
Michel SAPIN :
UN PLAN DE RIGUEUR
SEMBLE INELUCTABLE
Michel Sapin estime que Nicolas Sarkozy a fait une "erreur de diagnostic gravissime" sur la croissance et qu'un plan de rigueur semble désormais inéluctable.
Il s'est totalement trompé et son choc de confiance se transforme en choc de défiance", déclare le secrétaire national du PS à l'économie et à la fiscalité dans Le Parisien.
"Je crois sincèrement que le président a fait une erreur de diagnostic gravissime. Désormais, le plan de rigueur est dans toutes les têtes, il me semble inéluctable".
Michel Sapin souligne qu'avec 1,8% de prévision de croissance, selon l'OCDE, la France fait figure de mauvais élève européen. "La croissance française a atteint les 3% pour la dernière fois il y a six ans", dit-il.
Selon lui, "une toute petite partie des 15 milliards d'euros dépensés cet été sous forme de cadeaux fiscaux aux plus riches aurait suffi à relancer l'investissement dans les PME".
Michel Sapin estime que la France "manque de compétitivité en profondeur" et que le problème n'est pas le coût du travail mais le développement des PME-PMI.
(Source : Reuters)
UN PLAN DE RIGUEUR
CONTRE LE POUVOIR D'ACHAT
Source : HEBDO PARTI SOCIALISTE
Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a tout promis et à tout le monde : hausse des salaires, baisse des cotisations et des prélèvements, stabilité des prix, revalorisation des pensions... le tout fondé sur une croissance en hausse, des déficits en baisse et un commerce extérieur restauré.
100 jours plus tard, où en est-on ? La croissance française est inférieure de moitié à celle annoncée (1,8 % contre 2,5 %), du fait de la détérioration du commerce extérieur (15 milliards d'euros en six mois), de la faiblesse de l'investissement et des créations d'emplois (nuls au second trimestre). En conséquence, les comptes publics se dégradent (+ 34milliards d'euros de dettes) et le pouvoir d'achat patine. Alors que les prix du transport, du logement et des produits de première nécessité dérapent (baguette, produits laitiers...) Nicolas Sarkozy a choisi de discourir au lieu d'agir.
Alors que les salaires des fonctionnaires devaient êtres revalorisés, la ministre de l'Économie annonce un plan de rigueur. Alors que les salaires du privé devaient être accrus grâce à la négociation, le gouvernement se limite aux incantations. Le recul du pouvoir d'achat n'est pas une fatalité. Il est la résultante d'une inaction coupable, celle de Nicolas Sarkozy et de sa majorité, qui ont préféré voter des lois inutiles et dépenser 15 milliards d'euros pour abaisser massivement l'imposition de quelques ménages fortunés et favoriser la rente, au détriment de l'activité et de la justice fiscale. Cette irresponsabilité fautive aura un coût, et le gouvernement dessine déjà les contours des de la facture quil va présenter : franchises médicales, TVA, CRDS, pseudo-financement du plan Alzheimer, "impôt minimum".
Mais nous devons aller au-delà de la dénonciation et devons dire ce que nous proposons : agir sur la formation des prix et des loyers, modifier le rapport entre producteurs et distributeurs, voter un bouclier logement, augmenter l'allocation de rentrée scolaire, soutenir l'investissement des PME, réduire les déficits et préparer l'avenir en donnant la priorité à la formation, la recherche, l'environnement et le logement.
Michel Sapin,
Secrétaire national du PS à l'économie et à la fiscalité.