A la suite d'un article paru sur le site "Rue89" le 30 juin, intitulé
Le PS et Ségolène: que reste-t-il de leur amour ?
j'ai relevé un commentaire d'un internaute, militant visiblement agaçé, on le comprend, par le JEU DE MASSACRE "ANTI-SEGO" .
Mais tout d'abord, un résumé de l'article :
D'après Rémy Lefebvre, professeur de Sciences politiques à Lille 2 :
Les militants l'ont imposé aux éléphants. Elle avait contourné le parti et accumulé des ressources de popularité pour s'imposer aux leaders de fédérations et aux parlementaires, qui s'étaient ralliés à sa candidature au vu du capital accumulé dans les sondages.
Mais après deux défaites électorales, l'enthousiasme pour ROYAL s'essoufle.
Faute de pouvoir s'appuyer sur les dirigeants, elle tente de rejouer un classique : la carte des militants contre celle des élus. Cette stratégie est risquée... notamment parce que les militants du Parti socialiste sont très dépendants de leurs élus. Même si elle essaye actuellement de remobiliser ses réseaux de "Désirs d'avenir", tous ne sont pas prêts à adhérer au PS, malgré l'appel qu'elle a lancé.
Aujourd'hui, le sort de Ségolène Royal me paraît suspendu à beaucoup d'incertitudes. Qu'elle perde pied, notamment en raison de son manque de ressources dans l'appareil, est une idée qui ne me paraît pas à exclure.
Voici le commentaire de jnspqd (retraité du privé) :
Ségolène ROYAL est, pour le moment, la seule garantie des valeurs de Gauche
1 - Avec 47 % des votes ...
... représentant 17 millions d'électeurs (d'où qu'ils viennent) cette "non élue" subit un procès jamais vu, alors qu'au contraire, profitant de cet élan, elle aurait pu continuer de tirer toute la gauche par le haut. Au lieu de quoi, nous nous trouvons dans la déchéance la plus totale, avec des militants, des sympathisants et des citoyens complètement déboussolés. La droite ne pouvait pas mieux demander.
Quant à déterminer le pourquoi des raisons de l'échec de la candidate ? il y a du cynisme dans la question, alors que
... la planche savonneuse ...
lui a été tendue par les responsables socialistes au lendemain de son investiture par les militants.
2 - Alors que les propositions régressives du vainqueur se mettent en place ...
Le parti socialiste durant les cinq dernières années de gouvernement mou de droite n'a pas joué le jeu d'une opposition responsable, avec les critiques et des propositions constructives qui s'imposaient. Les hauts responsables de ce mouvement se sont laissés aller à préparer individuellement chacun leur lit, croyant sans doute que de facto à la prochaine échéance il y aurait l'alternance. Nous ne les avons pas entendus ni s'opposer ni proposer. Par exemple, nous découvrons avec stupéfaction fin 2006 que les principaux médias (pour ne pas dire tous) se trouvent dans les mains de trois ou quatre groupes financiers ! Mais cela ne s'est pas fait d'un coup et tout seul, où étaient ces responsables pendant que ces regroupements s'organisaient ?
Où en sont-ils aujourd'hui pour dénoncer et proposer ? Ils sont en train de s'entredéchirer les uns les autres. Ils n'ont pas le droit d'utiliser les instances du parti à leurs propres fins personnels, ils doivent ou se remettre au service des valeurs de gauche et à l'écoute des militants du parti ou alors se démettre.
3 - Face à Ségolène ROYAL,
un discours démagogique
Nicolas Sarkozy s'est appuyé sur des communicants et sur des études des comportements qui lui ont fourni le discours approprié à chaque revendication catégorielle. Il s'est adapté comme un caméléon à chaque environnement et ainsi chaque individu a entendu ce qui voulait écouter de la part d'un leader politique, comme si celui-ci allait travailler à leur intérêt unique et personnel. Il a aussi jeté des "têtes de turc" à la vindicte populaire, en somme, il a mené non pas une bonne campagne, comme l'on s'évertue à dire, mais une campagne fondée sur une idéologie presque fascisante moderne.
Parmi ses propositions, il y en aura sans doute quelques unes qui seront bénéfiques à l'ensemble, il faut les prendre et demander des améliorations, éventuellement. Et il faut dénoncer et combattre avec des arguments sereins, clairs et didactiques toutes les autres.
4 - Nous faire entendre ...
Donc, pour nous, effectivement, nous continuons de faire confiance en la modernité de la démarche de Ségolène : consultation, écouté, parler vrai et de l'autocritique, quitte à se faire démolir, proposer en dehors des sentier battus... Notre souci de militants est : comment arriver à nous faire entendre des instances fossilisées au service des ego, là-haut dans les olympes?