisant ses ateliers d’été une semaine avant l’université d’été du PS, "L’Espoir à gauche" entend bien griller la priorité à la direction nationale. Au point que Solférino a cru bon, le 19 août, de rappeler que La Rochelle restait "la rentrée politique officielle". "Le choix de la date ne s’est pas fait au hasard, reconnaît Malek Boutih. On veut montrer que la parole est libre et mettre la pression sur la direction du parti."
"On n’a pas réussi à convaincre la direction de mettre nos priorités (la question des primaires, celle des alliances, celles des adhésions massives, de la mise à plat de tout notre système d’élection) à l’ordre du jour, déplore Najat Belkacem, adjointe au maire de Lyon et proche de Ségolène Royal. Plutôt que de faire des coups de gueule dans la presse, on construit un événement pour ressortir avec des propositions concrètes."
"On espère que les échos vont arriver jusqu’à Lille", sourit Patrick Mennucci, organisateur de ces premiers Ateliers d’été. "Les échos", c’est-à-dire deux revendications essentielles, selon les piliers du mouvement :
1 -Des primaires "ouvertes", et "vite"
2. Une "alliance avec la gauche" et une "ouverture" vers le MoDem